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La Banque mondiale met en garde contre la catastrophe du réchauffement climatique

Par Thierry Noisette | 19 novembre 2012 | 1 commentaire

Si les gouvernements ne font pas mieux que les mesures déjà adoptées, alerte un rapport, le dérèglement du climat aura de nombreuses conséquences graves, comme la multiplication des canicules, la baisse des ressources agricoles et en eau, etc.

Terre desséchéePas besoin des billevesées sur un prétendu calendrier maya fixant la fin du monde au 21 décembre 2012, l’humanité seule parvient fort bien à rendre de moins en moins habitable la Terre.

C’est ce qui ressort d’un rapport publié hier par la Banque mondiale, qui alerte sur le risque élevé que la température moyenne mondiale augmente de 4°C (et non de 2°C comme le prévoient les Etats de la planète… sans prendre beaucoup de mesures pour y parvenir). Cette hausse entraînerait « des vagues de chaleur extrême et une élévation dangereuse du niveau des mers », et ses effets frapperont plus durement les régions les plus pauvres du monde.

Selon le rapport, même si les pays respectent leurs engagements actuels de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), la température moyenne mondiale, qui dépasse déjà d’environ 0,8°C les niveaux préindustriels, pourrait encore grimper de 4°C d’ici 2100, et s’ils ne les respectent pas, cette hausse sera atteinte dès 2060.

L’élévation du niveau des mers n’a jamais été aussi rapide qu’au cours des deux dernières décennies, estime le rapport, et cette montée des eaux est perceptible dans de nombreuses régions tropicales de la planète. Ce phénomène s’explique en partie par la fonte de la calotte glacière du Groenland et de l’Antarctique. « Certains éléments indiquent que la fonte des glaces la plus importante observée au cours des 225 dernières années a eu lieu durant ces dix dernières années. »

Les vagues de chaleur extrêmes augmenteront, sévissant presque chaque été dans beaucoup de régions. Mais elles ne seront pas réparties uniformément. La région méditerranéenne subtropicale, l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et certaines parties des États-Unis pourraient connaître une hausse des températures estivales mensuelles supérieure à 6°C.

Rendements agricoles: une augmentation des températures de 4 °C pourrait les faire reculer. En outre, les zones touchées par la sécheresse passeraient de 15,4% des surfaces cultivées actuellement à environ 44% d’ici 2100. Les régions les plus fortement affectées au cours de 30 à 90 prochaines années seront vraisemblablement l’Afrique australe, les États-Unis, l’Europe du Sud et l’Asie du Sud-Est. Le rapport prévoit qu’en Afrique, 35% des terres arables deviendront inadaptées à l’agriculture si la température augmentait de 5°C.

Les ressources hydriques seront également touchées, surtout en Afrique du Nord et de l’Est, au Moyen-Orient et en Asie du Sud. Les bassins hydrographiques du Gange et du Nil sont particulièrement vulnérables. En Amazonie, les incendies de forêt pourraient être deux fois plus fréquents d’ici 2050.

John Schellnhuber, le directeur de PIK (le Potsdam Institute for Climate Impact Research, qui a réalisé le rapport avec Climate Analytics), fait observer que « les réactions du système terrestre au changement climatique ne sont pas linéaires. Si nous dépassons le seuil de 2 degrés pour nous approcher de 4 degrés, le risque de franchir le point de non-retour s’aggrave sérieusement. Le seul moyen d’éviter ce piège est de modifier nos modes actuels de production et de consommation. »

La hausse de 4 degrés n’est cependant pas inévitable, souligne le rapport. L’adoption de politiques de développement durable pourrait permettre de limiter le réchauffement planétaire à moins de 2 degrés, soit le seuil fixé par la communauté internationale – une limite qui fait déjà courir à l’environnement et aux populations humaines des risques non négligeables.

D’après les travaux du groupe de la Banque mondiale sur la croissance verte et solidaire, une meilleure utilisation de l’énergie et des ressources naturelles permettrait de réduire radicalement l’impact du développement sur le climat sans ralentir les efforts de lutte contre la pauvreté ou la croissance économique.

Parmi les pistes envisagées, la Banque mondiale cite une meilleure utilisation de la somme de plus de 1.000 milliards de dollars actuellement consacrée aux subventions pour l’exploitation des combustibles fossiles et autres subventions aux effets pervers sur l’environnement; la prise en compte de la valeur du capital naturel dans l’établissement des comptes nationaux; l’augmentation des dépenses publiques et privées consacrées à l’’infrastructure verte’, capable de résister aux conditions météorologiques extrêmes, et aux systèmes de transports publics urbains conçus pour minimiser les émissions de carbone et maximiser la création d’emplois et l’accès aux service; l’appui aux régimes internationaux et nationaux de détermination du prix du carbone et d’échanges de droits d’émission; l’augmentation du rendement énergétique - en particulier dans les bâtiments - et un meilleur partage de l’énergie renouvelable produite ».

La Banque mondiale aide aujourd’hui 130 pays à lutter contre le changement climatique. L’an dernier, elle a doublé son portefeuille de prêts consacrés aux mesures d’adaptation. Les Fonds d’investissement climatiques gérés par la Banque mondiale dans 48 pays atteignent au total 7,2 milliards de dollars et permettent de mobiliser 43 milliards de dollars supplémentaires dans des investissements pour des technologies propres et l’adaptation au changement climatique.

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  • 1

    Schauber

    20 novembre 2012

    « L’élévation du niveau des mers n’a jamais été aussi rapide qu’au cours des deux dernières décennies ».
    lors du dernier vrai réchauffement climatique il y a 12 000 ans à peu près le niveau de la mer est monté de 100m !! Aujourd’hui on parle de mm/an !! Le plus dur est derrière nous et le plus grand risque que nous courrons est plutôt une nouvelle glaciation qui réduirait sensiblement la productivité agricole.
    Il y a 2 ou 300 millions d’années, il y a avait bien plus de CO2 dans l’air, la température était bien plus élevée qu’aujourd’hui et la végétation était tellement luxuriante qu’elle a permis le développement d’animaux immenses !

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