Colizen, le fournisseur de service urbain de livraison à domicile en véhicules électriques, vient de signer un accord avec Renault qui lui fournira d’ici la fin de l’année 50 Kangoo Z.E. L’occasion pour Fabien Esnoult, directeur général de Colizen, de dresser un premier bilan de sa start-up deux ans après sa création.
Depuis 2009, le service de livraison en zone urbaine de Colizen permet aux particuliers de recevoir leur colis en mains propres, à domicile et à un horaire préalablement convenu. Le tout grâce à quinze camions électriques qui assurent le transport. Une bonne façon de réduire à la fois les nuisances sonores et les émissions de CO2.
Ce service écolo de logistique du dernier kilomètre a séduit Renault, qui vient de signer un protocole d’accord avec Colizen dans le cadre de la première édition du salon Eco Transports et Logistics, qui s’est tenu du 29 au 31 mars dernier. Fabien Esnoult, le directeur général de la jeune entreprise, nous détaille ce partenariat.
SmartPlanet.fr: Pour Colizen, que va changer le protocole d’accord tout juste signé avec Renault?
Fabien Esnoult: Actuellement, avec nos camions, nous ne pouvons dépasser les 70 km d’autonomie en cycle, pour une tournée quotidienne de 80 km environ. Les Kangoo électriques fournies par Renault nous permettront d’atteindre 170 km. De plus, il est difficile de financer un véhicule électrique car au bout de quatre ans, il n’est plus « assurable ».
Les fabricants sont incapables de suivre notre demande, nous devons en règle générale attendre 3 ou 4 mois pour être fournis, alors que notre croissance atteint les 730%. Renault nous approvisionnera en véhicules au rythme de notre croissance tout en assurant le service après vente. Le constructeur nous permet ainsi de franchir une barrière financière et technique.
De son côté, que tirera Renault de cet accord?
Colizen est un laboratoire pour Renault, qui teste en grandeur réelle le potentiel de ses Kangoo électriques. Nous avons été très surpris de la volonté de Renault de nous accompagner. Cela renforce notre démarche et nous rassure sur l’intérêt d’utiliser les véhicules électriques en tant qu’outil de travail.
Au-delà de cet accord stratégique, votre niveau d’activité est-il sur une pente ascendante deux ans après le lancement de Colizen?
Nous venons de rentrer dans une phase de forte croissance. Nous couvrons l’ensemble des arrondissements parisiens et les communes limitrophes (NDLR: 72 codes postaux au total). Notre activité s’étend désormais sur Lille.
De grandes marques nous font confiance: Nespresso, MisterGoodDeal, Smartbox, Aquarelle (NDLR: Colizen compte 7 e-commerces partenaires actuellement). Pour les particuliers qui achètent de plus en plus sur des sites de commerce électronique, nous avons des tarifs proches de ceux des livraisons express. Les gens sont prêts à payer un peu plus pour une livraison « utile ».
N’avez-vous pas de concurrence sur votre créneau?
Pas vraiment, nous sommes ultra-innovants. Il n’y a pas d’entreprise strictement identique à la nôtre. Nous intervenons sur une niche. Nous faisons un métier d’artisan qui n’est pas adapté à un modèle industriel comme celui de La Poste. Nous nous sommes investis dans ce secteur avec trois ans d’ingénierie en amont.
Précisément, à quelles contraintes avez-vous du faire face avant de démarrer votre activité?
A la base, il s’agit d’une simple interrogation de deux amis: le transport est-il un frein à un achat sur le net? Les données disponibles sur ce sujet étaient très pauvres. Alors, avec mon associé ayant travaillé à La Poste, et moi-même travaillant dans le milieu du sondage, nous avons lancé une étude de marché en 2006. Nous avons interviewé des internautes, établi une typologie comportementale, et nous avons obtenu la réponse suivante: un particulier désire être à son domicile lors de la livraison et être prévenu en avance.
Il a fallu créer un modèle qui combine un système d’information adapté et une logistique complexe pour tenter de subvenir à cette livraison « idéale ». Nous sommes parvenus à un système qui permet de recevoir un colis à une demi-heure près, en évitant les trajets inutiles et polluants puisque la livraison se fait en mains propres (NDLR: le taux d’échec de distribution de Colizen est de 1 à 5% contre 20 à 30% habituellement).
Quelles sont vos prochaines étapes d’expansion?
Nous allons nous installer cet été à Bordeaux et en fin d’année à Lyon. Par la suite, nous visons de nous implanter dans d’autres villes de France et européennes comme Bruxelles, Londres et Barcelone. Notre ambition serait d’amener un modèle français à l’étranger. Mais nous sommes déjà plutôt satisfaits d’en être arrivés à ce stade.
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