Pour l’ancien vice-président américain, malgré un début de mandat prometteur, Barack Obama n’a pas utilisé son poste pour persuader les Américains de la gravité de la crise et lutter contre les lobbies des énergies fossiles.
Al Gore publie dans le magazine Rolling Stone un essai (43.000 signes!), « Climate of denial« , sur le réchauffement climatique et ceux qui refusent sa réalité ou une politique s’y attaquant.
L’ancien candidat démocrate à la présidence des Etats-Unis y expose d’abord plusieurs indicateurs de la gravité du changement, en prenant en exemple les 12 derniers mois:
Chaleur: selon la Nasa, 2010 et 2005 ont été les années les plus chaudes depuis que des mesures systématiques sont faites, soit les années 1880. Neuf des dix années les plus chaudes de l’histoire font partie des 13 dernières années.
Inondations: des crues ont déplacé 20 millions de personnes au Pakistan. L’Australie a connu une inondation sur une surface plus grande que la France et l’Allemagne réunies. La majeure partie de la Colombie a été inondée et a subi un an de pluies quasi continues, etc.
Sécheresse: on estime que 56.000 personnes ont péri victimes de la sécheresse et d’incendies en Russie. Le Texas a vécu une sécheresse qualifiée d’exceptionnelle. L’Arizona subit le pire incendie de son histoire, etc.
Fonte des glaces: une énorme masse de glace, grande comme quatre fois Manhattan, s’est brisée au Groënland et a glissé dans la mer. L’accélération de la fonte des glaces aux deux pôles a amené à une réévaluation de la future montée des mers…
Al Gore dresse un sombre tableau de l’information du public américain, qui passe en moyenne 5 heures par jour devant la télévision mais n’a droit la plupart du temps qu’à des tableaux d’apocalypse sur les changements climatiques, sans qu’on lui explique les causes à l’œuvre.
Des énergies renouvelables bientôt compétitives
Cotitulaire avec les scientifiques du GIEC du prix Nobel de la paix en 2007 pour son action de défense de l’environnement, Al Gore affirme que continuer comme aujourd’hui serait suicidaire. Il souligne que « nous avons d’autres choix », avec les énergies renouvelables, le solaire et l’éolien dont les coûts seront bientôt compétitifs avec les énergies fossiles.
La biomasse, celle qui ne reposera pas sur des récoltes de plantes alimentaires (contrairement à la stratégie erronée qui utilise du maïs pour produire de l’éthanol; pointe-t-il), la géothermie, l’efficacité énergétique sont aussi des voies prometteuses.
L’auteur d’Une vérité qui dérange souligne que politiquement, la lutte contre la crise climatique est difficile (aux Etats-Unis) notamment en raison des blocages au Sénat, contrôlé par les lobbies du pétrole et du charbon. Il invite Barack Obama à se montrer plus déterminé sur le sujet, face aux mensonges des grands pollueurs.
Défendre les lois et les scientifiques contre les lobbies
Pour le moment, estime Al Gore, le président a échoué après des débuts prometteurs: il a fait adopter des normes plus rigoureuses pour l’efficacité énergétique des voitures, et demandé à l’Agence de protection de l’environnement (EPA) d’agir plus pour réguler la pollution engendrant le réchauffement, suivant le Clean Air Act, la loi anti-pollution atmosphérique.
Mais ensuite, Obama a fait passer des lois sans se battre après contre leur mise en pièce par les parlementaires. Il a cédé aux entreprises du pétrole et du charbon sans aucune contrepartie, déplore Al Gore. Le président a notamment encouragé l’expansion des forages pétroliers à travers les Etats-Unis.
Gore estime que sans volonté présidentielle pour rendre le public conscient de la réalité du réchauffement, rien ne changera. Le vrai pouvoir d’un président, « c’est le pouvoir de persuader », mais Obama ne l’a pas fait, pas plus qu’il n’a franchement défendu les scientifiques contre des attaques malhonnêtes.
A lire aussi
Le gouvernement américain soutient fortement les énergies renouvelables – 27 juin 2011
Réchauffement climatique : record d’émissions de CO2 en 2010 – 30 mai 2011
Les énergies renouvelables pourraient couvrir 77% des besoins en 2050 – 10 mai 2011
Le développement durable, c’est le communisme pour le Tea Party – 3 mai 2011
Barack Obama veut réduire d’un tiers en 10 ans les importations de pétrole – 29 avril 2011
L’entreprise d’Al Gore investit dans une société de recyclage des déchets organiques – 1er avril 2011




Mots-clefs :










Suivez SmartPlanet.fr
Inscrivez-vous
Inscrivez-vous