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L’hythane promis à un bel avenir dans les transports urbains

Par Elsa Sidawy, Cleantech Republic | 4 juillet 2011 | 0 commentaire

Expérimenté sur deux bus de la flotte dunkerquoise, l’hythane, un carburant alternatif, a prouvé sa viabilité, offrant un débouché prometteur à l’hydrogène.

Il aura fallu cinq ans au projet Althytude (Alternative Hydrogène dans les Transports Urbains à Dunkerque) pour décoller. Cette expérimentation, menée à Dunkerque par GDF Suez, la Communauté urbaine de Dunkerque et l’Ademe, a permis de tester grandeur nature deux bus alimentés à l’hythane.

Améliorant la combustion du gaz naturel, ce carburant alternatif composé de 80% de gaz naturel et de 20% d’hydrogène, permettrait d’assurer un débouché fiable à l’hydrogène dans le domaine des transports.

Un débouché pour l’électricité d’origine renouvelable

Dans le cadre du projet dunkerquois, l’hydrogène était produit par électrolyse de l’eau grâce à l’électricité provenant d’éoliennes et injecté dans une station de gaz naturel, formant ainsi l’hythane. Une fois stocké, ce gaz est réputé aussi stable que le gaz naturel.

Ainsi, les collectivités disposant déjà d’une station gaz naturel véhicule pourront intégrer cette énergie propre en toute sécurité. Avec comme condition préalable de faire quelques adaptations minimes sur leurs véhicules.

Thierry Alleau

« Transformer un moteur thermique pour l’alimenter non plus en gaz naturel mais en mélange hythane, implique des modifications limitées, estime Thierry Alleau, président d’honneur de l’Association française de l’hydrogène (AFH2). Il est assez rapide de changer toute une flotte de bus. »

Tellement simple que les autorités de New Delhi en Inde ont décidé de transformer 10.000 de leurs bus de ville pour les propulser à l’hythane. A Montréal, Vancouver, Palm Springs, Las Vegas ou encore Malmö, des expérimentations similaires ont confirmé la faisabilité de tels projets. En termes d’autonomie, tous ces bus affichent des niveaux sensiblement identiques à ceux du gaz naturel.

La France en retard dans le déploiement de l’hydrogène

Alors que les coûts de recherche freinent le déploiement des technologies liées à l’hydrogène, l’hythane semble une approche séduisante car moins onéreuse et surtout rapide à mettre en place. Le mélange permet ainsi de passer en douceur de l’utilisation du gaz naturel dans les transports à celle de l’hydrogène, sans avoir besoin de recourir aux piles à combustible.

« Passer du tout gaz naturel au tout hydrogène ne serait pas raisonnable, mais l’hythane permet d’assurer une transition de quelques décennies afin que l’utilisateur ne soit pas impacté », analyse Thierry Alleau.

Autre atout écologique, l’hythane permet de troquer une ressource fossile rare par un combustible produit à partir d’énergies renouvelables. Aujourd’hui, de nombreux projets voient d’ailleurs le jour en Europe notamment avec les Programmes-cadres de recherche et de développement (PCRD).

De son côté, GDF-Suez était récemment pilote du projet européen NaturalHy visant à introduire de l’hythane d’origine renouvelable dans le réseau. Si les gaziers sont prêts, les décideurs publics patinent. La France se situe parmi les pays européens les plus chiches en termes de financements publics sur l’hydrogène. A ce rythme, le bus écologique risque d’avoir du retard dans l’Hexagone.

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