La Commission a présenté sa stratégie énergétique pour une économie plus sobre en pétrole et en carbone. Elle recommande des investissements de 1,5% du PIB de l’Union, soit 270 milliards d’euros par an. Ces investissements sur 40 ans seraient compensés par les économies obtenues.
La commissaire européenne au Climat, Connie Hedegaard, et son homologue à l’Energie, Gunther Oettinger, ont présenté hier la feuille de route pour transformer l’Union européenne en une économie compétitive et sobre en carbone à l’horizon 2050.
Ses recommandations ont pour ambition de réduire de 25% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, et de réduire la facture pétrolière de de moitié. La Commission européenne y fait ses propositions pour atteindre l’objectif européen de réduire de 80 à 95% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050, par rapport à leur niveau de 1990.
Elle recommande notamment une large rénovation immobilière, une plus grande efficacité énergétique des installations électriques et de chauffage et l’usage de smart grids.
175 à 320 milliards par an d’économies d’énergie
La mise en place de cette économie sobre est évaluée par la Commission à un investissement annuel supplémentaire, sur les quarante prochaines années, équivalent à 1,5% du PIB de l’UE, soit 270 milliards d’euros par an. Ces investissements supplémentaires seront compensés, en totalité ou en partie, par une réduction des factures pétrolière et gazière, affirme la Commission, qui estime que ces économies d’énergie devraient se situer entre 175 et 320 milliards d’euros par an.
L’investissement, notamment dans des réseaux électriques intelligents aura un autre avantage économique: notre facture énergétique actuelle profite largement aux pays tiers, alors que l’investissement dans des technologies pauvres en carbone crée de la valeur ajoutée sur le territoire de l’Union, souligne la feuille de route.
Investir dans ces technologies réduira en conséquence notre dépendance énergétique et notre vulnérabilité aux chocs pétroliers, tout en stimulant la croissance et l’emploi et en réduisant la pollution.
Reste à voir ce que deviendront ces recommandations, sans aspect contraignant: la Commission invite les autres institutions de l’Union à les prendre en considération dans l’élaboration des futures politiques. Et elle annonce que la prochaine étape pour sa part consistera à travailler à des feuilles de route spécifiques par secteurs, avec les acteurs concernés.
« Plus nous attendrons, plus les coûts seront élevés. Du fait de l’augmentation constante du prix du pétrole, l’Europe voit sa facture énergétique augmenter chaque année et devient de plus en plus vulnérable face aux chocs des prix. Amorcer la transition maintenant se révèlera efficace.
Et la bonne nouvelle est que nous n’avons pas besoin d’attendre des percées technologiques. Nous pouvons mettre en place une économie sobre en carbone en poursuivant le développement des technologies performantes déjà disponibles. Tous les secteurs économiques, y compris l’agriculture, le bâtiment et les transports, devront contribuer à cette transition. »
Connie Hedegaard, commissaire européenne au Climat




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