Au colloque du SER hier, morceaux choisis de quelques interventions.
Hier se tenait à Paris le colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables (SER), qui a réuni les représentants des grands énergéticiens français, d’entreprises du secteur et de plusieurs organismes. En voici quelques extraits:
Arnaud Chaperon, directeur Électricité et nouvelles énergies, Total
« Le solaire n’est pas encore une énergie mature » et garde de grandes marges de progression. Dans la décennie qui vient, le photovoltaïque sera à égalité avec toutes les autres formes d’énergie, dans les pays où il y a du soleil.
« Pour résister face aux Chinois, il est clair qu’il faut être un groupe mondial et puissant » (en réponse à une question sur la place des PME, NDLR). Cela tout en emmenant dans son sillage des start-ups et des PME, notamment des distributeurs et des prestataires.
SunPower (spécialiste californien du photovoltaïque racheté en 2011 par Total) représente un effectif de 6.000 personnes, dont 500 en France. Le groupe Total compte 100.000 personnes.
Pierre-Franck Chevet, directeur général de l’énergie et du climat au MEDDTL (ministère de l’Ecologie)
Sur les principes, tout le monde est d’accord autour des énergies renouvelables. Les difficultés viennent sur le terrain, en pratique. L’acceptabilité est un point particulièrement important. On l’a vu avec le premier projet d’éolien offshore, on le voit encore avec l’éolien à terre, mal accepté dans certaines régions. Sur l’acceptabilité, « tous ceux qui appellent à aller vite s’exposent à un choc en retour assez violent et à provoquer un stop and go ».
Bernard Bigot, administrateur général du CEA et président de l’ANCRE (Alliance nationale de coordination de la recherche pour l’énergie)
Le CEA investit 340 millions d’euros par an en R&D dans tous ces domaines (ENR, stockage, smart grid…), qui mobilisent 1.700 personnes, ce qui représente environ 10% de la puissance du CEA.
Nous travaillons au stockage de l’énergie, chimique et à hydrogène, et « à mettre de l’intelligence dans le bâtiment, le quartier, la ville, le réseau ».
Les batteries représentent une gageure, qui nécessite une nouvelle approche, notamment pour la recyclabilité. Contrairement à la consommation d’énergies fossiles, une batterie ne « brûle » pas de matières de façon irréversible, ce qui donne beaucoup d’intérêt à un meilleur recyclage.
François Loos, président de l’Ademe
Nous avons eu 18 réponses à l’appel à manifestations d’intérêts (AMI) sur le grand éolien.
« En France, on a tendance à mettre les problèmes sur les questions technologiques, alors qu’ils sont souvent pratico-pratiques. »
Jérôme Pécresse, président du secteur Alstom Renewable Power, Alstom
Il y a 20 ans qu’Alstom n’a pas ouvert d’usine en France. Nous nous sommes engagés si avec EDF nous avons avons trois sites éoliens offshore à créer quatre usines.
Dans les énergies marines, nous avons déjà 50 personnes qui travaillent sur l’hydrolien à Nantes. Nous préparons Haliade, qui sera une turbine de 6 MW avec un rotor de 150 mètres de diamètre, ainsi qu’AWS III, un générateur houlomoteur.
Claude Graff, conseiller de la direction générale sur les NTE (nouvelles technologies pour l’énergie), Schneider Electric
La France ne représente que 8% du chiffre d’affaires de Schneider Electric, mais 17% de ses salariés: une part de la R&D, de l’innovation du groupe vient de France.
Avec Soitec, nous avons été retenus pour un projet de centrale de 50 MW en Afrique du Sud.
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