Des mouches à viande à la rescousse des chercheurs pour recenser des populations animales | SmartPlanet.fr

Des mouches à viande à la rescousse des chercheurs pour recenser des populations animales

Par Janet Fang | 15 janvier 2013 | 0 commentaire

Allant dans des zones peu ou pas accessibles aux humains, des espèces de mouches à viande prélèvent de l’ADN lorsqu’elles se nourrissent, et procurent aux scientifiques de précieuses informations.

Avec l’aide de mouches à viande, les scientifiques peuvent créer des instantanés rapides et bon marché de la diversité animale dans des forêts autrement inaccessibles, rapporte Nature News.

Les Calliphoridae et les Sarcophagidae, qui se nourrissent de mammifères morts, prélèvent également l’ADN. Il s’avère que cet ADN reste dans leurs intestins suffisamment longtemps pour être séquencé, fournissant aux scientifiques un inventaire des espèces et un suivi de l’état des populations menacées.

Une équipe dirigée par Sébastien Calvignac-Spencer au Robert Koch Institute de Berlin a découvert un moyen de récupérer des fragments d’ADN qu’il serait beaucoup plus difficile à trouver chez les mammifères (dont les intestins sont plus efficaces pour décomposer la nourriture grâce aux acides et enzymes). Les mouches ont un système digestif moins sophistiqué.

- Les scientifiques ont dressé des filets et des pièges contenant de la viande dans le parc national de Taï, en Côte d’Ivoire, et dans la réserve de Kirindy, à Madagascar.

- Environ 40% des mouches qu’ils ont récupérées transportaient de l’ADN de mammifères, qu’ils ont ensuite séquencé.

- Ils ont identifié 16 mammifères en Côte d’Ivoire, dont le céphalophe de Jentink, une espèce d’antilopes menacée d’extinction dont il reste moins de 3.500 individus.

- À Madagascar, ils ont identifié quatre espèces de mammifères, soit un huitième de tous les mammifères que compte l’île.

Les mouches pourraient également aider à suivre l’état des populations en danger plus efficacement que les recherches actives, suggèrent les chercheurs. Par exemple, le virus Ebola a tué des milliers de gorilles au Congo et au Gabon il y a dix ans, mais le suivi actif n’a permis de trouver que 44 carcasses. Les mouches pourraient être très utiles, notamment pour surveiller l’extinction des chauves-souris et rongeurs, plus difficiles à repérer.

Ces travaux ont été publiés début janvier dans Molecular Ecology.

via Nature News

Photo: mouche à viande par Saleem Hameed via Wikipédia, sous licence Creative Commons CC by

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