Les cellules solaires DSSC, adaptées aux zones d’ombres, seront mises sur le marché par la société irlandaise SolarPrint en 2012.
La nature n’étant pas avare d’intelligence, laboratoires et chercheurs s’en inspirent depuis toujours. C’est sur les cellules solaires DSSC (Dye-Sensitized Solar Cell), basées sur le principe de la photosynthèse des plantes, que les fondateurs de SolarPrint ont misé.
Le principe de ces cellules, découvert par le polytechnicien suisse Michael Grätzel, est de pouvoir générer de l’électricité en condition de faible éclairage. L’entreprise irlandaise, qui a investi quatre millions d’euros pour faire du projet de Grätzel une réalité, prévoit de les mettre sur le marché en 2012.
Des cellules solaires sans silicium
La grande différence entre les cellules DSSC et les cellules solaires traditionnelles réside dans l’absence de silicium. Un élément non négligeable alors que ce matériau devient rare et contribue par son extraction à la pollution des sols.
Pour le remplacer, les cellules DSSC à pigments photosensibles sont composées de deux électrodes transparentes entre lesquelles une couche de dioxyde de titane (TiO2), qui agit comme oxyde semi-conducteur, est imprégnée d’un colorant organique. Ce colorant va, en présence de lumière, délivrer des électrons qui créeront de l’électricité, reproduisant ainsi l’activation des chloroplastes des végétaux lors de la photosynthèse.
Bien mieux que les calculatrices solaires
Le premier intérêt de ces cellules est donc de pouvoir assurer une production d’électricité en condition de faible éclairage. C’est sur cet aspect que la société irlandaise souhaite se démarquer. « Nous nous concentrons sur des applications en intérieur où nos cellules peuvent fournir 250 à 300 % de puissance de plus que les technologies précédentes », annonce Roy Horgan, cofondateur de SolarPrint.
Des chiffres à relativiser, l’entrepreneur faisant la comparaison avec les calculatrices solaires d’antan. En tout état de cause, les promoteurs de ces cellules dites de troisième génération sont catégoriques: elles produiraient sur le long terme plus d’électricité que leurs consœurs en silicium puisqu’elles sont efficaces tout au long de la journée et pas seulement lorsque le soleil est à son zénith.
Une production simplifiée et modulable
Autre atout de ces nouvelles cellules: un processus industriel simplifié. La production ne nécessitant à peu de choses près qu’un appareil de sérigraphie et du dioxyde de titane, les coûts de production sont ainsi drastiquement réduits.
Les cellules, qui ont pour l’instant une durée de vie estimée à 10 ans, pourront à terme prendre la forme de bandes imprimées, de l’épaisseur de pellicules photographiques, qui devront simplement être appliquées sur n’importe quel support, du verre au plastique, pour produire de l’électricité.
La flexibilité et la souplesse de ces cellules imprimables laissent augurer de leur utilisation commerciale à priori illimitée. L’an dernier, l’entreprise s’est associée dans le cadre d’une initiative de la Commission européenne, au centre de recherche du constructeur Fiat, pour la conception d’un prototype de toit solaire afin d’alimenter les appareils électriques situés à l’intérieur d’une voiture.
Du smart building aux téléphones portables
Mais pour l’instant, SolarPrint parie sur le déploiement des smart grids et des bâtiments intelligents pour déployer son innovation qui pourrait ainsi assurer l’autonomie électrique des compteurs et autres capteurs à tout moment de la journée.
A terme, si elles prouvent leur résistance, les nouvelles cellules pourraient être exploitées dans tous les appareils électriques, tels que les téléphones ou ordinateurs portables. Un gisement d’applications a priori illimité.
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