Aux États-Unis, la création d’entreprises par les immigrants s’essouffle | SmartPlanet.fr

Aux États-Unis, la création d’entreprises par les immigrants s’essouffle

Par la rédaction | 18 octobre 2012 | 0 commentaire

Pour la première fois depuis des décennies, les start-ups high-tech créées par des immigrants sont en déclin outre-Atlantique. Une exception à cette « fuite des cerveaux inversée », les Indiens.

par Joe McKendrick

Une étude montre que les jeunes pousses spécialisées dans les hautes technologies fondées par des immigrants (une source d’innovation essentielle pour l’économie américaine) stagnent et sont même sur le déclin.

Cette étude, publiée par la Kauffman Foundation, montre que la proportion d’entreprises fondées par des immigrants au niveau national est passée de 25,3% en 2005 à 24,3% aujourd’hui. Cette baisse est encore plus prononcée dans la Silicon Valley, où le pourcentage de ces start-ups est passé de 52,4% à 43,9%.

Menée par Vivek Wadhwa, AnnaLee Saxenian et F. Daniel Siciliano, l’étude révèle que les États-Unis connaissent une stagnation sans précédent dans les start-ups à forte croissance fondées par des immigrants. Cette situation est imputable à un environnement et un système d’immigration de plus en plus inhospitaliers aux États-Unis, à l’origine d’une « fuite des cerveaux inversée ».

Les implications sont considérables. Les fondateurs immigrants, qui sont les plus enclins à créer des entreprises dans les industries des services liés à la fabrication/innovation (45%) et des logiciels (22%), ont employé près de 560.000 travailleurs et généré environ 63 milliards de dollars de ventes entre 2006 et 2012.

Comme l’explique Vivek Wadhwa, grand défenseur de l’entreprenariat dans le domaine de la technologie:

« Les États-Unis risquent de perdre un important moteur de croissance au moment même où l’économie a plus que jamais besoin de créateurs d’emplois. Le pays peut inverser la tendance en changeant sa politique et en créant des opportunités, à condition d’agir rapidement. Nous devons absolument créer un visa spécial pour ces entrepreneurs et augmenter le nombre de cartes vertes pour permettre aux étrangers compétents de travailler dans ces start-ups. De nombreux immigrants seraient heureux de rester aux États-Unis pour créer et développer des entreprises qui généreront des emplois. »

Des solutions alternatives sont en cours de développement pour permettre aux entrepreneurs immigrants de participer à l’économie américaine. Par exemple, comme évoqué précédemment sur SmartPlanet.com, Blueseed met à l’eau un navire pour start-ups qui sera ancré au large de la Silicon Valley, permettant aux entrepreneurs étrangers de travailler à proximité, tout en évitant les formalités pour obtenir un visa américain.

L’Inde, source majeure d’immigrants entrepreneurs

Sur les 107.819 sociétés d’ingénierie et de technologie fondées ces six dernières années, l’étude a examiné un échantillon aléatoire de 1.882 entreprises au niveau national. Parmi elles, 458 ont au moins un fondateur né à l’étranger.

Les exceptions à cette tendance à la baisse sont les immigrants originaires d’Inde. Bien que les fondateurs interrogés dans cette étude soient originaires de plus de 60 pays, 33,2% sont Indiens, soit 7% de plus qu’en 2005. En fait, les Indiens ont fondé un plus grand nombre de sociétés d’ingénierie et de technologie que les immigrants nés dans les neufs pays suivants de fondateurs immigrants combinés.

Après l’Inde, les fondateurs immigrants représentent la Chine (8,1%), le Royaume-Uni (6,3%), le Canada (4,2%), l’Allemagne (3,9%), Israël (3,5%), la Russie (2,4%), la Corée (2,2%), l’Australie (2%) et les Pays-Bas (2%).

Les entreprises fondées par des immigrants ont plutôt tendance à se situer dans les États qui servent traditionnellement de portes d’entrée à l’immigration : la Californie (31%), le Massachusetts (9%), le Texas (6%), la Floride (6%), New York (5%) et le New Jersey (5%).

Illustration: Wikipédia (domaine public)

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