Olivier Seznec (Cisco): la téléprésence, « on y travaille comme dans la vraie vie » | SmartPlanet.fr

Olivier Seznec (Cisco): la téléprésence, « on y travaille comme dans la vraie vie »

Par Baptiste Roux Dit Riche, Cleantech Republic | 19 juillet 2011 | 0 commentaire

Vingt mille dollars par mois par salle équipée. La solution de téléprésence haute qualité de Cisco n’est pas à la portée de toutes les bourses. Pour démontrer ses vertus économiques et environnementales, le géant américain l’utilise en interne depuis 2007. Résultat: une économie de 770 M$ et de 410.000 tonnes de CO2.


Contrairement à l’adage bien connu, les cordonniers sont parfois bien chaussés. Pour démontrer la valeur de son système de téléprésence haut de gamme, Cisco a commencé par le déployer en interne. L’idée étant de démontrer qu’une solution de visioconférence peut sensiblement réduire l’empreinte carbone d’une entreprise sur le poste des transports.

Cisco utilise sa solution maison depuis maintenant quatre ans, soit sur une durée suffisamment  longue pour dresser un bilan qualitatif et quantitatif. Selon le géant des réseaux américain, 200.000 déplacements à travers le monde ont ainsi été évités. Ce qui représente plus de 400.000 tonnes de CO2 épargnées.

Ce qui est bon pour la planète est aussi bon pour le porte-monnaie puisque les dépenses liées aux frais de voyage ont chuté de 770 millions de dollars. Et, pour être complet, autre avantage, et pas des moindres: l’économie de 280 millions de dollars de pertes de productivité.

Olivier Seznec

Cette réussite s’expliquerait par la capacité de sa solution à reproduire avec précision l’expérience d’une réunion réelle. « Le système consiste à proposer une table de réunion ovale, coupée en deux par un mur d’écrans. Quand on est assis, on voit donc ses interlocuteurs en face, la table continuant de l’autre côté de l’écran explique Olivier Seznec, directeur de la stratégie technologique pour Cisco France. Nous avons également travaillé sur les angles de vue et sur la mise en place d’un son spatial pour être au plus proche de la réalité physique. »

Entre 15.000 et 20.000 dollars par mois et par salle équipée

Validé par le dépôt de 24 brevets, le système Cisco TelePresence permet aux utilisateurs d’échanger, en temps réel, tous les éléments de la communication verbale et non verbale. C’est-à-dire se présenter, mais aussi s’interrompre, se contredire, voire se houspiller. « Nous avons réussi à atteindre la simultanéité. Il n’y a pas de décalage dans la conversation. La première fois, on a tendance à regarder les écrans, puis, au bout de quelques minutes, on est pleinement dans la discussion. »

Pour parfaire l’expérience, le dispositif intègre une caméra placée au-dessus de l’écran qui suit les mouvements de regard des participants. Une finesse technologique qui se paye. Comptez entre 15.000 et 20.000 dollars par mois et par salle équipée (matériel et frais de fonctionnement inclus). Sachant que la téléprésence nécessite également un réseau internet plutôt solide. Chaque écran de 65 pouces requiert en effet près de 4 Mbit/s de bande passante.

Un taux d’activité compris entre 51 et 60%

Avec 4.000 salles équipées à travers le monde – dont près de 1.000 utilisées pour ses besoins propres – Cisco dispose aujourd’hui d’un premier retour d’expérience sur l’impact de la téléprésence dans les organisations. « Nos salles sont utilisées pour des usages très variés. Il peut s’agir de réunions d’équipes, de rendez-vous commerciaux et même d’entretiens d’embauche. On y travaille comme dans la vraie vie », affirme Olivier Seznec.

Une palette d’utilisation qui permet à la téléprésence d’afficher un taux d’activité compris entre 51 et 60% contre une moyenne fixée seulement entre 3 et 5% pour les systèmes de visioconférence « classiques ».

Sur un plan commercial, Cisco équipe déjà des entreprises comme Accenture et SBM Offshore, mais aussi un grand groupe français d’assurance. Un portefeuille de clients qui pourrait bientôt s’élargir grâce à l’émergence de nouvelles applications pour la téléprésence. « Nous voyons se décliner ce système dans différents domaines comme la médecine, les services (NDLR: banque…) et l’événementiel. » De nouveaux marchés professionnels sur lesquels Cisco trouvera sur sa route des concurrents comme Polycom, HP, voire Vidyo.

Du côté du grand public, Cisco commercialise déjà une version allégée de sa solution de téléprésence aux Etats-Unis. Un service facturé 25 $ par mois. « Cette offre n’est pas uniquement réservée aux férus de haute technologique. Elle s’adresse aussi à la grand-mère du Minnesota qui souhaite voir ses petits enfants de Californie. » Cisco espère lancer ce service en France dès cette année. Les grands-parents français sont désormais prévenus.

Réunion physique ou virtuelle: un calculateur en ligne pour trancher

Pour comparer les coûts énergétiques d’une réunion virtuelle et réelle, Cisco propose sur son site un calculateur en ligne. En fonction du déplacement à réaliser et du nombre de participants, le système permet ainsi aux utilisateurs d’arbitrer entre téléprésence et déplacement physique.

« Ce système intègre des données sur le système de salle envisagé. Sur un déplacement Paris-Paris, la téléprésence n’est pas pertinente. Le système doit apporter un vrai bénéfice. »

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