Le Premier ministre, en visite à la centrale nucléaire du Bugey, a réaffirmé aujourd’hui la prépondérance maintenue de l’énergie atomique, les énergies renouvelables étant un complément.
Après Nicolas Sarkozy, qui le 3 mai à la centrale de Gravelines avait exposé sa politique énergétique et son soutien au nucléaire, c’est aujourd’hui au tour de François Fillon de se livrer à l’exercice, cette fois à la centrale du Bugey (Ain). Accompagné des ministres de l’Ecologie et de l’Industrie, Nathalie Kosciusko-Morizet et Eric Besson, le Premier ministre a donc, comme le président de la République il y a quatre mois, réaffirmé son soutien à l’énergie nucléaire.
« C’est un engagement intangible des pouvoirs publics et, singulièrement, de mon gouvernement que d’assurer ainsi, dans un processus continu et exigeant, la qualité et la sûreté de notre parc nucléaire ». François Fillon a rappelé que le programme nucléaire du futur était doté d’un milliard d’euros, jugeant que « dans ce domaine, nous pouvons en être fiers, notre pays conserve une avance technologique et une maîtrise internationalement reconnues ».
Sur le plan international, la France a également pris des initiatives pour que soient partagées par le plus grand nombre les exigences qui incombent aux Etats en matière de sûreté nucléaire », a affirmé François Fillon – on se souvient cependant qu’en mai, lors des négociations européennes sur les tests de résistance (stress tests) des centrales nucléaires, la France a fait partie des pays écartant la prise en compte du risque terroriste.
Le gouvernement souhaite la mise en place d’un mécanisme d’intervention rapide « sous la forme, par exemple, de mises à disposition d’experts ou d’équipements spécialisés, pour répondre, si besoin, à la demande en urgence d’un pays victime d’un accident nucléaire ». Parallèlement, « la création d’un centre de formation à la gestion de crise pour les exploitants nucléaires et les autorités gouvernementales constituera un socle efficace pour organiser la meilleure riposte en matière d’accident nucléaire », selon le Premier ministre.
L’Allemagne a pris une « décision radicale »
Passage obligé sur les énergies renouvelables: « La France a besoin du nucléaire. Mais j’ai aussi conscience que nous avons besoin de développer les énergies renouvelables ». L’objectif fixé par le Grenelle de l’environnement d’une montée de notre consommation d’énergie d’ici 2020 à 23 % de sources renouvelables, « nous sommes en train de nous en donner les moyens », avec 1,350 milliard d’euros dédiés aux énergies renouvelables et aux procédés de production décarbonnée dans le cadre du programme d’investissements d’avenir.
Selon François Fillon, il y a « les approches manichéennes dans lesquelles beaucoup voudraient nous enfermer », entre « sortie du nucléaire et tout nucléaire ». Entre ces deux voies, le Premier ministre se veut défenseur d’une « voie responsable » privilégiant l’atome tout en le complétant par des énergies renouvelables.
Il a cité la « décision radicale » de l’Allemagne de sortir du nucléaire d’ici 2022 (il aurait pu aussi mentionner la Suisse et l’Italie), pour vanter a contrario dans le nucléaire choisi et maintenu par la France « une source d’énergie aux qualités incomparables », une source « irremplaçable », même si elle « comporte des risques potentiels ».
Sur la Toile
Discours de François Fillon (vidéo), 29 août 2011
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