Pierre-Franck Chevet, nouveau président de l’Autorité de sûreté nucléaire | SmartPlanet.fr

Pierre-Franck Chevet, nouveau président de l’Autorité de sûreté nucléaire

Par la rédaction | 15 novembre 2012 | 0 commentaire

Pierre-Franck Chevet succède cette semaine à la tête de l’ASN à André-Claude Lacoste. Margot Tirmarche devient commissaire de l’Autorité. L’ASN indiquera début 2013 à EDF quelles études elle veut pour la prolongation des réacteurs.

Double changement à la tête de l’Autorité de sûreté nucléaire, avec la nomination de deux dirigeants: Pierre-Franck Chevet est nommé président de l’ASN par décret du président de la République, pour 6 ans. Il succède à André-Claude Lacoste, nommé en 2006 et dont le mandat arrivait à échéance le 12 novembre 2012.

Margot Tirmarche est nommée commissaire de l’ASN par décret du président de la République, au titre de membre désigné par le président de l’Assemblée nationale, pour 6 ans. Épidémiologiste, elle succède à Marie-Pierre Comets, nommée en 2006. Il y a deux commissaires à l’ASN, nommés l’un par le président de l’Assemblée nationale et l’autre par celui du Sénat.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) est une autorité administrative indépendante française (AAI) chargée, au nom de l’Etat, d »assurer le contrôle de la sûreté nucléaire, de la radioprotection en France (travailleurs du nucléaire, environnement, populations locales) et l’information des citoyens. En 2011, son effectif était de 456 personnes et son budget de 68 millions d’euros.

En janvier dernier, l’ASN a rendu un rapport demandant un « investissement massif » dans la sécurité des centrales nucléaires françaises. Interviewé dans Les Echos du 30 octobre sur les missions de l’ASN et le rôle de son successeur, André-Claude Lacoste déclarait qu’il faut « avoir la conscience du long terme, être ouvert sur l’international, et prendre en compte les sujets d’organisation ».

Il ajoutait: « Après Fukushima, nous avons décidé d’approfondir la réflexion sur les facteurs sociaux, organisationnels, et humains. Une part importante du personnel d’EDF doit partir dans les cinq ans qui viennent, comment l’exploitant assume-t-il ses responsabilités? C’est une question redoutable et complexe. »

Il soulignait aussi que « début 2013 nous dirons quelles études nous demandons à EDF, puis nous prendrons position de façon générique en 2015. Après, nous regarderons bien sûr réacteur par réacteur. »

Le président sortant de l’ASN observait qu’en Chine, 26 réacteurs nucléaires sont actuellement en cours de construction, « quand, au plus fort de la construction en France, il y en avait sept ». Pour lui, « l’avenir de la sûreté se joue en Inde ou en Chine ».

Pierre-Franck Chevet est diplômé de l’Ecole polytechnique (X, promotion 1981) et de l’Ecole Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique (ENSAE 1986). Il est ingénieur général du Corps des Mines. Il a débuté sa carrière à l’ASN en septembre 1986 où il a occupé successivement plusieurs postes, notamment comme adjoint d’André-Claude Lacoste.

En septembre 1995, il devient directeur de la direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement de la région Alsace. Il assure à ce titre les responsabilités de délégué territorial de l’ASN, notamment pour le contrôle des centrales nucléaires de Fessenheim et Cattenom.

En septembre 1999, il rejoint la région Nord Pas-de-Calais en tant que directeur régional de l’industrie, de la recherche et de l’environnement et directeur de l’Ecole des Mines de Douai. Il assure à ce titre les responsabilités de délégué territorial de l’ASN, notamment pour le contrôle de la centrale nucléaire de Gravelines.

De février 2005 à février 2007, il est conseiller en charge de l’énergie, de l’industrie, de la recherche et de l’environnement au cabinet du Premier ministre (Jean-Pierre Raffarin, puis à partir du 31 mai 2005 Dominique de Villepin). Il participe à l’élaboration des lois de juin 2006 sur la transparence et la sûreté nucléaires et sur la gestion des déchets et matières nucléaires.

En février 2007, il est nommé directeur général à la direction générale de l’énergie et des matières premières. Depuis juillet 2008, il était directeur général à la direction générale de l’énergie et du climat.

Margot Tirmarche est titulaire d’une maîtrise en biologie et en génétique à la faculté de sciences Paris VI et d’un Diplôme d’études approfondies (DERBH) en cancérologie et immunologie de la faculté de médecine Paris-Sud. C’est une épidémiologiste dont l’activité a été essentiellement tournée vers l’étude des risques de cancer lié aux expositions aux rayonnements ionisants, notamment le radon.

Dès 1976, à l’IGR (Institut Gustave Roussy), elle participe à une étude épidémiologique internationale afin de mieux évaluer les facteurs de risques (tabac, amiante) du cancer du poumon.

En 1980, elle entre au CEA (IPSN) pour s’occuper notamment du suivi à long terme des mineurs d’uranium, permettant de mieux appréhender le risque de cancer lié à l’inhalation des descendants du radon. Depuis 1992, date de création du laboratoire d’épidémiologie et d’analyse du détriment sanitaire à l’IPSN, Margot Tirmarche est responsable de projets de recherche au niveau national et international. Elle devient chef du laboratoire en 1999.

Après l’accident de Tchernobyl, elle participe dès 1992, dans le cadre d’une collaboration européenne, à la mise en place du suivi sanitaire des « liquidateurs » ainsi que des populations vivant en Ukraine, en Biélorussie et dans les zones contaminées de Russie.

Depuis 2000, Margot Tirmarche exerce son expertise scientifique à l’IPSN, puis à l’IRSN. Au plan international, elle est membre de la CIPR, de l’UNSCEAR et de l’OMS. Au plan européen, elle a évalué des projets de recherche et assuré la coordination scientifique et technique de plusieurs programmes de recherche en épidémiologie.

Depuis 2009, elle assurait à la Direction scientifique, puis à la Direction de la stratégie, du développement et du partenariat de l’IRSN, l’animation scientifique et la coordination des programmes de recherche en radioprotection.

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