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Gaz de schiste: les parlementaires étudieront les alternatives à la fracturation hydraulique

Par Thierry Noisette | 31 janvier 2013 | 0 commentaire

L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques va consacrer un rapport aux « techniques alternatives à la fracturation hydraulique ». Le PDG de Total et le ministre en charge de l’Industrie, Arnaud Montebourg, ont déjà manifesté leur intérêt pour les gaz de schiste.

Les députés et sénateurs de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) annoncent avoir adopté « l’étude de faisabilité d’un rapport consacré aux techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels ».

Ce travail a été réalisé par le député (PS) Christian Bataille et le sénateur (UMP) Jean-Claude Lenoir. Le communiqué de l’Office déclare:

« La fracturation hydraulique, interdite par la loi du 13 juillet 2011 pour l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures, est une technique ancienne qui évolue aujourd’hui rapidement sous l’effet de considérations environnementales de plus en plus partagées. Des voies d’amélioration de cette technique existent, dans le sens d’une moindre consommation d’eau et d’une moindre utilisation de produits chimiques.

Parmi les autres techniques susceptibles d’être employées, la stimulation au propane, déjà pratiquée en Amérique du Nord, mérite l’examen. D’autres technologies sont envisagées en recherche et susceptibles d’aboutir à des applications d’ici à une dizaine d’années. »

Les parlementaires de l’OPECST proposent comme calendrier:

- Février-mai 2013: réalisation d’auditions par les rapporteurs (pouvoirs publics, entreprises, associations environnementales), consultation des partenaires sociaux

- Avril 2013: audition ouverte à la presse

- Printemps 2013: examen par l’Office d’un rapport d’étape

- Juin à septembre 2013: déplacements à l’étranger

- Automne 2013: examen par l’Office du rapport final.

France Nature Environnement (FNE) a publié dans la foulée un communiqué.

La fédération d’associations de défense de l’environnement « tient à rappeler que, quelque soit la technique, il s’agit de rendre poreux un milieu, la roche mère, qui ne l’est pas, ce qui présente des risques avéré de pollution des milieux et des nappes phréatiques et de l’atmosphère. Par ailleurs, au-delà du débat sur la technique d’extraction, il s’agit encore d’extraire des énergies fossiles qui contribueraient au réchauffement climatique déjà hors de contrôle. »

Benoit Hartmann porte-parole de FNE, commente: « Récupérons déjà les gaz gaspillés par torchage, méthanisons nos eaux usées, mettons en place une vraie sobriété de notre société et réservons ce pétrole immature aux générations suivantes. »

Le PDG de Total et Arnaud Montebourg intéressés par les gaz de schiste

Il y a quelques semaines, Christophe de Margerie, le PDG de Total, était interviewé par Le Monde et estimait que « si l’on exploitait le gaz de schiste français – ce qui serait bon pour l’économie et pour la sécurité de notre approvisionnement – le prix serait déterminé par le marché du gaz européen, donc pas forcément à des prix aussi bas » [qu'aux Etats-Unis].

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg avait quant à lui déclaré fin novembre, devant l’Union française de l’électricité (UFE):

« Nous n’acceptons pas la fracturation hydraulique mais nous travaillons à imaginer une nouvelle génération de technologies propres qui permettraient d’extraire sans abîmer. »  « Ce gaz (…) mieux vaut le produire si nous l’avons plutôt que l’importer », estimant que le gaz pourrait jouer un rôle important dans la transition énergétique.

Il y a quelques jours, Le Monde citait « l’entourage d’Arnaud Montebourg » où l’on déclare:

« Le développement du gaz de houille n’a rien de rédhibitoire. Son exploitation va permettre de réduire la facture énergétique française, et donc d’augmenter nos marges de manoeuvre budgétaire afin d’investir davantage dans le solaire et l’éolien. »

Comme pour le nucléaire, le ministre en charge de l’industrie a pour le moins changé d’avis par rapport à ses positions de candidat à la primaire socialiste fin 2011. Il qualifiait alors le gaz de schiste de « fausse bonne idée » et affirmait que « l’indépendance énergétique ne doit pas se faire au prix de catastrophes environnementales ».

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