Réduction d’un tiers des investissements, suppressions d’emplois en Allemagne et gel en France: Areva croit à l’avenir du nucléaire et des EPR, mais s’adapte à un décalage probable dû à l’impact de Fukushima.
Luc Oursel, président du directoire d’Areva, a présenté ce mardi le plan stratégique 2012-2016 de l’entreprise, précisant les annonces de la veille. Ce plan se fonde selon Luc Oursel « sur notre confiance en l’avenir des énergies nucléaire et renouvelable », appuyé sur le « doublement de la demande mondiale d’énergie à l’horizon 2050 entraîné par la croissance économique des pays émergents et le développement de nouveaux besoins en électricité (transports individuels et collectifs, technologies de l’information) ».
Pour Areva, « la décision allemande [de sortie du nucléaire] demeure isolée » [NDLR: si on ne tient pas compte de la Belgique, la Suisse, l'Italie...] et le groupe anticipe une croissance mondiale de 2,2% par an pour atteindre 583 GWe nucléaires installés à l’horizon 2030 contre 378 GWe aujourd’hui.
L’entreprise espère vendre dix réacteurs EPR de 2012 à 2016. Elle en a vendu pour le moment quatre, en Finlande, en France (Flamanville) et deux en Chine.
Cependant, « l’accident de Fukushima va entraîner un décalage dans le lancement de nouveaux programmes », et le groupe réduit ses investissements en conséquence. Sont ainsi suspendues les extensions de quatre sites en France, dont celui de La Hague, d’une usine aux Etats-Unis et de trois gisements en Afrique. Au total, le groupe nucléaire réduit d’un tiers (34%) ses investissements en 2012-2016, à 7,7 milliards d’euros pour la période.
Des cessions d’actifs et de participations sont également prévues pour améliorer les finances du groupe. Luc Oursel souligne, dans une interview au Figaro, que les investissements des dernières années (menés par Anne Lauvergeon qu’il a remplacée le 30 juin) ont été financés aux deux tiers par augmentation de capital et dette. « Une dette élevée n’est pas acceptable dans la durée », affirme-t-il.
Areva confirme la suppression en Allemagne d’au moins 1.200 emplois. Les recrutements sont par ailleurs gelés dans les fonctions dites supports (finances, ressources humaines, etc.), qui représentent 8.000 emplois dans le monde, dont 6.000 en France. Le nombre des emplois qui seront ainsi supprimés par non-remplacement n’est pas précisé – les syndicats parlent de 1.200 postes, un chiffre qu’Areva refuse de confirmer.
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