Le Premier ministre japonais prêt à envisager l’abandon du nucléaire

Par Thierry Noisette | 6 août 2012 | 0 commentaire

Alors que le Japon commémore le 67e anniversaire de la bombe atomique sur Hiroshima, le Premier ministre admet pour la première fois l’éventualité de sortir du nucléaire.

Ce 6 août, comme chaque année, est marqué au Japon par la commémoration du bombardement atomique d’Hiroshima en 1945. C’est ce jour très sensible pour le pays, rapporte l’agence de presse Kyodo News,  que le Premier ministre Yoshihiko Noda a déclaré avoir demandé à son cabinet d’étudier les conséquences qu’aurait un abandon complet de l’énergie nucléaire.

Quelques instants avant, indique l’agence, il a fait référence, lors de la cérémonie à Hiroshima, à la possibilité de fermer tous les réacteurs nucléaires du pays (la quasi-totalité de la cinquantaine de réacteurs est actuellement à l’arrêt), pour la première fois depuis son entrée en fonctions en septembre 2011.

Le Premier ministre a annoncé à des journalistes avoir demandé à plusieurs membres de son gouvernement de participer à cette réflexion, dont le ministre de l’Environnement, Goshi Hosono, le ministre de l’Industrie,  Yukio Edano, et le chef de cabinet du Premier ministre, Osamu Fujimura.

Un rapport officiel pointe les défaillances

Depuis des semaines, des manifestations – inhabituelles au Japon – réclament la fermeture des centrales nucléaires. Un rapport très critique a été publié le 23 juillet, qui stigmatisait la gestion de l’accident nucléaire par la compagnie exploitante de la centrale nucléaire de Fukushima, Tepco, et par le gouvernement d’alors. Ce rapport commandé par le gouvernement estime notamment:

« Le problème principal provient du fait que les compagnies d’électricité, dont Tepco, et le gouvernement n’ont pas perçu la réalité du danger, car ils croyaient au mythe de la sécurité nucléaire au nom duquel un accident grave ne peut se produire dans notre pays. »

Pendant plusieurs semaines, des auditions publiques sur la politique énergétique ont été organisées, qui se sont achevées samedi 4 août. Le gouvernement proposait trois options à l’horizon 2030: 0%, 15% ou 20 à 25% (contre 28% avant Fukushima) de part du nucléaire dans la production d’électricité.

Or, souligne aujourd’hui le quotidien nippon Asahi Shimbun, près de 70% des participants ont opté pour l’abandon total du nucléaire.

Tepco vient par ailleurs ce 6 août de diffuser, sur pression du gouvernement, des images des réunions d’urgence des premiers jours de la catastrophe. L’AFP précise que l’essentiel de ces vidéos (150 heures d’images enregistrées entre les 11 et 15 mars 2011, dont les deux tiers diffusées sans bande son) « ne sont visibles que par des experts et des journalistes au siège de Tokyo Electric Power (Tepco), mais les médias nippons été autorisés à en montrer de courts extraits au grand public ».

[via Les Echos]

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