Collecte des déchets par aspiration pneumatique, chauffage géothermique et solaire, matériaux de construction innovants… La municipalité de Tianjin en Chine entame sa mutation écologique pour devenir à terme une éco-cité exemplaire.

Un Eco-Business Park accueillera des entreprises spécialisées dans les technologies propres (photo: SSTEC).
D’ici à 2020, la Chine devra construire 400 nouvelles villes. Face à une pénurie d’énergie, les autorités chinoises entendent faire du développement de ces nouvelles zones urbaines des modèles écologiques. A ce titre, le projet d’éco-ville de Dongtan a été largement médiatisé. On connait peut-être moins la municipalité de Tianjin qui a été désignée par le gouvernement chinois comme une zone exemplaire d’habitat écologique. L’épicentre de cette éco-cité se situera à Binhai, un district au sud-est de Tianjin. Le recours aux éco-innovations y sera prépondérant.
Ces bonnes pratiques innovantes sont notamment appliquées à la gestion des déchets. A Binhai, cela passe par une méthode toute nouvelle, déjà implantée dans certaines régions du monde, comme dans le quartier Hammarby Sjöstad de Stockholm.
Les poubelles sont en effet directement reliées à un réseau de conduits souterrains. Au moment où les déchets sont déposés dans la bouche d’évacuation, une soufflerie s’actionne et expulse l’air à grande une vitesse. La force de l’air comprimé permet l’évacuation des déchets en direction de la décharge, à la vitesse d’une rame de métro.
Récupérer la chaleur d’anciens puits de pétrole à 3.000 mètres sous terre
« On peut considérer ce système comme la combinaison d’un réseau d’égout et d’un grand aspirateur », déclare Hao Zheng, directeur des ventes d’Envac, la société qui commercialise ce système. Cette méthode fonctionnant entièrement en espace clos permet donc d’éviter le contact direct entre les éboueurs et les déchets, contrairement au traitement traditionnel des ordures. Elle limite d’autre part les nuisances olfactives et le risque lié au transport de matières polluées.
Binhai abrite d’autres trésors technologiques, comme ces puits de pétrole condamnés au terme de leur exploitation commerciale. Des techniciens chinois ont eu l’idée lumineuse de les reconvertir en réservoirs géothermiques. Et les calculs sont plutôt en leur faveur: un puits de pétrole a généralement une profondeur d’environ 3.000 mètres, or les couches exploitables du point de vue géothermique peuvent l’être à partir de 2.000 mètres sous terre.
Le système élaboré consiste donc à récupérer la chaleur utile à partir des puits et la transmettre aux habitations. Suite à un processus de filtrage et de compression, l’eau froide coule sous terre par l’intermédiaire d’un puits de retour.
Aujourd’hui, trois puits ont déjà été convertis grâce à cette méthode dans la zone de Binhai, permettant de fournir de la chaleur à un espace de 70.000 m2. Ce système permet non seulement d’économiser les ressources, mais aussi de diminuer la pollution. Séduite par les économies énergétiques substantielles permises par cette innovation, la mairie de Tianjin a par ailleurs décidé de l’appliquer dans le district de Tang Gu.
Collecte des eaux de pluie et dessalement de l’eau de mer
En coopération avec Singapour, les autorités chinoises souhaitent faire de Binhai un petit paradis pour les futurs habitants du quartier et tablent sur 350.000 habitants d’ici 10 à 15 ans. Les appartements sont équipés de chauffages géothermiques et sur les toits des bâtiments, des cellules solaires thermiques chauffent l’eau sanitaire. Par ailleurs, la moitié de l’eau courante provient de la collecte des eaux de pluie et du dessalement de l’eau de mer.
Les bâtiments sont construits avec des matériaux dits intelligents pouvant absorber et libérer de la chaleur automatiquement, ceci afin d’économiser au maximum l’énergie. Sans compter que 20% de l’énergie est, pour l’instant, d’origine renouvelable.
« Il est facile de construire une nouvelle ville, plus respectueuse de l’environnement, mais beaucoup plus difficile de changer le mode de vie traditionnel des citoyens et de les convaincre de mener une vie vraiment écologique », indique Caiwen Wu, le directeur de la société Zhongxin Ltd. La ville verte idéale ne l’est pas forcément pour tous les Chinois, et l’intégration des habitants reste peut être la composante la plus incertaine de ce projet colossal.




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