La mort de deux enfants le mois dernier en Normandie illustre tragiquement le danger des usines désaffectées et non sécurisées, alerte l’association Robin des Bois.
L’association écologiste Robin des Bois lance l’alarme, après la mort de deux enfants le mois dernier: les sites pollués que constituent souvent les anciennes usines ne sont pas assez protégés ni signalés.
Le 6 mai dernier dans l’Eure, un enfant de 12 ans est mort après s’être introduit dans le local d’un transformateur, dans un ex-atelier de traitement de surface des métaux. Mis en liquidation judiciaire il y a 11 ans, ce site contient encore des matières dangereuses, des métaux lourds et des cyanides.
Le 28 mai en Seine-Maritime, un enfant de 13 ans a fait une chute mortelle de la toiture en amiante ciment d’ateliers désaffectés, qui furent dernièrement employés pour de la chaudronnerie industrielle.
Le premier site est inscrit au fichier BASOL, cette base de données qui liste les sites et sols pollués appelant une action des pouvoirs publics à titre préventif ou curatif, indique Robin des Bois. Le second lieu est inscrit dans l’inventaire BASIAS (Base de données des Anciens Sites Industriels et Activités de Services), un inventaire qui doit « conserver la mémoire des anciens sites industriels pour fournir des informations utiles à la planification urbanistique et à la protection de l’environnement. L’inventaire BASIAS s’intègre dans la politique nationale de gestion des sites et sols pollués. »
L’association déplore:
Ces deux accidents mortels révèlent au grand jour l’insuffisance des dispositifs de sécurité sur les sites pollués, dispositifs physiques empêchant les incursions mais surtout dispositifs d’information à destination des populations, notamment des enfants.
Les risques sont multiples: risques d’intoxication par contact avec des matières dangereuses, de mort par contact avec des équipements électriques, de chute dans des fosses et des trappes cachées, risques d’incendie ou d’effondrement de toiture et de murs dégradés. Les promoteurs spéculent, les aménageurs réfléchissent, les maires et les services de l’Etat ont d’autres chats à fouetter. Les administrateurs judiciaires n’ont pas un sou. Les contentieux s’éternisent. Les finances privées et publiques manquent, l’information préventive est donc inexistante. Des milliers de sites dangereux pour la vie et la santé sont ouverts à tous les vents. C’est la face oubliée de la désindustrialisation.
Le Parisien, qui cite l’alerte de Robin des Bois, précise que la France compte plus de 3.000 friches industrielles potentiellement dangereuses, et que « c’est en Ile-de-France, dans le Nord-Pas-de-Calais, la région Rhône-Alpes, la Basse et la Haute-Normandie que l’on recense le plus de friches ».
L’Ademe intervient en cas de défaillance des propriétaires ou des exploitants. 98 opérations gérées par l’agence étaient en cours de traitement en 2011 et 86 dossiers s’y sont déjà ajoutés cette année, rapporte le quotidien, qui cite Jérôme Goellner, responsable du service des risques technologiques au ministère de l’Ecologie: « L’Ademe y consacre 25 M€ par an, mais les besoins augmentent et l’on ne peut traiter que 20 à 30 sites chaque année. »
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