Eric Besson: les énergies renouvelables nécessitent le smart grid

Par Thierry Noisette | 31 mars 2011 | 0 commentaire

Le ministre de l’Industrie a souligné le maintien du nucléaire, tout en rappelant le choix de développer les énergies renouvelables. Il a exposé les différents soutiens financiers publics au smart grid.

Eric Besson, ministre chargé de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique, a participé mardi 29 mars au Smart Energy Summit organisé par The Economist, une réunion qui comme son nom l’indique portait sur les réseaux électriques intelligents.

Il a affirmé le maintien du nucléaire prédominant, en déclarant* : « La France a fait le choix historique d’investir massivement dans l’énergie électronucléaire, qui lui confère un prix de l’électricité en moyenne 40% moins élevé que dans le reste de l’Europe.

Elle ne reviendra pas sur ce choix, qui s’accompagne d’un renforcement continu des exigences de sûreté comme l’a rappelé le Premier ministre.

Mais la France a également fait le choix, à travers le Grenelle de l’environnement, de développer les nouvelles technologies de l’énergie. Ces technologies concernent la production d’énergies renouvelables, comme l’éolien off shore, mais également la gestion intelligente de la consommation énergétique des bâtiments, et le déploiement des véhicules électriques.

Chacune de ces nouvelles technologies présente un défi à relever.

Le premier de ces défis, c’est celui de l’intermittence des énergies renouvelables, qui occuperont une place croissante dans notre bouquet énergétique pour atteindre 23% en 2020. Cette intermittence peut fragiliser le système électrique si elle n’est pas anticipée et pilotée par un réseau ‘intelligent ‘. »

« Une excellence française dans la micro-électronique et l’informatique »

Le ministre a vanté parmi les atouts de la France pour les futurs réseaux « Une filière électrique performante », « des opérateurs de réseaux reconnus mondialement pour leurs compétences: RTE, ERDF, France Télécom-Orange, Bouygues Télécom », « des équipementiers majeurs: Alstom, Schneider Electric, Legrand, Leroy-Somier, Alcatel Lucent », et « une excellence française dans la micro-électronique et l’informatique, qui constituent les nouvelles clés des ‘smart energy’.

Ces facteurs clés de succès dans les smart grids sont d’ailleurs reconnus et appréciés par d’autres acteurs mondiaux présents en France, comme Siemens, General Electric, Emerson, IBM, Toyota et Cisco. »

Eric Besson a souligné les « instruments majeurs du soutien de l’Etat à l’innovation industrielle »:

  • Le crédit impôt recherche, « qui mobilise plus de 4 milliards d’euros »,  et les investissements d’avenir (ex-grand emprunt), « dont trois principaux programmes seront mobilisés au service de la gestion ‘intelligente’ de l’énergie »:
  • Les Instituts d’excellence en matière d’énergie décarbonée, les IEED, auxquels 1 milliard d’euros sera consacré.  L’appel à projet correspondant a été clôturé le 18 février dernier, et le jury instruit actuellement les dossiers reçus.
  • Le programme « développement de l’économie numérique » dispose d’un volet spécifiquement dédié aux smart grids, doté d’une enveloppe de 250 millions d’euros. Un appel à manifestation d’intérêt sur les réseaux électriques intelligents sera publié à ce titre « dans les tout prochains mois ».
  • Le programme « véhicule du futur » et son volet infrastructures de recharge du véhicule électrique a donné lieu à un appel à manifestation d’intérêt pour l’expérimentation d’infrastructures de recharge. Cet appel a été publié le 16 février dernier, et les industriels  peuvent déposer leurs propositions avant le 14 juin.

* NDLR: les extraits mentionnés proviennent de la version écrite du discours d’Eric Besson, sous réserve donc d’éventuelles différences avec le prononcé.

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