Revue de web: le pari massif sur les énergies renouvelables va faire des industriels allemands des grands concurrents pour les groupes énergétiques français.
La décision de l’Allemagne de sortir du nucléaire pose « de sérieuses questions à la politique énergétique de la France et à ses acteurs industriels », estime Thibaut Madelin, des Echos, dans une analyse.
Il rappelle une récente interview de Jacques Repussard, directeur de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), qui déclarait que « sur le parc mondial, 14.000 années-réacteurs sont déjà passées et les statistiques montrent qu’on est à 0,0002 accident grave par an, soit vingt fois plus qu’attendu selon les études probabilistes, déclarait récemment au Monde cet éminent spécialiste… On peut se poser la question : l’homme est-il en mesure de maîtriser cette technologie pour diviser au moins par deux ce risque d’accident? »
« Le Japon, troisième économie mondiale reconnue pour son savoir-faire technologique, n’y est pas parvenu. L’Allemagne, quatrième économie du globe, dont l’industrie fait référence, préfère renoncer et miser en priorité sur les énergies renouvelables. Sa décision se veut morale, mais aussi économique », note le journaliste.
Si l’Agence allemande de l’énergie prévoit une hausse de 20% des factures d’électricité des ménages dans les prochaines années, l’énergie atomique aurait elle-même « plutôt tendance à coûter de plus en plus cher. Fin 2008, EDF estimait que la prolongation de la durée d’exploitation de quarante à soixante ans de ses 58 réacteurs lui coûterait 400 millions d’euros par unité, soit 23 milliards d’euros pour l’ensemble du parc. Deux ans plus tard, l’électricien public portait la note globale à 35 milliards, et utilisait cet argument auprès des pouvoirs publics pour demander » des augmentations substantielles. Et les nouvelles normes post-Fukushima vont encore augmenter les coûts du nucléaire.
Pour les énergéticiens français, estime le journaliste des Echos, l’Allemagne tout entière devient un concurrent. « Pour emporter l’adhésion de l’industrie allemande, c’est un nouveau modèle énergétique qu’entend exporter Angela Merkel. Pour la chancelière, la sortie du nucléaire représente en effet des ‘opportunités gigantesques pour les générations futures’. Siemens, Bosch et bien d’autres, on peut en être sûr, sont prêts à relever le défi. »
Source: L’Allemagne bouscule le dogme français de l’atome, Les Echos
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