Énergies marines: Éric Besson annonce « une feuille de route pour l’hydrolien »

Par Thierry Noisette | 21 mars 2012 | 1 commentaire

Le courant du Raz Blanchard, dans la Manche, doit faire l’objet d’un appel d’offres d’ici deux ans. Le ministre de l’Industrie a aussi promis que les résultats du premier appel pour l’éolien offshore seront publiés en avril.

Le ministre chargé de l’Industrie et de l’Energie Eric Besson a annoncé (PDF), à l’occasion d’une visite* au siège de DCNS, « une feuille de route pour l’hydrolien », avec « l’objectif de faire de la France le premier pôle européen des énergies marines renouvelables, avec de nouvelles filières industrielles à forte valeur ajoutée, compétitives à l’exportation et qui peuvent générer des dizaines de milliers d’emplois ».

Il a promis que les résultats du premier appel d’offres de 3.000 MW pour l’éolien offshore seront annoncés en avril, et déclaré que « le gouvernement prépare activement le deuxième appel d’offres » (l’ex-ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet avait annoncé le 7 février que les zones retenues pour ce deuxième appel seraient annoncées en avril).

Eric Besson a aussi rappelé plusieurs mesures du gouvernement pour les énergies marines:

  • Création de l’institut d’excellence énergies décarbonées France Energies Marines, dont le conseil d’administration a été installé le 15 mars à Brest et qui bénéficiera d’un financement de l’Etat pour 34,3 millions d’euros au cours des 10 prochaines années.
  • Financement de 5 projets technologiques pour 40 millions d’euros: 2 pour l’éolien offshore flottant (Winflo en Bretagne et Vertiwind en région PACA), 2 pour les hydroliennes (Orca et Sabella-D10), et 1 dans le domaine de l’énergie de la houle (S3).

Au total, près de 80 millions d’euros des investissements d’avenir ont été investis par l’Etat dans les énergies marines renouvelables. Le ministre a annoncé le lancement d’un nouvel appel à manifestation d’intérêt (AMI) d’ici la fin de l’année « pour les technologies qui en auraient besoin ».

Eric Besson a affirmé que toutes les conditions étaient désormais réunies pour faire émerger une deuxième filière industrielle française des énergies marines renouvelables, avec les hydroliennes sous-marines. Son programme pour y parvenir est le suivant:

  • d’’ici la fin avril, le ministère chargé de l’Energie publiera une demande d’information en vue d’exploiter le potentiel français du Raz Blanchard, courant de marée qui constitue en Manche le deuxième gisement hydrolien d’Europe. Cette démarche « permettra aux industriels et aux énergéticiens de proposer des solutions techniques et des schémas financiers ». Les services de l’Etat prépareront parallèlement la définition des zones possibles d’installation des hydroliennes. Les résultats de la demande d’information devront être disponibles avant fin 2012.
  • D’ici la fin de l’année, Réseau de Transport d’Electricité (RTE) précisera les conditions dans lesquelles les champs d’hydroliennes du Raz Blanchard pourront être raccordés au réseau national d’électricité. Cette mission tiendra compte de l’accord en vue de développer une interconnexion sous-marine entre l’Angleterre, l’île anglo-normande d’Alderney (Aurigny en français) et la France, signé le 17 février à Paris, à l’occasion du sommet franco-britannique (voir points 19 et 20 de la déclaration de Nicolas Sarkozy et David Cameron). Cet accord entre RTE, Alderney Renewable Energy et Transmission Capital porte précisément sur l’évacuation de l’électricité produite par les courants marins du Raz Blanchard.
  • L’objectif est de pouvoir lancer avant deux ans un appel d’offres commercial du type de l’éolien offshore.

Pour mettre en oeuvre cette feuille de route, Eric Besson réunira début avril l’ensemble des services de l’Etat pour un premier point d’étape.

* A l’occasion de cette visite du ministre, qui a aussi inauguré le premier modèle d’éolienne offshore d’Alstom, étaient présents Patrick Boissier, PDG de DCNS, Michel Aymerric, secrétaire général de la Mer, Jean-Yves Perrot, président de l’IFREMER, Vincent Denby-Wilkes, président de France Energies Marine, Francis VALLAT, président du Cluster Maritime France, Jean-Marie Carnet, délégué général du Groupement des Industries de Construction et d’Activités Navales, Hervé Moulinier, président du pôle de compétitivité Mer Bretagne, Patrick Baraona, directeur du pôle de compétitivité Mer PACA, Michel Morvan, directeur Technopôle Brest-Iroise, et Michel Sevin, directeur général de Ports Normands Associés, ainsi que des élus des régions Basse-Normandie et Bretagne.

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  • 1

    causse

    22 mars 2012

    SEDENTARISATION DE L’HOMME sur MER. Ivan Causse1 Ingénieur – 15 mai 2012-
    Enfin le début de l’énergie éolienne offshore en France !…L’appel d’offre (A.O.) de juillet 2011 prévoit la sélection des entrepreneurs chargés de réaliser les 5 parcs en avril. L’administration finit de reformer la gestion du littoral, suite au Grenelle de la mer, mais ce n’est pas encore « le guichet unique ».Le secteur privé s’est mis en ordre de marche et l’on ne compte plus les Pôles, Technopoles,…Clusters, Consortia, Instituts d’excellence, IEED -
    -La 1eretranche ne concerne que l’énergie éolienne avec exploitation extensive et coloniale des ressources brutes sans aucune valorisation locale. La 2etranche de l’A.O. (3000 MW aussi) doit modifier le cahier des charges et on devrait y privilégier une vision innovante.
    - L’énergie en un point donné, en mer, est un mix : vents, houle, courants, solaire, thermodynamique. L’histoire montre qu’elle a toujours accompagné l’évolution de l’homme et ses ruptures : par ex. la vapeur, le charbon .Plus récemment la houille blanche a d’abord fixé les populations montagnardes, puis crée des usines électrochimiques et électrométallurgiques (Savoie, Tarentaise et Maurienne), le tourisme d’été et enfin le tourisme d’hiver (1945) en s’appropriant la haute montagne. Mais déjà les Plateformes multi-énergies en mer, apparaissent : projet H2Ocean en catalogne, San Diego usa, Malte … Les concepts sont : sobriété, autonomie et stockage de l’énergie, smartgrid, implantation locale de gros consommateurs d’énergie,(data center, froid industriel,…),création systématique d’une valeur ajoutée locale, approche avec mesure d’une économie de pénurie.
    - L’évolution de l’homme en mer sous la pression démographique littorale, doit être pensée au delà du nomadisme et de la cueillette. Des projets (souvent vues d’artistes) présentent des iles artificielles, des navires gigantesques. L’architecte marin, académicien ROUGERIE2 évoque une université de 7000 personnes en 2050 mais aussi des villages de la mer de 50/100 personnes pour des séjours de 3/6 mois. L’industrie pétrolière exploite en mer du nord, depuis 40 ans, des plateformes de vie pour plusieurs centaines de célibataires et séjours de 15/28 jours. Le parc éolien Danois, Horns Rev 2, à 30 km en mer du nord, possède une plateforme d’habitation pour 24 personnes et un poste de transformation électrique. Mais déjà l’axe maritime, Baltique, Mer du nord, Mer celtique est traversé d’éléments du futur grand réseau de transport électrique : Supergrid.
    - Le premier site habité permanent rassemblerait une collectivité diversifiée (un village triangulaire de 800m) pour200/400 personnes résidentes permanentes à une distance de 7/14 km de la cote. Cela correspond à chacun des 5 parcs choisis dans l’A.O. mais aussi à l’ouest Cotentin, du Raz Blanchard au Passage de la Déroute, hors de l’horizon du mont St Michel. Comme tous nos villages ruraux, les liaisons vicinales sont primordiales .Au delà des navettes maritimes, à hydrogène bien sur, et hélicoptères, le télécabine mixte à conteneurs spécialises pour le fret (2,5 tonnes sous crochet permettant, par ex. Le transport du poisson depuis le bateau en mer jusqu’aux marchés nationaux, sans rupture de froid ni de charge)
    - Comment ne pas intégrer la sédentarité sur mer, dans les études fondatrices en cours : NACRE, Navire du Futur, réorganisation portuaire, Port du Futur, nouvelle flottille de pèche, audit des écoles Hydro et création de l’Ecole Nationale Supérieure Maritime…comment ne pas intégrer au nouvel enseignement maritime, une pédagogie de l’objet réel (O.R.) au delà du monde artificiel littoral des aquariums, parcs de jeux et à thèmes, musées. La pédagogie de l’O.R. dés les classes en mer, jusqu’aux écoles d’ingénieurs mais aussi, en associant le grand public des le chantier, comme prévu dans le grenelle de la mer.
    -Technologiquement, le pylône éolien naval innovant (P.E.N.I.), au lieu d’être le repoussoir des esthètes de la mer, constitue par sa robustesse la colonne vertébrale des sites en mer. Il sert de support au télécabine associé a la plateforme piétonnière et chemin des câbles de la liaison terre-mer mais aussi d’ancrage et d’accès pour les hydroliennes et autres objets sous-marins. Aucun câble ni tuyau sur le sol marin, ni sur l’estran et protection du benthos-L’accord franco-britannique du 17.fev.2012 offre une opportunité rare : les hydroliennes dans le raz Blanchard et l’ile d’Aurigny ainsi qu’une liaison électrique de 1800 MW vers l’Angleterre. La liaison de 16 km (dont 50 % en France) comprendrait avec des portées de 800 m, 19 P.E.N.I.de 6 MW (soit 114 MW sans compter les hydroliennes et le câble standard de 1800MW)-
    Conclusion
    -Au-delà du trait de cote et de l’estran, il y a une rupture entre la civilisation des nomades de la mer, aux objectifs réactionnaires de défense de l’acquis, et les nouveaux sédentaires Merriens2 .La nouvelle génération Y (18-30 ans) est prête à TRAVAILLER ET VIVRE SUR MER3 et à S’Y REPRODUIRE4. Une écologie de l’admiration contre une écologie vintage de l’accusation. Plaisir de vivre ensemble sur une nouvelle frontière.
    -En avril prochain, la sélection des entrepreneurs du 1er A.O. éolien offshore et surtout la définition du 2e A.O.représente une lourde responsabilité pour la C.R.E. et les trois ministres compétents. Le citoyen se souviendra de leurs noms et surtout de leur perspicacité -

    - 1-Google,lemonde.fr Ivan Causse offshore 11 mai 2009 – 2 -Jacques ROUGERIE Centre d’architecture de la mer – 3 – Google lemonde.fr Ivan Causse offshore 18 mai 2010 – 4 -Françoise HERITIER anthropologue, ethnologue -

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