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Des organes de remplacement en utilisant des cellules de l’organisme

Par la rédaction | 28 septembre 2012 | 2 commentaires

Des organes bioartificiels créés avec des cellules souches sur une structure de plastique: c’est une voie qu’explorent des chercheurs, qui ont notamment remplacé une trachée cancéreuse et guéri un patient.

par Laura Shin

L’un des problèmes avec les transplantations d’organes est le risque que l’organisme rejette l’organe étranger. C’est pourquoi les receveurs d’organes doivent prendre des médicaments qui suppriment leur système immunitaire.

Des scientifiques ont obtenu des résultats préliminaires encourageants avec un nouveau moyen de donner aux patients les nouveaux organes dont ils ont besoin : des organes bioartificiels composés de plastique et de cellules du patient.

Pour l’instant, seuls quelques organes de ce type ont été créés et transplantés, et il ne s’agit pas d’organes complexes, mais plutôt simples tels que des vessies et une trachée. Cependant, le New York Times indique que des scientifiques sont en train de travailler à la création d’organes plus complexes tels que rein et foie à l’aide de ces techniques.

Une trachée sur commande

L’article du New York Times présente le cas d’Andemariam Beyene, chez qui les médecins ont découvert une tumeur de la taille d’une balle de golf dans sa trachée il y a deux ans et demi. Alors qu’il ne lui restait quasiment plus d’options pour son traitement, il est allé voir le Dr Paolo Macchiarini, au Karolinska Institute de Stockholm, qui a suggéré de créer pour M. Beyene une trachée composée de plastique et de ses propres cellules.

Pour ce faire, le Dr Macchiarini a commencé par utiliser un plastique fibreux et poreux pour fabriquer une réplique de la trachée de M. Beyene. Il y a ensuite implanté des cellules souches issues de la moelle osseuse de M. Beyene et placé la trachée dans un incubateur qui l’a fait tourner dans une solution à base de nutriments « comme un poulet sur une rôtissoire », explique le New York Times.

Enfin, il a remplacé la trachée cancéreuse de M. Beyene par celle-ci.

Quinze mois après l’opération, le cancer de M. Beyene a disparu.

La méthodologie

Les scientifiques se tournent vers la nature pour savoir comment créer ces organes bioartificiels.

Dans le laboratoire du Dr Macchiarini, un chercheur nommé Philipp Jungebluth a prélevé le cœur et les poumons d’un rat et les a placés dans un bocal en verre. Un liquide de type détergent a été introduit dans le bocal par l’intermédiaire d’un tuyau puis extrait, dépouillant lentement les organes de leurs cellules vivantes. Une fois toutes les cellules éliminées (en trois jours), il ne restait plus des organes que l’ossature, autrement dit la forme de base de l’organe, composée d’une matrice de protéines et d’autres composés qui maintiennent les bonnes cellules aux bons endroits.

Les ossatures humaines pourraient être plus adaptées à la fabrication de nouveaux organes que les ossatures synthétiques qui se contentent d’imiter la nature. Par exemple, les poumons des donneurs pourraient être dépouillés de leurs cellules et recevoir les cellules du patient avant l’implantation.

Le Dr Macchiarini a utilisé des ossatures pour transplanter avec succès des trachées issues de cadavres sur une dizaine de patients qui n’ont pas le problème majeur auquel sont confrontés les autres receveurs d’organes: le risque de rejet.

Toutefois, ces ossatures rencontrent quand même certains des problèmes identiques aux transplantations d’organes traditionnelles: elles ont besoin d’organes, pour lesquels il existe une longue liste d’attente, et le patient doit attendre que l’organe soit dépouillé de ses cellules. En outre, si l’on s’en tient aux trachées, une trachée issue d’un don d’organe peut ne pas être de la bonne taille. C’est pourquoi la trachée de M. Beyene, composée de la réplique en plastique de sa propre trachée, convient parfaitement.

Le Dr Macchiarini imagine des améliorations futures sur ces travaux encore préliminaires. Le New York Times raconte que la réimplantation des cellules d’un nouvel organe pourrait un jour ne plus avoir lieu à l’extérieur de l’organisme.

« À la place, il envisage de développer des ossatures encore plus abouties et de les implanter sans cellules, en s’appuyant sur les médicaments pour stimuler l’organisme afin qu’il envoie des cellules vers le site. Son rêve ultime serait d’éliminer jusqu’à l’ossature synthétique. Les médicaments permettraient à l’organisme de reconstruire sa propre ossature. »

« On ne toucherait pas au patient », a expliqué le Dr Macchiarini au New York Times. « On se contenterait d’utiliser son organisme pour qu’il recrée son propre organe. Ce serait fantastique. »

Via The New York Times

Illustration: Gray’s anatomy via Wikimedia

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  • 1

    Lecteur

    3 octobre 2012

     » cellules souches issues de la moelle épinière de M. Beyene »

    Moelle osseuse plutôt ?

  • 2

    Thierry Noisette

    3 octobre 2012

    @Lecteur
    Vous avez raison, erreur de traduction. Corrigée, merci.

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