Ville durable: Amsterdam mise sur ses nouveaux centres de télétravail

Par Elsa Sidawy, Cleantech Republic | 12 juillet 2011 | 3 commentaires

A Amsterdam, les Smart Work Centers, une nouvelle génération de tiers lieux de travail, comptent parmi les innovations qui doivent mener à une ville plus intelligente et durable.

En à peine deux ans, 108 Smart Work Centers ont poussé comme des champignons sur le territoire hollandais. Avec l’impulsion des autorités locales, ces tiers lieux ont été conçus pour éviter aux salariés du privé comme aux agents publics de faire des kilomètres inutiles pour se rendre sur leur lieu de travail.

Cela diminue d’autant la congestion automobile et l’empreinte carbone afférente à ces déplacements. A Amsterdam, l’initiative est une composante essentielle de la politique de développement durable de la ville.

Confort de première classe pour les usagers

Implanté en plein cœur du quartier d’affaires de Zuidas, l’Amsterdam Bright City est relié au centre-ville et à l’aéroport international par un hub fourni de transports. Au premier étage d’un bâtiment moderne, ce pionnier des Smart Work Centers accueille travailleurs indépendants et expatriés. Des « solitaires » qui disposent de 70 postes de travail tous reliés à la fibre optique, de bulles de travail et de deux grandes salles de réunion, dont l’une équipée d’écrans de téléprésence Cisco.

Au-dessus de leurs têtes, dans les étages, de jeunes entreprises innovantes, pour certaines œuvrant dans le green business, mettent au point les produits et services de demain.

Côté design, tout a été pensé pour le confort des usagers: sièges ou tables sont ainsi adaptables à tous les gabarits d’un simple tour de manivelle. Enfin, la convivialité de l’endroit est assurée par le Grand Café: un lieu de détente et de restauration modulable installé au rez-de-chaussée de l’Amsterdam Bright City.

Un investissement rapidement amorti par les employeurs

Côté employeurs, inciter les employés à se rendre dans ces bureaux aurait un avantage financier non négligeable. Au Smart Work Center de Bright City, l’abonnement annuel individuel pour avoir accès aux différents équipements se monte à 6.000 euros par an. Des tarifs évolutifs permettent un accès à tous les centres labellisés du pays et à terme à tous les centres du monde du réseau Double U.

D’après les chiffres de Cisco, l’investissement serait rapidement amorti: l’espace physique nécessaire est quasiment divisé par deux et les émissions de gaz à effet de serre diminueraient également de 40%.

La ville d’Amsterdam ne s’y est pas trompée puisqu’elle a engagé, depuis l’ouverture des premiers centres en 2008, le programme Amsterdam Smart City incitant ses propres agents à se rendre dans l’un de ces sites.

Un concept perfectible

Sur les toits, nulle présence d’éolienne expérimentale ou de panneaux photovoltaïques. L’un des premiers Smart Work Centers du pays n’est pas un modèle du genre, même si des efforts ont été faits par petites touches.

Les sièges de bureaux Herman Miller sont certifiés Cradle-to-Cradle, les pièces s’éclairent grâce à un système de détection de présence et de grandes baies vitrées optimisent l’apport de lumière naturelle. Mais la conception intelligente du bâtiment s’arrête là. « Amsterdam Bright City n’est pas certifié ‘vert’, mais les dirigeants évoluent dans cet esprit.

Les centres nouvellement créés ont par contre une réflexion plus poussée sur l’automatisation des bâtiments en vue de réduire l’utilisation d’énergie’, explique Bas Boorsma, directeur du programme Connected Urban Development chez Cisco, à l’initiative de ces centres à l’échelle du pays.

Ce que confirme Frans-Anton Vermast, conseiller du programme Amsterdam Smart City: « Tous les nouveaux centres créés à l’avenir à Amsterdam seront alimentés par de l’énergie verte, issue de la valorisation des déchets des habitants, comme c’est déjà le cas pour les lampadaires publics et les tramways. » Un minimum pour parvenir aux objectifs de la ville de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2025.

Amsterdam Bright City en bref

  • Année de création: 2009
  • Partenaires fondateurs: le Smart Work Center d’Amsterdam Bright City est aujourd’hui dirigé par la fondation éponyme qui réunit Cisco, Apple, Accenture, la banque ABN Amro, la ville et l’université VU d’Amsterdam.
  • Réseau: Amsterdam Bright City fait partie du réseau de Smart Work Centers labellisés par le réseau Double U
  • Abonnement: 6.000 euros par an

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  • 1

    IBARRA

    12 juillet 2011

    A lire !

  • 2

    Cyanur

    15 juillet 2011

    Quid de la confidentialité au sein d’un shared open space ? Travailler dans une bibiothèque (dans l’esprit c’est ce qui à mon sens s’en rapproche le plus) requiert un minimum de discrétion…

  • 3

    Monica

    21 juillet 2011

    Bonsoir,

    108 smart Work centers pour un pays bien plus petit que le notre
    (qui en comprend en gros une dizaine d’après une rapide recherche
    non-scientifique sur http://www.eworky.com)… Cela montre bien le retard
    qu’a pris notre pays dans ce domaine!

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