États-Unis: un projet de réacteur EPR rejeté par le régulateur du nucléaire

Par Thierry Noisette | 31 août 2012 | 0 commentaire

La filiale d’EDF qui demandait une autorisation de construction a essuyé un refus, faute d’actionnaire majoritairement américain.

Le régulateur américain du nucléaire, la Nuclear Regulatory Commission (NRC), a rejeté hier la demande d’autorisation de construction d’un réacteur EPR aux États-Unis. Déposée par la société UniStar, la demande portait sur la construction d’un nouveau réacteur de type EPR, construit par Areva,  dans la centrale nucléaire de Calvert Cliffs (Maryland, nord-est des Etats-Unis).

Ce rejet est motivé juridiquement par le fait qu’UniStar appartient à 100% à une entreprise étrangère, EDF, quand la réglementation américaine exige que les exploitants de centrale nucléaire aient des actionnaires majoritairement américains.

La décision (PDF de 29 pages) est publiée par un site antinucléaire.

La Tribune observe que ce refus était attendu depuis qu’EDF et son partenaire américain Constellation s’étaient séparés fin 2010: « Pourquoi l’électricien français n’a-t-il pas alors retiré sa demande d’autorisation auprès de la NCR? Mystère. EDF ne commente pas ce vendredi. Ce refus démontre néanmoins une chose: EDF n’a toujours pas trouvé de remplaçant à Constellation. »

Le journal économique note également:

La relance du nucléaire aux Etats-Unis, tant annoncée en 2005/2006, est gelée par la crise financière mais aussi par l’abondance du gaz de schiste. La compétitivité de nouveaux projets nucléaires paraît très incertaine face aux centrales électriques à gaz, alimentées par une matière première très bon marché. Sans compter qu’aux Etats-Unis, les électriciens nucléaires sont de petites sociétés, sans les moyens financiers nécessaires pour se lancer dans les forts investissements qu’exige le nucléaire. Henri Proglio, le PDG d’EDF, avait admis début 2012 que ses projets américains seraient « décalés dans le temps ».

Si EDF ne commente pas, en revanche la décision du régulateur américain est saluée par l’Observatoire du nucléaire, association française antinucléaire, qui y voit la confirmation d’un rejet général du nouveau réacteur:

Il ne reste guère que le projet d’EPR en Inde, qui est massivement rejeté par la population et qui sera probablement abandonné sous peu, et le projet d’EPR de Grande-Bretagne, où EDF a carrément racheté British Energy pour pourvoir commander elle-même des EPR. (…)

A ce jour, les deux chantiers EPR de Finlande (Areva) et de Flamanville (EDF) continuent d’accumuler les retards (4 à 5 ans), les surcoûts (6 à 7 milliards au lieu de 3) et les malfaçons. Quant aux deux EPR en chantier en Chine, il faut se rappeler que seuls les deux ilots nucléaires ont été vendus par Areva, qui plus est à pertes (3,66 milliards LES DEUX !).

Selon le journal en ligne US Politics, c’est seulement la seconde fois dans l’histoire des Etats-Unis que l’Atomic Safety and Licensing Board, la commission de la NRC qui a rejeté la demande d’UniStar, refuse une demande de licence de réacteur. Le demandeur a maintenant 60 jours pour trouver un partenaire américain.

Sur la Toile

Réacteur pressurisé européen – article de Wikipédia sur l’EPR

Le réacteur EPR de génération III+ : des atouts multiples – présentation par Areva

L’EPR en bref – arguments critiques de la fédération Sortir du nucléaire

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