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Recyclage: Paprec lève 100 millions d’euros auprès du FSI

Par Thierry Noisette | 16 novembre 2012 | 0 commentaire

Le leader indépendant du recyclage recompose son actionnariat. Fort d’une croissance moyenne de 29% par an du CA depuis 1994, il vise maintenant la montée de 700 millions d’euros en 2012 au milliard d’ici trois ans.

Paprec Group a annoncé (PDF) l’entrée du Fonds stratégique d’investissement (FSI) et la recomposition de son actionnariat, confirmant l’information de plusieurs médias la veille (Tribune, AFP…), qui révélaient l’arrivée du FSI pour 25% du capital.

Avec ce quatrième tour de table du leader indépendant du recyclage en France, ses principaux actionnaires financiers (groupe Arnault, Rothschild, Quilvest) ont cédé leurs participations respectives à l’actionnaire fondateur et président de l’entreprise, Jean-Luc Petithuguenin.

Un nouvel actionnaire, Crédit Mutuel Arkea (via sa filiale de capital-investissement Arkea Capital Partenaire), entre dans la holding de contrôle du groupe, à hauteur de 50 millions d’euros pour permettre à la holding de contrôler majoritairement Paprec Group. Groupe Arnault et BNP Développement « investissent aussi à nouveau aux côtés de Jean-Luc Petithuguenin pour accompagner Paprec dans cette nouvelle étape », CM-CIC Investissement et Société Générale Capital Partenaires complétant le tour de table de cette nouvelle opération.

Suite à cette opération de recomposition du capital, le Fonds stratégique d’investissement (FSI) souscrit à une augmentation de capital de 100 millions d’euros, qui pourrait être portée à 150 millions en 2013 « à l’occasion d’un ambitieux programme d’investissement dans les usines du groupe et de croissance externe. Paprec prévoit plus de 100 millions d’euros d’investissement en 12 mois. »

De 230 à 700 millions d’euros de CA en quatre ans

Success story du recyclage en France, Paprec est passé de 2008 à 2012 de 1.500 personnes, 230 millions d’euros de chiffre d’affaires et 30 millions d’Ebitda à 3.500 personnes, 700 millions de CA et 100 millions d’Ebitda. Depuis 18 ans, se félicite son président, l’entreprise connaît une croissance moyenne de plus de 29% de CA par an. Jean-Luc Petithuguenin vise à présent de porter son groupe au-delà de 5.000 personnes employées et d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires d’ici trois ans. Actuellement, cent cadres du groupe sont associés au capital.

Pour son créateur, « Paprec est l’exemple typique d’un Mittelstand* à la française qui existerait, une entreprise patrimoniale appuyée sur ses banquiers », qui est passée de 45 personnes à 3.500 maintenant. « Si j’avais voulu, j’aurais pu être propriétaire à 100% », a expliqué Jean-Luc Petithuguenin lors d’une conférence de presse à Paris mardi 13 novembre, au côté de représentants de ses principaux actionnaires et soutiens financiers. Mais le groupe aurait alors été limité en moyens pour mener ses acquisitions.

A contrario, son fondateur fait tourner le capital tous les quatre ou cinq ans pour les capital-investisseurs qui en ont besoin. « Si je n’avais pas le contrôle majoritaire, le groupe aurait déjà été vendu, a-t-il raconté mardi. Les Chinois, les Allemands, un coup les Espagnols, tous les deux ou trois ans veulent nous racheter. »

Le recyclage, « un secteur d’avenir, qui a un beau potentiel »

Thomas Devedjian, un des directeurs du FSI, a souligné mardi que Paprec « est une très belle entreprise de taille intermédiaire (ETI); on en compte 4.000 en France contre 8.000 en Allemagne et 8.000 en Grande-Bretagne. En France on a  des PME et des grands groupes, pas assez d’ETI. » Il a observé que « le recyclage est clairement un secteur d’avenir, qui a un beau potentiel ».

Questionné sur la croissance de 300 millions d’euros supplémentaires de CA qu’il ambitionne, Jean-Luc Petithuguenin a noté que « vouloir concurrencer Veolia et Suez Environnement sur leurs terres, ce n’est pas facile, on en a vu beaucoup d’exemples. Moi j’ai tout concentré, mon activité et mes investissements, sur un seul secteur, le recyclage. C’est par la spécialisation qu’on a réussi. » « Joël Séché pour les déchets toxiques et moi pour les déchets banals et le recyclage, nous avons créé deux entreprises qui ont réussi à exister à côté des deux leaders. »

Il a à cette occasion écarté la rumeur d’un rapprochement avec Séché Environnement: « Oui ça pourrait avoir du sens, mais rien n’est en route. »

A l’international, toute l’Amérique du Nord est en retard pour le recyclage, et toute l’Asie du Sud-Est est passionnée par la question. « On peut imaginer trouver un investisseur qui nous ouvrirait les portes vers ces marchés. » 40 % du CA actuel de Paprec est réalisé à l’export, un tiers en Europe et deux tiers en Asie. Le président du groupe a insisté à cet égard sur « une vraie révolution » en 20 ans, le fait que Paris-Milan et Paris-Shanghai soient passés au même prix « et sans doute même à l’avantage de la Chine avec le transport en bateau ».

« Plus un seul industriel qui lance un produit sans se poser la question de sa fin de vie »

Il a aussi estimé que « le monde a changé, il n’y a plus un seul industriel qui lance un produit sans se poser la question de sa fin de vie ». « On ne sera pas 12 milliards sur cette planète à vivre comme des Américains sans recycler. »

Jean-Luc Petithuguenin a noté: « Le recyclage a cet avantage de préserver l’énergie de la première fonte », le recyclage du verre nécessitant 10 fois moins d’énergie que la transformation du sable en verre, le recyclage de l’aluminium sept fois moins que le passage de la bauxite à l’aluminium.

Quant à la Bourse, envisagée à deux reprises par le groupe, « c’est un projet stimulant en interne. Mais pas si on risque de se faire massacrer et coter sous la valeur de nos fonds propres. »

Le groupe Paprec

Paprec a été fondé et est dirigé depuis sa création en 1994 par Jean-Luc Petithuguenin. Il emploie actuellement 3.500 personnes et va réaliser en 2012 un chiffre d’affaires supérieur à 700 millions d’euros pour 5 millions de tonnes de déchets traités et recyclés, indique le groupe.

Paprec souligne être le numéro un en France du recyclage des plastiques, des piles et du papier (deux millions de tonnes sur sept millions de tonnes de papier et 200.000 tonnes sur 450.000 tonnes de plastique, a précisé mardi son président), numéro deux du recyclage des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), numéro trois du bois, des déchets industriels, des déchets de bâtiment, de la collecte sélective. Paprec est également présent dans le recyclage de la ferraille, des métaux et des déchets toxiques.

Jean-Luc Petithuguenin a reçu le prix de l’entrepreneur de l’année 2012 organisé par Ernst & Young et L’Express. Il a précisé le 13 novembre détenir après la recomposition du capital environ 30% de l’entreprise et 55% des droits sociaux, avec le système des sociétés en cascades (holding à deux niveaux au-dessus du 3e étage du groupe, le FSI, BNP Développement et Crédit Mutuel CIC étant présents à ce 3e niveau).

* Le Mittelstand désigne en Allemagne l’écosystème des PME de taille moyenne. Le FSI y a consacré un rapport en octobre dernier.

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