Pour innover, expérimentez constamment, soumettez vos problèmes, cherchez hors de l’entreprise…

Par la rédaction | 6 juillet 2012 | 0 commentaire

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Les exemples d’Intuit et d’Innocentive ouvrent des voies à l’innovation, ont exposé les orateurs du World Innovation Forum.

par Joe McKendrick

N’ayez pas peur d’expérimenter constamment, et n’ayez pas peur d’échouer dans la plupart de ces expériences.

Scott Cook: expérimenter sans cesse.

Tel est le message qu’a délivré Scott Cook, cofondateur et président d’Intuit Inc., l’un des prestigieux orateurs au World Innovation Forum de cette année, qui s’est tenu à New York. Pour obtenir une innovation qui change la donne, préconise-t-il, soyez prêt à mener constamment des expériences à petite échelle, afin de développer une « culture des expériences à cycle rapide ».

Dans le cas de TurboTax d’Intuit, l’entreprise encourage jusqu’à 140 expériences chaque saison des impôts, avec de nouveaux sites web et de nouveaux services. Intuit a appris à traiter ces expériences en séquence rapide, explique Scott Cook. « L’installation se fait le jeudi, pour une exécution pendant le week-end, puis les résultats sont lus et analysés le lundi. »

S’il est vrai que 89% des expériences échouent, il est important de les laisser se dérouler, ajoute-t-il. Et de les exécuter fréquemment. « Plus vite nous procédons à une petite expérience, plus vite nous savons si elle est vouée à l’échec ou si elle réserve de bonnes surprises », souligne-t-il. « L’idée répandue est que les expériences doivent être réservées à quelque chose qui a déjà été perfectionné. » Pour sa part, il recommande de « décomposer l’idée en composants clés, puis de tester ces composants très rapidement ».

Outre les expériences en interne, l’innovation vient également de plus en plus de l’extérieur de l’entreprise. Mohanbir Sawhney, professeur à la Kellogg School of Management de l’université Northwestern, a invité les dirigeants d’entreprise à aller chercher l’innovation bien au-delà des limites de leur entreprise. « Vos meilleures recrues travaillent en dehors de votre entreprise… elles ont mieux à faire », a-t-il ironisé.

Pour Mohanbir Sawhney, cette nouvelle forme d’innovation est une « innovation connectée », impliquant que ce sont les réseaux qui apportent l’innovation. Le processus se déroule à trois niveaux, à commencer par la « cocréation par les clients », dans laquelle les clients donnent leur avis. Un autre niveau d’innovation, selon lui, correspond aux « écosystèmes d’innovation », dans lesquels les clients ne sont qu’un des nombreux nœuds utilisés comme ressources, avec les réseaux de partenaires, inventeurs, établissements d’enseignement et laboratoires.

Un bon exemple est l’initiative « Innovation Jams » d’IBM, qui a vu le jour en 2006 et qui rassemble désormais régulièrement jusqu’à 100.000 participants pour trouver des solutions à des problèmes ou saisir des opportunités.

« Le champ de vision des entreprises est généralement restreint »

Enfin, il y a la forme ultime d’innovation connectée: les « places de marché de l’innovation », où l’innovation est recherchée auprès du monde entier. « Il n’est pas suffisant de bâtir votre écosystème d’innovation autour de votre entreprise, car vous n’avez accès qu’à un nombre de personnes limité », souligne Mohanbir Sawhney. « Avec les écosystèmes d’innovation, votre portée est limitée, et le champ de vision des entreprises est généralement restreint.  Elles doivent alors recourir à l’aide de tiers ou d’intermédiaires. Ces derniers font le lien entre entreprises et innovateurs, et exploitent leur potentiel. »

Innocentive, acteur majeur sur le marché de l’innovation, réunit jusqu’à 250.000 scientifiques issus de 200 entreprises qui sont prêts à se mettre au travail et à contribuer à la résolution de problèmes. « Vous imaginez avoir une réserve de 250.000 titulaires de doctorat à votre disposition pour résoudre un problème? », interroge-t-il. « Les problèmes soumis à Innocentive sont des problèmes qui sont considérés comme insolubles. » Le taux de réussite de la soumission de ces problèmes au réseau est de 50%, poursuit-il.

Bon nombre des scientifiques qui participent sont soit à la retraite, soit sur des marchés émergents, précise-t-il, ajoutant que ces participants envisagent les problèmes depuis différents domaines; « ce n’est pas un problème de physique, de chimie ou d’ingénierie ». Par exemple, certains scientifiques d’AT&T Labs ont été récemment récompensés pour avoir aidé Netflix à améliorer son algorithme de recommandation. Sans un marché de l’innovation tel qu’Innocentive, « Netflix n’aurait pas eu accès aux scientifiques des laboratoires Bell », fait valoir Mohanbir Sawhney.

Il en résulte que beaucoup de problèmes épineux sont résolus du fait qu’ils sont exposés au monde entier. « Des liens peu évidents et vraiment intéressants sont établis parce que vous sortez les problèmes de votre domaine », conclut-il.

(photos avec la permission de WOBI, World of Business Ideas)

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