Proposés par Intra, le GIE d’EDF, d’Areva et du CEA, pour intervenir à Fukushima, les robots spécialisés dans les accidents nucléaires majeurs ont été jugés « inadaptés » par les Japonais. (mise à jour 26/3/2011 – 1ère publication 22/3/2011)
Vendredi 18 mars, EDF annonçait l’envoi pour le week-end suivant de 130 tonnes de matériel du GIE Intra, à bord d’un Antonov 225 à destination de l’aéroport Tokyo-Narita. Le groupe Intra (Groupement d’intérêt économique d’intervention robotique sur les accidents nucléaires), détenu à 50% par EDF, 37,5% par le CEA et 12,5% par Areva, est installé à proximité du CNPE de Chinon (Indre-et-Loire), dans une partie désaffectée de la centrale nucléaire de Chinon.
EDF précisait à propos d’Intra:
« Il a en charge la conception, l’exploitation et la mise à disposition d’une flotte d’engins robotisés capables d’intervenir à la place de l’homme en cas d’accident nucléaire majeur, dans et autour des bâtiments industriels.
La cargaison comprendra du matériel permettant d’intervenir en urgence en milieu radiologiquement hostile, notamment du matériel de prélèvement et des engins robotisés pilotés à distance.
La France, grâce à un retour d’expérience suite à l’accident de Tchernobyl, est seule à avoir conçu et réalisé la flotte d’engins spécialisés dans les situations extrêmes et à former le personnel capable de les utiliser. »
21.03.2011 – Point info médias de l’ASN par ASN_Publications
Pourtant, à la fin du point presse du lundi 21 mars (vidéo) de l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN), son président André-Claude Lacoste a annoncé que les autorités japonaises ont décliné cette offre: « Jusqu’à présent, les demandes japonaises d’aide ont été extrêmement réduites. Par exemple, le Japon n’a pas donné suite à l’offre d’aide française d’envoyer des robots, en disant que les robots étaient inadaptés. »
Le groupe Intra et EDF, interrogés mardi par SmartPlanet.fr sur le pourquoi de ce refus japonais, ne nous ont pas répondu.
Ajout du 26 mars 2011: Michel Chevallier, directeur du groupe Intra, a été interviewé par France 3 – région Centre.
Il indique que samedi 19 mars en fin d’après-midi, l’ensemble du matériel était sur le tarmac de l’aéroport de Châteauroux, quand « nous avons appris que les autorités japonaises, pour l’heure, n’avaient pas besoin de ce type de matériel ». Il a du coup été remplacé par « d’autres types de matériels » utiles fournis par EDF et Areva (la journaliste n’a pas demandé de quels matériels il s’agissait).
Les robots refusés étaient notamment des engins de travaux publics télécommandés – une pelleteuse, un bulldozer – et des engins plus petits, des robots d’extérieur, chenillés, « capables de se déplacer en milieu hostile », de faire de la vidéo et de prendre des mesures radiologiques, et équipés d’un bras manipulateur avec une pince, pouvant faire des prélèvements et manier des outils.
Michel Chevallier souligne que les Japonais n’ont donné aucune raison à ce refus, et que « nous n’avons aucune connaissance de la situation sur place ».




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