Bill Gates, défenseur de l’innovation nucléaire et investisseur en cleantech

Par Thierry Noisette | 7 mai 2011 | 1 commentaire

Le cofondateur de Microsoft juge que l’énergie nécessite plus de R&D et soutient toujours le nucléaire, un domaine parmi bien d’autres où il a investi.

Si la catastrophe de Fukushima a entraîné la remise en cause çà et là dans le monde de l’énergie nucléaire, elle n’a pas changé les convictions de Bill Gates en la matière. Le cofondateur de Microsoft reste persuadé que l’atome est une énergie d’avenir, à condition d’innover.

C’est ce qu’il a redit lors de la conférence Disruptive By Design, mardi 3 mai à New York, rapporte Wired. « Les solutions qui marchent dans le monde riche ne sont même pas près de résoudre le problème de l’énergie », a-t-il assuré, interviewé par Chris Anderson, le rédacteur en chef de Wired.

Les petites installations domestiques, c’est joli, mais « si vous vous intéressez à la résolution des problèmes énergétiques mondiaux, il faut des choses comme des grands projets solaires dans le désert ».

L’amélioration de l’efficacité ne suffira pas

Un blogueur de Forbes rapporte que Bill Gates a expliqué « Pouvons nous, en améliorant l’efficacité technologique, traiter notre problème climatique? La réponse est non, parce que le problème climatique nécessite plus de 90% de réduction des émissions de CO2, et aucun niveau d’amélioration de l’efficacité n’est suffisant. »

L’efficacité énergétique dans les pays développés pourrait connaître d’énormes gains, a assuré le milliardaire, mais ces gains seraient totalement annulés par la hausse rapide et sans relâche de l’énergie consommée par les pays en développement.

Bill Gates a investi dans des douzaines de projets technologiques, rappelle Wired, des batteries améliorées à des réacteurs nucléaires plus sûrs. Pour lui, le gouvernement américain comme d’autres dépense trop à financer les vieilles technologies plutôt que la recherche pour une énergie plus propre, plus sûre et plus économique.

« Plus de 90% des subventions vont au déploiement de la technologie et pas à la R&D. Vous pouvez acheter autant de vieille technologie que vous voulez, mais vous n’aurez pas de rupture qui vienne juste de la recherche de base », a affirmé le cofondateur de Microsoft.

TerraPower, un projet d’énergie à base d’uranium appauvri

Il s’est montré particulièrement enthousiaste à propos d’une entreprise d’énergie nucléaire, TerraPower, dans laquelle il a investi plusieurs millions – le montant exact n’est pas connu. Cette société, qu’il a déjà vantée par le passé (ci-dessous: en avril 2010),

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cherche à utiliser de l’uranium appauvri comme carburant, au lieu de l’uranium enrichi habituellement employé dans les réacteurs atomiques. Ce projet – encore théorique – produirait mille fois moins de déchets radioactifs que les réacteurs actuels.

« La nouvelle conception nucléaire est assez étonnante. A la base, aucun humain n’aurait rien à faire » – le réacteur auquel travaille TerraPower fonctionnerait 50 ans de suite sans recharge.

Fukushima n’a rien changé à la vue de Bill Gates sur la question, qui a affirmé mardi que les déchets nucléaires sont un relativement petit problème, et le seraient même si la totalité de l’électricité des Etats-Unis était fournie par du nucléaire. La sécurité et le coût des matières nucléaires, par contre, posent problème, a-t-il estimé.

« La bonne nouvelle à propos du nucléaire c’est qu’il n’y a pratiquement pas eu d’innovation. La marge pour faire les choses différemment est assez énorme. »

Investissements dans les cleantech

Maintenant estimé le deuxième homme le plus riche du monde (53 milliards de dollars) par le classement annuel de Forbes, Bill Gates a investi dans de multiples entreprises en dehors de Microsoft, notamment via son fonds personnel, Cascade Investment LLC.

Dans les secteurs liés à l’environnement, l’énergie, les cleantech etc., il a par exemple investi dans l’énergéticien Otter Tail Corporation. Cotée au Nasdaq, cette entreprise a réalisé 1,1 milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2010, dont 198 millions dans l’éolien, domaine où elle possède 138 MW. En 2009, Otter Tail indiquait que Cascade était, avec 10%, son plus important actionnaire.

Via Cascade aussi, Bill Gates a investi dans Sapphire Energy, une compagnie qui travaille sur du biocarburant fabriqué à partir d’algues. Début mars, Sapphire Energy et Monsanto* ont annoncé un partenariat sur la recherche génétique, pour découvrir des gènes utiles dans l’agriculture, ainsi que pour augmenter la croissance des algues employées pour du biocarburant.

Cascade a également pris une part de Republic Services, une des plus importantes entreprises américaines de traitement des déchets et de recyclage.

* Rappelons à propos de Monsanto que Bill Gates est un fervent avocat des OGM (organismes génétiquement modifiés), qu’il considère comme un moyen de lutter contre la faim dans le monde et soutient via la fondation Bill & Melinda Gates.

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  • 1

    zelectron

    11 mai 2011

    Manifestement en France c’est le copain à Sarko qui bafouille dans les études nucléaires. C’est plutôt l’attelage AREVA-CEA qui doit rester le leader de ces domaines, malheureusement les gigantesques profits sur la production des centrales nucléaires ont été gaspillés pendant des décennies par EDF, qui aujourd’hui continue, ça va de soi.

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