Nucléaire: Francis Rol-Tanguy est chargé de la fermeture de Fessenheim | SmartPlanet.fr

Nucléaire: Francis Rol-Tanguy est chargé de la fermeture de Fessenheim

Par Thierry Noisette | 12 décembre 2012 | 1 commentaire

Haut fonctionnaire et ancien de la SNCF, il a été nommé en conseil des ministres ce 12 décembre et chargé de la fermeture de la centrale nucléaire alsacienne d’ici fin 2016.

Première parution le 10 décembre, mise à jour le 12 décembre 2012

Lors de la conférence environnementale, le Premier ministre avait annoncé le 15 septembre la prochaine nomination d’une « personnalité chargée d’engager la concertation sur la reconversion du site. Il faudra prendre en compte la totalité des conséquences de cette fermeture, l’emploi bien sûr, la création de nouvelles activités et la réponse aux besoins en électricité. »

Deux mois et demi plus tard, le responsable de cette mission sensible a été choisi. La ministre de l’Écologie Delphine Batho a indiqué le 5 décembre au quotidien Les Dernières nouvelles d’Alsace que Francis Rol-Tanguy sera nommé délégué interministériel chargé de la fermeture de la centrale nucléaire alsacienne de Fessenheim, rapporte l’AFP.

La ministre a précisé qu’il sera nommé lors du prochain conseil des ministres (soit le 12 décembre). Pour Delphine Batho, il représente le meilleur choix pour mettre en œuvre la décision du président de la République de fermer Fessenheim dans des conditions responsables en termes d’énergie et de préservation des emplois, a-t-elle déclaré au quotidien alsacien.

Francis Rol-Tanguy, 59 ans, est le fils du résistant Henri Rol-Tanguy. Ingénieur général des Ponts et Chaussées, il a été directeur de cabinet de Jean-Claude Gayssot (PCF) au ministère des Transports dans le gouvernement Jospin de 1997, puis directeur du fret à la SNCF entre 2000 et 2003, et et préfet, directeur régional de l’Équipement d’Île-de-France de 2003 à 2007.

De 2008 à fin 2011, il a été le directeur de l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur). Il en a démissionné en novembre 2011, indiquait Le Parisien en février dernier. Après le suicide en juillet 2011 d’une salariée, qui avait laissé une lettre parlant de sa « souffrance au travail »,  le tribunal de police a condamné début 2012 l’Apur à 220.000 euros d’amende pour infraction à la législation du travail, et Francis Rol-Tanguy à 42.000 euros d’amende.

Ce mercredi 12 décembre, le décret « instituant un délégué interministériel à la fermeture de la centrale nucléaire et à la reconversion du site de Fessenheim » est paru au Journal officiel. Il stipule notamment:

« Le délégué interministériel est chargé de préparer et de coordonner (…) les opérations nécessaires à la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim et à la reconversion du site.

A cette fin, il conduit, au nom du ministre chargé de l’énergie et en lien avec l’Autorité de sûreté nucléaire, la négociation d’un protocole d’accord avec l’exploitant (EDF), précisant:
― les conditions juridiques, techniques, économiques et sociales de la fermeture ;
― les conditions de démantèlement de l’installation, notamment en ce qui concerne les rejets, l’état final du site, l’exutoire des déchets issus du démantèlement(…);
― les modalités d’accompagnement des salariés concernés par la fermeture;
― les modalités de participation de l’exploitant au devenir du bassin de vie et d’emploi de Fessenheim. »

Le conseil des ministres a nommé ce matin Francis Rol-Tanguy à ce poste.

À lire aussi

Transition énergétique: architecture complexe pour un débat « démocratique et citoyen » – 29 novembre 2012

Pierre-Franck Chevet, nouveau président de l’Autorité de sûreté nucléaire – 15 novembre 2012

Jean-Marc Ayrault: la rénovation du parc immobilier est « une priorité absolue » – 17 septembre 2012

François Hollande à la conférence environnementale: « La France se mobilisera dans la transition énergétique » – 14 septembre 2012

Nucléaire, transports, rénovation thermique des logements: les engagements de François Hollande – 7 mai 2012

Coûts du nucléaire: la Cour des comptes relève les incertitudes du futur – 31 janvier 2012

Mots-clefs :, , ,

 
Reply to Story

SmartPlanet TalkbackPartagez vos idées et votre expertise sur ce sujet

S'inscrire à cette discussion via RSS

  • 1

    costes

    12 décembre 2012

    Lettre ouverte au gouvernement.

    Le changement consiste-t-il à démanteler l’industrie française ?

    Nous avons porté à votre connaissance un certain nombre
    d’éléments concernant l’impact de la Centrale Nucléaire de
    Fessenheim du point de vue social, environnemental et de la
    production électrique à l’occasion d’une rencontre le 11 octobre
    dernier. A cette occasion vous nous avez réaffirmé
    l’engagement pris par François Hollande Président de la
    République de fermer Fessenheim « à la fin de l’année 2016
    dans des conditions qui garantiront la sécurité des
    approvisionnements de cette région, la reconversion du site et
    la préservation de tous les emplois ». Nous avons réaffirmé
    notre opposition à une fermeture qui n’est fondée ni sur des
    motifs de Sûreté, ni sur des motifs économiques, ni sur des
    motifs techniques.

    Le discours du Président de la République au moment de
    l’ouverture de la conférence environnementale a quelque peu
    apaisé les tenants de l’idéologie anti-nucléaire. Pour peu de
    temps, comme vous avez pu le remarquer. Depuis, ces
    derniers n’ont de cesse de mener leur entreprise de
    propagande et de culpabilisation à l’encontre des salariés du
    nucléaire, des Français et du Gouvernement. Mais est-il
    criminel d’œuvrer pour une filière qui contribue à 2% du PIB ?
    Est-il criminel de permettre l’accès à l’énergie à tous, même
    aux plus démunis ? Est-il criminel de produire une énergie dont
    le prix permet aux entreprises de gagner de la compétitivité ?
    Les 125 000 professionnels qui portent l’industrie nucléaire, les
    285 000 employés (source expertise PWC 2011) qui en
    dépendent plus ou moins directement sont-ils coupables d’un
    crime, doivent-ils avoir honte de leur contribution apportée à la
    France ?

    La centrale de Fessenheim est une centrale nucléaire
    parfaitement intégrée au parc nucléaire français ; elle est, à ce
    titre, soumise aux mêmes règles et aux mêmes exigences. Elle
    n’est pas moins sûre qu’une autre, et bénéficie d’ailleurs de
    l’intégration des toutes dernières exigences en matière de
    sûreté. Les salariés en sont fiers à juste titre, comme ils sont
    fiers des 12TWh fournis au réseau, fiers de contribuer à un
    service public.

    Nous ne reviendrons pas sur l’argumentaire concernant la faille
    sismique et la digue du Rhin, il a fait l’objet d’expertises qui
    concordent sur la maîtrise du risque. Nous ne reviendrons pas
    sur la proposition d’un centre de démantèlement parce qu’il
    existe déjà (CIDEN). Nous ne nous étendrons pas sur l’illusion
    d’une filière du démantèlement porteuse d’avenir, autant croire
    qu’une filière de la casse automobile crée plus de richesse
    qu’une industrie de fabrication automobile.

    Nous voulons attirer votre attention sur le fait que la centrale de
    Fessenheim contribue à l’Intérêt Général de la France. Dans
    l’échelle de nos valeurs, nous plaçons cet intérêt-là bien au-
    dessus des intérêts partisans des uns et des autres. Nous ne
    nous permettrons pas de vous rappeler votre devoir. Nous
    savons toutefois que Fessenheim sert de monnaie d’échange
    dans la transaction entre deux partis politiques, nous vous
    demandons de considérer cet arrangement avec l’intérêt des
    Français, de mesurer les conséquences de la fermeture d’un
    site nucléaire en regard du bénéfice d’un agrément politico-
    politicien. Tout porte à croire que le compte n’y est pas, ni du
    point de vue environnemental, ni du point de vue financier, ni
    du point de vue social.

Les balises suivantes sont supportées :
<b> <i> <u> <pre>
publicite
publicite