Revue de web: soutenu par plusieurs grandes entreprises allemandes, le projet Desertec veut créer un grand réseau approvisionnant l’Europe en ENR, notamment solaire, venues de Méditerranée.
Le soleil des pays dotés de larges étendues désertiques est une précieuse ressource, qui suscite l’intérêt depuis près d’un siècle, rappelle un grand article du Guardian.
Le quotidien britannique cite parmi les travaux en cours une centrale électrique hybride, au gaz naturel et au solaire thermique, dans laquelle 6.000 miroirs (chacun haut de six mètres) dans le désert près de la ville égyptienne de Beni Suef, contribueront bientôt au septième des 150 MW de capacité attendue de la centrale.
Le Guardian présente le physicien allemand Gerhard Knies, qui après la catastrophe de Tchernobyl a étudié l’apport possible du solaire aux besoins en énergie de l’humanité. Sa conclusion en 1986: en six heures, les déserts du monde entier reçoivent plus d’énergie du soleil que n’en consomme l’humanité en toute une année. Aussi, capter même une toute petite partie de cette énergie permettrait d’abandonner les énergies fossiles et dangereuses. Une surface du Sahara grande comme le pays de Galles (soit 21.000 km2) alimenterait, en théorie, toute l’Europe.
Les travaux de Gerhard Knies ont abouti au projet Desertec, qui ambitionne d’ici 2050 de produire 15% de l’électricité consommée par l’Europe, via un grand réseau de parcs solaires et éoliens à travers la Méditerranée, connectant l’Europe continentale aux pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient (MENA en anglais) par des câbles à haute tension. Le coût total de ce projet est estimé à 400 milliards d’euros.
Siemens et E.ON parmi les soutiens de Desertec
Longtemps considéré comme utopique, relève le quotidien anglais, Desertec a obtenu ces deux dernières années le soutien de plusieurs très grandes entreprises allemandes, financières et industrielles, comme E.ON, Munich Re, Siemens et Deutsche Bank, qui ont constitué la Desertec Industrial Initiative (Dii).
La décision allemande, après Fukushima, de sortir du nucléaire, et les chiffres inquiétants de l’AIE et d’autres organismes sur l’augmentation continue du CO2 dans l’atmosphère ont contribué à susciter l’intérêt pour Desertec.
Sa première phase concrète sera la construction l’an prochain au Maroc d’une ferme solaire de 500 MW, près de Ouarzazate. Ce projet installé sur 12 km carrés doit servir de pilote pour Desertec, avant une réplication dans d’autres pays méditerranéens.
Le Maroc prévoit de doubler sa consommation électrique
Avec parmi les nombreux défis que pose le projet celui du désir des pays concernés de consommer eux-mêmes les nouvelles ressources: le Guardian cite un membre de l’Agence marocaine de l’énergie solaire, qui indique que d’ici 2020 le Maroc prévoit de doubler sa consommation d’électricité.
Et si le pays dépend à 97% actuellement d’énergies étrangères, il compte à la fois aller vers l’autosuffisance et vers 42% d’électricité issue d’énergies renouvelables d’ici 202.
Des projets à plus petite échelle existent aussi en matière d’exportation d’énergie renouvelable. Le 11 mai dernier, le ministre français de l’Industrie, Eric Besson, annonçait que la France et le Maroc lanceront la première expérimentation d’électricité solaire du sud vers le nord de la Méditerranée. Et la Grèce, dans la tourmente financière et politique, a des échanges soutenus avec l’Allemagne pour lui vendre son énergie solaire.
Source: Could the desert sun power the world? – The Guardian
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