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La plus haute tour préfabriquée au monde s’élèvera à New York

Par Andrew Nusca | 10 janvier 2012 | 0 commentaire

Ce bâtiment de 32 étages est prévu à Brooklyn.

La plus haute tour préfabriquée au monde pourrait être érigée à Brooklyn, et la ville de New York pourra dire merci à SHoP Architects.

Le bâtiment de 32 étages, baptisé « B2″ et censé remplacer un projet rejeté de Frank Gehry sur le site d’Atlantic Yards, regroupera 350 appartements, dont la moitié seront destinés aux familles à revenu faible et modéré. Il fait partie d’un vaste complexe de 4,9 milliards de dollars s’étendant sur 9 hectares qui inclura un nouveau stade pour la future équipe de basket des Brooklyn Nets, qui joue actuellement de l’autre côté du fleuve dans le New Jersey.

L’appellation de « plus haute tour préfabriquée » sonne bien, mais lorsqu’on observe les détails, tout est une question d’efficience et de coût. Le projet initialement retenu de Frank Gehry avait été proposé avant l’effondrement du marché en 2008 ; son successeur se doit donc d’incarner l’austérité de la période qui a immédiatement suivi, sans pour autant sombrer dans la morosité. Après tout, Atlantic Yards est un site de premier plan pour Brooklyn, alors autant éviter le manque d’originalité.

C’est là qu’intervient l’idée de la préfabrication. Nous connaissons le concept consistant à construire des maisons dans une usine stérile, où les conditions sont contrôlées et où la conception modulaire (avec le câblage et les canalisations préinstallés) permet de réaliser de nettes économies sur les coûts de construction.

Mais un gratte-ciel?

La technique a été adoptée par SHoP, dont le travail dans d’autres parties de la ville (le bâtiment C2 proposé pour le Fashion Institute of Technology, le bâtiment Porter House dans le Meatpacking District) justifie de passer à l’étape suivante la plus logique, le bâtiment B2.

Il s’agit néanmoins d’une étape ambitieuse: un modèle numérique en trois dimensions est créé, puis décomposé en éléments (dans le cas du B2, 12.000 panneaux et 940 panneaux composites géants) qui peuvent être fabriqués hors site. Une fois chaque partie découpée et câblée, elles sont transportées jusqu’au site de construction, où elles sont assemblées, un peu comme une immense tour de Lego.

Bien entendu, les choses ne sont pas aussi faciles, mais l’idée est que la préfabrication permet un meilleur contrôle du processus, réduisant les matériaux de rebut, la perte de temps et la marge d’erreur. En d’autres termes, c’est le rêve de tout architecte.

Les syndicats des ouvriers du bâtiment craignent à juste titre que le processus de préfabrication entraîne la suppression de leurs emplois. Si leurs craintes sont en partie fondées, il faudra toujours des individus pour assembler les pièces. Si ce n’est que cette fois, elles seront fournies avec les instructions.

Less Really Is More [New York]

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