Un satellite allemand hors d’usage, Rosat, va tomber fin octobre ou début novembre. 1,6 tonne de débris devraient parvenir jusqu’au sol.
Jouer au Loto ou à Euro Millions, c’est espérer décrocher un gros lot avec respectivement une chance sur près de 14 millions (précisément 13.983.816) et une chance sur 116 millions (116.531.800 exactement).
À comparer à un jeu où l’on aurait une chance sur 2.000 ou 3.000: hélas, il s’agit ici de la probabilité qu’un satellite tombe sur des humains lors de sa chute sur Terre, dans le dernier et le prochain cas connus. Le premier n’a pas fait de bobo semble-t-il, reste à espérer qu’il en sera de même pour le prochain.
Des débris éparpillés sur le Pacifique sud
La Nasa égare parfois ses archives (les enregistrements originaux de la mission lunaire de 1969, dont la perte a été annoncée en 2006, n’ont jamais été retrouvés). Malheureusement il lui arrive aussi de perdre des satellites. Samedi 24 septembre, l’un d’eux, UARS (Upper Atmosphere Research Satellite), s’est abattu dans le sud de l’océan Pacifique, où ses débris se sont étalés le long d’une bande de 800 km.
Sauf nouvelle contraire, il semble qu’aucun navire ou habitant d’une petite île n’ait été victime de ces détritus spatiaux (532 kg en tout parvenant au sol en plusieurs morceaux, prévoyait la Nasa depuis 2002 – PDF).
La probabilité qu’un débris d’UARS atteigne un humain était évaluée à une chance sur 3.200.
À peine a-t-on eu le temps de souffler qu’il faut se préparer à une nouvelle chute, cette fois celle d’un satellite allemand hors-service, Rosat (pour « Roentgen Satellite »). Ce téléscope spatial à rayons X devrait tomber vers fin octobre ou début novembre, quelque part entre le Canada et l’Amérique du Sud. Le lieu et l’heure sont comme on le voit encore assez flous…
Selon l’agence spatiale allemande (le Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt, Centre allemand pour l’aéronautique et l’aérospatiale, ou DLR – voir Wikipédia), il y a une chance sur 2.000 que quiconque soit frappé par un morceau de son satellite perdu.
Des matériaux trop résistants
L’engin n’a qu’une masse de 2,4 tonnes (contre 6 tonnes pour UARS), mais 1,6 tonne devrait arriver jusqu’au sol, éparpillée en une trentaine de morceaux. Une résistance exceptionnelle pour un engin spatial, qui tient à ses matériaux: le télescope contient un système optique à rayons X avec des miroirs et une structure en fibre de carbone, qui pourrait constituer le plus gros bloc parvenant à terre.
Désactivé en 1999, Rosat n’a pas de propulsion qui permettrait de guider sa rentrée.
La surveillance des débris spatiaux fait l’objet d’échanges entre agences spatiales au sein d’un comité international, l’Inter-Agency Space Debris Coordination Committee (IADC – sur le site duquel on ne trouve aucune information sur UARS ni Rosat), indique l’Agence spatiale européenne (ESA).
Il y a quelques semaines, un rapport officiel américain a averti que la quantité de déchets en orbite atteint « un point critique » et devient telle qu’elle risque de déclencher un effet boule de neige et de menacer l’activité des satellites et des astronautes.
Sur la Toile
Second big satellite set to resist re-entry burn-up – New Scientist
Rosat – présentation (en anglais) du satellite, de sa mission, FAQ etc. – DLR (agence spatiale allemande)
La rentrée dans l’atmosphère de Rosat (en anglais) – DLR
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