Deux semaines avant le hackaton de Paris, voici l’exemple à Boston de l’idée du « web propre » (cleanweb), soit l’utilisation de l’informatique pour gérer ressources et énergie. L’idée gagne du terrain parmi les entrepreneurs et les capital-risqueurs.

L'équipe de Divya Energy apporte la touche finale avant de présenter son application permettant de calculer les économies réalisées grâce aux panneaux solaires (crédit: Martin LaMonica/CNET)
BOSTON – Quand internet rencontre les technologies propres.
Un week-end de hackathon a démontré les promesses (et les limites) de l’utilisation du développement d’applications internet et mobiles à des fins d’efficacité énergétique. Pour ses défenseurs, le « web propre » réussira là où les cleantech ont échoué.
Le Cleanweb Hackathon, organisé dans un entrepôt transformé en incubateur technologique au sud de Boston, s’est achevé le 6 mai dernier après un jour et demi de codage à tout-va par environ 80 programmeurs, certains ayant passé la nuit pour terminer leurs démonstrations.
Les 16 équipes ont présenté un ensemble très varié d’applications, mais toutes ont une chose en commun: elles recherchent des moyens d’utiliser les ressources naturelles plus efficacement et de faciliter la vie des consommateurs. Le premier prix était un chèque de 11.000 dollars.
Le projet récompensé et favori du public est un jeu vidéo amusant baptisé Michael Tyson’s Punch House, qui crée un jeu d’arcade animé à partir des données de consommation d’électricité. Une personne confronte son foyer à un domicile de même taille sélectionné au hasard pour jouer en temps réel à qui consommera moins d’électricité. Des revanches sont possibles ou les parties peuvent s’étaler sur de plus longues périodes, précisent ses créateurs.
La source des données est Green Button, un standard simple créé par le ministère américain de l’Énergie et désormais utilisé par un nombre croissant de services publics pour mettre en forme l’historique de la consommation d’électricité.
La deuxième place est revenue à Ride With Me, une application qui permet aux individus d’organiser le partage de voitures via une connexion à Facebook et un réseau d’amis. La troisième place est allée à Divia Energy, qui a développé un calculateur des gains d’énergie obtenus grâce aux panneaux solaires pour sa place de marché en ligne afin d’obtenir des offres sur les installations solaires. La liste complète des « bidouillages » est disponible sur Hacker League.
Étant donné que des groupes ad hoc d’individus ont créé ces applications en l’espace d’un week-end, on ne s’attend pas à ce que des capital-risqueurs remettent tout de suite un gros chèque aux équipes. Néanmoins, certaines des idées présentent un potentiel pour être développées plus avant, notamment celles qui utilisent Green Button ou d’autres sources publiques de données sur l’énergie.
Pendant des décennies, les données des services publics sont restées majoritairement inexploitées, hormis pour facturer les clients. Les applications du web propre essaient souvent d’utiliser ces données et d’autres sources de nouvelles façons. Par exemple, l’un des projets participant au hackathon de Boston permettait aux individus de comparer rapidement les entreprises de services publics sur les marchés concurrentiels. Un autre projet baptisé ActiveGreenScore est une application sociale qui dénombre les utilisateurs se déplaçant à pied ou à vélo par rapport à ceux qui prennent leur voiture.
Honorer la promesse des technologies propres
Parmi les parrains de l’événement, beaucoup étaient des sociétés de capital-risque, ce qui témoigne du fait que les investissements dans les technologies propres ont considérablement évolué au cours des dernières années, s’éloignant des entreprises axées sur le matériel, plus onéreux.
Dans la vague des investissements dans les technologies écologiques qui ont commencé la dernière décennie, de nombreux capital-risqueurs ont soutenu des startups spécialisées dans le solaire, les biocarburants ou les véhicules électriques, sans toujours avoir un plan clair pour commercialiser leurs inventions. L’une des principales difficultés liées à l’investissement dans ces entreprises axées sur la fabrication est le coût pour augmenter la capacité de l’entreprise après que le produit a été conçu.
Les besoins en capitaux élevés ont contraint certaines sociétés de capital-risque généralistes, qui s’étaient essayées aux technologies écologiques, à faire machine arrière. Ensuite, la faillite du fabricant d’installations solaires Solyndra et les attaques partisanes contre les politiques nationales liées aux énergies propres ont effrayé également les grands investisseurs institutionnels, affirment les capital-risqueurs.
Les entreprises du web propre sont créées avec la même idée de rendre l’énergie plus propre et d’améliorer l’environnement que les précédentes entreprises œuvrant dans les technologies propres. Toutefois, au lieu de relever des défis complexes relatifs à la science des matériaux ou à la fabrication, elles se concentrent sur des niches spécifiques, qu’il s’agisse de louer un appartement, d’aider les consommateurs à trouver des appareils économes en énergie ou de marchander des produits alimentaires locaux.
Paris mi-juin
Le web propre « honore la promesse des technologies propres », déclare Blake Burris, coordonnateur principal du Cleanweb Hackathon, qui organise des hackathons à Houston, Paris (du 15 au 17 juin au 104 pendant Futur en Seine), Boulder (Colorado) et Santa Clara (Californie) dans les prochains mois.
Au lieu de développer une autre application Foursquare ou de partage de photos, les participants peuvent s’attaquer aux grands défis sociétaux, tels que le transport, en utilisant la technologie des médias sociaux, des jeux et des mobiles, souligne-t-il. Deux autres hackathons similaires ont été organisés à San Francisco et à New York.
Celui de Boston a montré un haut niveau d’énergie et d’enthousiasme de la part des participants et des organisateurs. Avec suffisamment d’applications intelligentes et créatives, l’association entre technologies internet et technologies propres pourrait avoir un grand impact.
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