Robert Neave, cofondateur et vice-président de la section Initiatives IT durables de nlyte Software, présente dans cette tribune libre « une étape environnementale majeure » pour les centres de données.
Les data centers représentent aujourd’hui le point de convergence central de toutes les opérations au sein de l’infrastructure informatique des entreprises. Mais avec l’augmentation des volumes de données, l’importance croissante de la virtualisation et des technologies de « cloud computing », deux techniques dont le fonctionnement optimal repose sur une infrastructure de data centers solide, de nombreuses entreprises n’ont pas encore pris la pleine mesure du coût réel de leur data centers.
Il est ainsi essentiel de s’assurer qu’un data centre fonctionne parfaitement et à tout moment : alimentation électrique, espace et refroidissement correctement alloués afin d’assurer la continuité des opérations et de réduire au minimum les ingérences.
Toutefois, dans de nombreux cas, ceci est plus facile à dire qu’à mettre en œuvre et les solutions de gestion d’infrastructures de data centers, appelées solutions DCIM [NDLR: Data center infrastructure management], représentent le seul moyen réellement efficace de contrôler l’ensemble de ces paramètres.
L’optimisation d’une stratégie DCIM permettra de s’assurer que les investissements ne sont pas gaspillés, que les objectifs environnementaux sont atteints et que la réputation de l’organisation n’est pas affaiblie par des stratégies de data centers volatiles, gourmandes en consommation d’énergie et difficilement contrôlables.
L’âge sombre des data centers
L’augmentation des flux de données au sein des entreprises est liée au développement du Web 2.0 et de l’utilisation des vidéos ou des courriels. Elle représente ainsi, dans une certaine mesure, l’un des aspects de l’évolution globale du climat numérique.
Ceci dit, de nombreuses causes d’inefficacité sont parvenues à échapper aux différents outils de contrôle, les coûts en alimentation étant longtemps passés inaperçus dans des budgets informatiques conséquents. Certaines pratiques obsolètes conduisent ainsi à des situations où seulement une fraction de l’énergie consommée alimente réellement les systèmes informatiques. Mais l’avenir apparaît de plus en plus « vert » alors que les budgets sont moins généreux et que parallèlement, le thème de la responsabilité sociale des entreprises revient sur la table.
Un provisionnement excessif est aujourd’hui le principal responsable des gaspillages d’énergie dans les data centers. Pour garantir le bon fonctionnement et prévenir tout arrêt au sein de l’infrastructure informatique, les différents éléments qui la composent fonctionnent souvent en sous-utilisation . Des systèmes de redondance et de duplication ont volontairement été mis en place dans le but d’assurer la meilleure disponibilité possible.
Certains data centers n’utilisent ainsi que seulement 5 à 10% de leurs capacités informatique et selon IDC (1), environ 40% des coûts liés aux data centers sont affectés à l’alimentation électrique, une proportion qui devrait dépasser les 50% d’ici 2015 .
Si des niveaux importants de redondance peuvent en effet garantir une bonne performance, réduire les risques et renforcer la fiabilité des opérations, ils alourdissent également fortement la facture énergétique, une situation tout simplement intenable au regard de l’augmentation des coûts de l’énergie et de la fragilité du climat économique actuel.
Quand la loi se met au vert
Le respect environnemental est également devenu une question de conformité règlementaire. Alors que l’Union européenne a fixé comme objectif une réduction de 20% des émissions carbone entre 1990 et 2020, la pression internationale, exercée sous forme de nouvelles législations, réglementations et codes de conduite volontaire, devient de plus en plus forte.
Si le Code de conduite européen apporte une aide et des conseils utiles sur les moyens d’alléger le fardeau des services non utilisés en révisant sa stratégie de refroidissement et en mettant en place une politique de gestion des données, ce dernier repose essentiellement sur une base volontaire (bien qu’une législation plus contraignante devrait voir le jour dans l’avenir).
Les solutions DCIM: une étape environnementale majeure
La dernière génération de logiciels DCIM permet aux départements informatiques de visualiser, modéliser, planifier, contrôler, rapporter et prévoir les usages énergétiques et permettent un accès simplifié à un ensemble d’informations capables non seulement d’améliorer l’efficacité des data centers mais également de garantir la mise en conformité de l’entreprise à des législations de plus en plus strictes.
Les différentes étapes du processus de maturité DCIM permettent aux équipes en charge de la gestion des sites et des data centers de reprendre la main sur leur parc informatique à un niveau de compréhension et de maîtrise affiné, ouvrant la voie à un contrôle total aux niveaux des racks, serveurs, applications et réseaux.
Pour de nombreuses entreprises, le simple fait de savoir où sont localisés certains éléments est pratiquement impossible à l’aide de simples feuilles de calcul ou de technologies Visio et CAD. Dans ce cas, comprendre leurs interdépendances au sein du data centre n’est pas envisageable.
Grâce aux stratégies DCIM, cette cartographie ne représente qu’une première étape. Une interface visuelle permet aux responsables de data centers de modéliser et de gérer aussi bien leur parc informatique que ses critères d’espace, de refroidissement et d’alimentation, en cas d’installation, de déplacement, d’ajout ou de changement (IMAC), ce qui leur permet de comprendre en profondeur la structure du data centre, avant même que l’équipement physique ne soit déplacé.
Avec le développement de la masse de données et de tendances telles que la virtualisation, la composition et les exigences, les data centers sont soumis à des changements permanents et sont, de ce fait, extrêmement volatiles. Il est pour cette raison essentiel que les organisations aient la possibilité de définir (et de modifier) leurs seuils de capacités et leurs limites opérationnelles: la capacité des logiciels de gestion DCIM à créer des scénarios de type « et si » permet de s’assurer que les décisions qui concernent l’alimentation, l’espace et le refroidissement sont prises au bon moment, sans aucun effet domino néfaste.
Les options de ‘Reporting’ constituent également un élément de plus en plus important des stratégies DCIM. Avec des data centers qui représentent aujourd’hui plus de la moitié de l’empreinte carbone des entreprises, et la mise en place de règlementations telles que le système de réduction de l’empreinte carbone CRC, instauré en Grande-Bretagne, (2) l’efficacité des opérations des data centers est un sujet dont l’importance s’étend désormais à tous les domaines des entreprises, de l’ingénieur au conseil de direction.
L’analyse en temps réel sur une interface visuelle unique est devenue essentielle, dans la mesure où un grand nombre d’employés doivent désormais analyser les tendances et prévoir les niveaux d’utilisation futurs, sans parler des organes de régulation qui peuvent être amenés à exiger des rapports sur l’efficacité des utilisations énergétiques lors d’une évaluation complète de la capacité environnementale d’un data center.
L’avenir sera vert
La maturité croissante des logiciels de gestion DCIM n’offre plus d’excuse aux organisations lorsqu’il est question de comprendre les bénéfices réels de la « transition verte » des data centers. Les outils de gestion DCIM n’aident pas uniquement les entreprises à réduire leur empreinte carbone et à respecter les exigences de mise en conformité de leur data centers mais permettent également de faire progresser leur efficacité opérationnelle à un niveau plus basique et constructif. Ce progrès comprend la protection contre les pannes d’électricité et la lutte face aux coûts de l’énergie toujours plus élevés dans le but commun d’améliorer radicalement les résultats commerciaux finaux au regard des objectifs d’efficacité énergétique et de bénéfice brut.
(1) Baromètre IDC Green IT: European Organizations and the Business Imperative of Deploying a Green and Sustainable IT Strategy. IDC EMEA. Par Nathaniel Martinez et Kim Bulhoul. Septembre 2008
LIEN
(2) Le plan d’engagement à une réduction des émissions carbones du gouvernement britannique (plan CRC) est un cadre règlementaire obligatoire destiné à faire progresser l’efficacité énergétique et à réduire les émissions dans les grandes entreprises des secteurs public et privé.
Robert Neave
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