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Des autopsies des séismes passés pour comprendre les prochains

Par la rédaction | 7 février 2013 | 0 commentaire

Revue de web: l’étude par un géographe canadien des tremblements de terre d’il y a plusieurs siècles voire millénaires, comme celle « à chaud » des séismes les plus récents peut nous apprendre à mieux comprendre leurs mécanismes, rapporte l’Adit avec l’ambassade de France.

Des recherches post-tremblement de terre pour se préparer au pire

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/72088.htm

Pour John Clague, géographe titulaire de la chaire de recherche du Canada sur les risques naturels à l’Université Simon Fraser de Vancouver (SFU), les séismes de magnitude importante créant un immense tsunami, comme celui du Japon, sont survenus de façon récurrente tous les 500 ou 600 ans, au cours des 10.000 dernières années. Un grand tremblement de terre a ravagé la Colombie-Britannique en 1700, ce qui signifie que le prochain séisme désastreux pourrait survenir à tout moment.

Les recherches de John Clague s’apparentent au travail d’un détective. Il s’agit de trouver des indices sur les séismes et les tsunamis qui se sont toujours « archivés » dans le sol. En effet, des traces d’anciens tsunamis ont été préservées lorsque des vagues de sédiments océaniques ont déferlé sur les terres, notamment dans les lacs d’eau douce de basse altitude qui jalonnent la côte de la Colombie-Britannique. En creusant dans les sédiments, le chercheur et ses étudiants ont trouvé des couches de sable océanique renfermant des fossiles marins, une preuve irréfutable qu’une imposante vague océanique a un jour atteint ce lac. Ils ont ensuite pu déterminer à quel moment avait eu lieu la catastrophe en situant les fossiles dans le temps grâce à une technique de datation au carbone.

Le tremblement de terre de magnitude 7.7 survenu en octobre dernier à Haida Gwaii (archipel au Nord-Ouest de la Colombie-Britannique) ou celui de magnitude 7.5 qui a frappé les côtes de l’Alaska ce 4 janvier représentent de rares opportunités de recherche. « Nous n’avons pas beaucoup de gros tremblements de terre en Colombie-Britannique, c’est donc une chance d’étudier ce qu’une secousse peut donner ici », dit Clague, qui collabore avec des scientifiques de Ressources Naturelles Canada et du Ministère des Forêts.

Jusqu’à présent, un survol de la zone a révélé un grand nombre de glissements de terrain sur l’île Moresby, la plupart d’entre eux situés près de l’épicentre du séisme. Les chercheurs projettent maintenant l’acquisition d’images satellite de toutes les zones de glissement de terrain, et assureront un suivi l’été prochain avec du travail de terrain dans les endroits où les ruptures de pentes sont les plus marquées. Ils vont également étudier la géologie locale pour déterminer le lien entre les mouvements du sol lors du tremblement et les glissements de terrain.

« Nous allons regarder à quels types de ruptures de terrain nous avons affaire », dit Clague. « Etaient-ce des éboulements en profondeur ou des ruptures en surface ? ». Si ces deux scénarios peuvent être dangereux, ils ont cependant des implications très différentes. « L’enjeu c’est de comprendre ce qu’il peut arriver lorsqu’un sol est soumis à une certaine dose de secousses sur une durée déterminée ». Clague précise qu’une ligne de faille très longue court le long du plancher océanique des côtes de l’Archipel Haida Gwaii. Il y a eu une rupture de 200 km sur cette faille en 1949, ce qui a déclenché à l’époque un tremblement de terre d’une magnitude 8.1 près de l’île Graham. Le chercheur explique qu’il pourrait y avoir eu accumulation de suffisamment de contraintes depuis les 60 dernières années pour déclencher une autre secousse de grande ampleur dans un avenir prévisible.

M. Clague tente de combler le fossé qui sépare les scientifiques et le reste de la société. « L’écart entre les connaissances détenues par les spécialistes des sciences physiques et le moyen de les mettre en oeuvre dans les processus de prise de décision a toujours existé », observe le chercheur. Le Centre for National Hazard Research de SFU organise tous les ans des ateliers destinés aux décideurs municipaux, régionaux et provinciaux afin de les « inciter à planifier », ajoute-t-il.

Pour en savoir plus, contacts: John Clague – Chercheur à la Simon Fraser University : jclague@sfu.ca

Sources: – Communiqué du 9 janvier 2013 de la Fondation Canadienne pour l’Innovation:  http://www.innovation.ca/fr/RechercheenAction/Envedette/Sepr%C3%A9pareraupire0
- Communiqué du 6 décembre 2012 de la Simon Fraser University : http://www.sfu.ca/sfunews/stories/2012/earthquake-opportunity.html

Rédacteurs: Didier Marty-Dessus – Attaché scientifique à Vancouver: didier.marty-dessus@diplomatie.gouv.fr

Origine :BE Canada numéro 414 (25/01/2013) – Ambassade de France au Canada / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/72088.htm

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