Les associations refusent de participer à la commission sur l’énergie en 2050

Par Thierry Noisette | 15 septembre 2011 | 0 commentaire

entreprisesLa commission « pluraliste » annoncée la semaine dernière par le ministre de l’Industrie doit étudier différents scénarios, dont la réduction ou la sortie du nucléaire.

Les grandes associations écologiques refusent unanimement de participer à la commission sur l’avenir énergétique français en 2050, annoncée le 6 septembre par le ministre de l’Industrie et de l’Energie.

Eric Besson annonçait le 6 septembre à l’AFP (il n’y a eu aucun communiqué) que le gouvernement charge une commission d’étudier les scénarios énergétiques de la France d’ici 2050. Parmi ces scénarios, la prolongation de la durée de vie du parc nucléaire actuel, l’accélération du passage à la 3e, voire à la 4e génération nucléaire, mais aussi la possibilité d’une sortie progressive du nucléaire à horizon 2050 voire 2040, ou vers une réduction du nucléaire.

Le ministre déclarait alors que la commission serait « naturellement pluraliste » et composée d’experts, d’ONG et de professionnels de l’énergie. La seule annonce officielle était qu’elle sera présidée par Jacques Percebois, professeur d’université spécialiste de l’énergie, avec comme vice-président Claude Mandil, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

« On ne discute pas de manière sérieuse de la place du nucléaire en trois mois »

Or, rapporte l’AFP, les principales ONG, « de France Nature Environnement (FNE) à Greenpeace en passant par l’ex-Fondation Hulot (FNH) ou WWF« , n’ont à ce jour pas été invitées, et elles refusent de toute façon de participer à cette commission: « On ne discute pas de la politique énergétique de la France et on ne discute pas de manière sérieuse de la place du nucléaire en trois mois », résume Benoît Faraco, de la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH).

Les ONG « soulignent dans un bel ensemble ne rien attendre de nouveau d’experts qu’elles jugent plutôt pro-nucléaires et d’un rapport publié à quelques mois des élections ».

L’AFP cite un point de vue moins tranché: Thierry Salomon, président de l’association négaWatt, qui propose de longue date un plan de sortie du nucléaire, parle d’un « exercice évidemment intéressant » et estime que « avant Fukushima, un scénario qui envisageait une sortie du nucléaire était tabou en France, non recevable, la meilleure preuve c’est le refus absolu d’en parler pendant le Grenelle. » Il critique cependant le « timing » de ce travail et « le problème d’équilibre de la commission ».

Egalement cité par l’agence, Jean-Marc Jancovici, un des experts de la commission, réputé pour ses travaux sur l’énergie et le changement climatique (et favorable à l’énergie nucléaire), estime que «  »la question, ce n’est pas: ‘Est-ce qu’on sort du nucléaire?’, mais ‘Qu’est-ce qu’on met à la place? »

Les conclusions de la commission sont attendues pour janvier.

À lire aussi

Le Japon veut « réduire autant que possible » l’énergie nucléaire au profit des énergies renouvelables – 13 septembre 2011

En Allemagne, l’électricité vient à 20,8% des énergies renouvelables – 9 septembre 2011

Une commission chargée des scénarios sur le nucléaire en France – 6 septembre 2011

Les énergies renouvelables dépassent le nucléaire aux Etats-Unis - 8 juillet 2011

La part des énergies renouvelables a presque doublé en Europe en dix ans – 18 avril 2011

Sortir du nucléaire, un débat qui resurgit – 16 mars 2011

Mots-clefs :,

 

Les commentaires sont fermés pour cet article

Les balises suivantes sont supportées :
<b> <i> <u> <pre>
publicite
publicite