Des cafards télécommandés à la rescousse

Par la rédaction | 27 septembre 2012 | 1 commentaire

(vidéo) Les cafards biobotiques, ainsi les décrit leur concepteur américain, peuvent être téléguidés, ce qui pourrait servir par exemple pour localiser des survivants dans des ruines.

par Tuan C. Nguyen

La vue d’un cafard n’est pas franchement réjouissante. Mais avec leur incroyable aptitude à se faufiler dans de minuscules fissures, à grimper le long des murs ou même à ramper la tête à l’envers, ils pourraient être d’une grande aide pour repérer les survivants pris au piège sous les décombres après une catastrophe telle qu’un séisme.

C’est en pensant à cela que des chercheurs de l’université d’État de Caroline du Nord ont développé une technique qui permet à ces bestioles d’être télécommandées au moyen d’une interface électronique. Pour cela, elles sont équipées de matériel de toutes sortes, tel que des capteurs, une puce d’interface et des électrodes.

Image de prévisualisation YouTube

Si tout ceci commence à éveiller en vous l’idée d’une technologie diabolique de contrôle de l’esprit des insectes, rassurez-vous. Le système embarqué est composé d’une puce émettrice/réceptrice sans fil qui est connectée à un microcontrôleur fixé sur les antennes et les cerques du cafard.

Les cerques, c’est-à-dire les organes sensoriels situés sur l’abdomen du cafard, servent normalement à détecter les mouvements qui suggèrent la présence d’un prédateur en approche. Pour leur part, les chercheurs utilisent les fils électriques reliés aux cerques pour inciter le cafard à avancer en lui faisant croire que quelque chose l’approche par derrière. Quant aux fils reliés aux antennes, ils servent de rênes électroniques, injectant de petites charges électriques dans le tissu neural du cafard, ce qui lui fait croire que ses antennes sont en contact avec un obstacle physique, le poussant à aller dans la direction opposée.

Donc, en substance, les mouvements contrôlés du cafard sont le résultat d’une astucieuse supercherie. Il n’y a donc pas de manipulation mentale à l’œuvre ici, même si l’on peut se demander pourquoi les chercheurs ne se contentent pas de fabriquer des versions robotisées des cafards.

« Nous avons décidé d’utiliser des cafards biobotiques à la place de robots, car la conception de robots à une telle échelle est très délicate et les cafards sont experts s’agissant de survivre à un environnement aussi hostile », explique Alper Bozkurt, professeur agrégé en génie électrique à l’université d’État de Caroline du Nord et coauteur d’un article (PDF) sur ces travaux.

Précédemment, Alper Bozkurt avait développé des interfaces similaires pour guider des mites, utilisant également des « sacs à dos » électroniques implantés.

« À terme, nous pensons que cela nous permettra de créer un réseau mobile de capteurs intelligents qui utilise des cafards pour collecter et transmettre des informations, notamment pour retrouver des survivants dans un bâtiment qui a été détruit par un séisme », ajoute-t-il.

Illustration: université d’État de Caroline du Nord

À lire aussi

« Avatar »: contrôler un robot par la pensée via un scanner cérébral – 1er août 2012

Biomécanique: un pas vers des robots à démarche humaine – 17 juillet 2012

Des robots fourmis pour aider les sauveteurs lors de catastrophes naturelles – 4 juillet 2012

Un robot comme chien guide d’aveugle – 5 juin 2012

Un robot spatial miniature qui pourrait se nourrir de boue – 19 janvier 2012

Compil 2011: un défilé de robots – 15 décembre 2011

Mots-clefs :, ,

 
Reply to Story

SmartPlanet TalkbackPartagez vos idées et votre expertise sur ce sujet

S'inscrire à cette discussion via RSS

  • 1

    Océane

    28 novembre 2012

    Une idée très intéressante et pratique. Félicitations! La chose la plus importante est la modalité de repérer les survivants pris au piège.

Les balises suivantes sont supportées :
<b> <i> <u> <pre>
publicite
publicite