C’est l’évolution « modérée » que prévoit le PDG d’EDF. Il plaide par ailleurs contre la sortie du nucléaire, qui mettrait « en péril » un million d’emplois. Il revendique pour EDF la propriété des compteurs Linky.
Interviewé dans Le Parisien de ce mercredi, Henri Proglio, PDG d’EDF, a répondu aux questions d’un panel de lecteurs. Il a défendu à tous crins la valeur de l’énergie nucléaire (comme en mai lors de l’AG de ses actionnaires), un sujet au programme de l’élection présidentielle de 2012. Parmi ses réponses à l’interview:
Hausse des tarifs: les investissements « très lourds » nécessaires dans les infrastructures ne doivent pas empêcher « d’assurer aux Français une évolution modérée et contrôlée des prix de l’électricité, je dirais de l’ordre de 2 à 3% par an en euros constants » (NDLR : 3% par an, au bout de 10 ans cela ferait 34,4% de hausse).
Risques de coupures: la France « ne manquera pas d’électricité cet hiver » et « nous n’avons donc pas de besoins d’importation de pays étranger quel qu’il soit (…).Cela n’exclut en revanche pas, mais pour des raisons strictement liées à l’optimisation, que nous puissions à certains moments bien précis, comme les heures de pointe par exemple, exporter et importer en même temps. »
Nucléaire dans le monde: « Tous les pays qui aujourd’hui ont décidé de continuer leur programme nucléaire ont bien sûr tiré les leçons de Fukushima. La Grande-Bretagne, la Hollande, les pays d’Europe centrale, le Brésil, le Chili, la Turquie, l’Afrique du Sud, la Russie, le Vietnam, les Etats-Unis, la Chine ont considéré que le nucléaire faisait partie de leur mix énergétique pour les années qui viennent. »
Sortie du nucléaire: « 1 million d’emplois seraient mis en péril et cela coûterait entre 0,5 et 1 point de PIB », selon Henri Proglio, qui affirme que sortir du nucléaire en France, « cela impliquerait aussi un investissement de 400 milliards d’euros pour remplacer le parc existant par des moyens de production alternatifs, ce qui se traduirait par un doublement de la facture d’électricité ».
Compteurs Linky: « EDF peut largement se financer grâce aux économies et aux gains de productivité que permettra ce compteur. Mais à la condition que la règlementation soit revue afin de garantir pour mon entreprise un retour sur investissement. Sauf qu’actuellement, je suis dans l’obligation de le facturer au consommateur, à hauteur de 200 à 300 euros par foyer. »
Le PDG d’EDF déclare être prêt à investir des milliards d’euros dans le déploiement du compteur communiquant, à condition « de considérer que le nouveau compteur Linky m’appartient et que si une collectivité met fin au contrat de délégation de service, elle me rembourse les sommes non amorties ».
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