La première éolienne flottante de Nass&Wind à la mer en 2013

Par Nicolas Lecoq, Cleantech Republic | 10 mai 2011 | 0 commentaire

L’éolienne flottante du groupe Nass&Wind, dans le cadre du projet Winflo, sera testée au large des côtes bretonnes en conditions réelles en 2013. Le projet bénéficie du soutien du gouvernement et de l’appui de partenaires majeurs. La commercialisation de la machine est prévue pour 2015.

Nass&Wind, bureau d’études français spécialisé dans la production d’électricité à base d’énergies renouvelables, est porteur du projet de parc éolien offshore flottant baptisé Winflo. Le groupe lorientais œuvre actuellement à la mise au point d’une machine éolienne flottante puissante qui sera rapidement testée en Bretagne.

Pour l’heure, Nass&Wind affine le design de son éolienne flottante. « Nous testons une maquette munie de capteurs dans un bassin, explique Xavier Ferrey, directeur de la communication chez Nass&Wind. Mais en 2013 nous mettrons à l’eau un démonstrateur de taille réelle dans le Morbihan pendant 18 mois avant de lancer le processus de fabrication. »

L’industrialisation des premières machines est prévue pour 2015. Nass&Wind entend contribuer à la création d’une filière éolienne industrielle offshore française en espérant produire 100 machines par an en 2020.

Le projet Winflo

Le choix de la région test a été motivé par le besoin de soumettre l’éolienne à des conditions climatiques qui ressembleront à son futur marché. La Bretagne ne produit que 8% de l’électricité qu’elle consomme. Depuis la création du plan Energie pour la Bretagne en 2007, la région s’est engagée très tôt à recourir aux énergies renouvelables. Son objectif: fournir 500 MW en 2015, puis 1000 MW en 2020 à partir d’éoliennes offshore.

« Nous avons fait des études, l’installation de notre démonstrateur a fait l’objet d’un vaste consensus de la part des élus locaux, ajoute Xavier Ferrey. Nous pourrons à terme créer environ 5.000 emplois sur le site. »

Un investissement de 40 millions d’euros dans Winflo

Epaulé par d’importants acteurs industriels et scientifiques (dont DCNS, Ifremer et école d’ingénieurs ENSTA), Nass&Wind compte investir 40 millions d’euros dans Winflo. « Pour ce projet, nous avons obtenu en décembre dernier une subvention de l’Etat de 13,4 millions d’euros, détaille Xavier Ferrey. Cela montre clairement la volonté du gouvernement de soutenir ce programme. »

En outre, Nass&Wind pourra s’appuyer sur le savoir-faire du groupe Vergnet, l’acteur français historique de l’éolien terrestre spécialisé dans l’installation de turbines dans des zones extrêmes. En effet, le 14 avril dernier, Nass&Wind a annoncé son entrée dans le capital de Vergnet.

« Vergnet est un acteur important avec qui nous partageons une philosophie identique, explique Xavier Ferrey. Nous avons beaucoup d’admiration pour leurs ingénieurs qui ont su franchir plusieurs sauts technologiques dans l’éolien. Nous allons affiner notre connaissance du processus industriel. »

Interrogé sur le sujet, Marc Vergnet, président du groupe éponyme, précise que, si sa technologie diffère dans sa conception, elle est adaptée à l’offshore.

Pour l’instant, l’éolien flottant n’en est qu’à ses balbutiements: on compte seulement 7 projets dans le monde. La Norvège semble avoir une longueur d’avance avec son projet Hywind, dont un démonstrateur  a pu être mis à l’eau fin 2009. En France, la jeune start-up Nénuphar s’est aussi lancée sur ce créneau.

L’expérience sur l’éolien offshore posé bénéficiera à l’éolien flottant

Tous ces projets ont en commun la volonté de s’affranchir de certaines barrières techniques inhérentes à la technologie de l’éolien offshore traditionnel. Celle-ci, en l’état, ne permet pas de construire des fondations sur fonds marins à plus de 40 mètres de profondeur. La flottaison paraît donc constituer un bon moyen pour remédier à cet écueil.

Mais le développement des parcs flottants ne pourra se faire sans l’expérience acquise au travers des projets de parcs éoliens offshore posés. « A l’horizon 2020, l’Union européenne exige que 20% de l’électricité provienne des énergies renouvelables, et la France, à cette échéance, a prévu de produire 6.000 MW au moyen de l’éolien offshore », professe Xavier Ferrey.

Pour contribuer à l’atteinte de ces objectifs, Nass&Wind travaille depuis trois ans sur des projets de parcs d’éoliennes installées sur des fonds marins (lire ci-dessous) qui, cumulés, fourniraient un total de 1.200 MW d’électricité.

Ces projets nécessitent des investissements lourds, entre 3 et 5 millions d’euros, exigeant de 7 à 10 ans de préparation, mais ils parviendraient à couvrir 20% de l’objectif fixé par le gouvernement. Les études d’impact préalables ont été menées par Nass&Wind qui finalise les discussions avec d’importants acteurs industriels afin d’être prêt à répondre au futur appel d’offres du gouvernement attendu pour la fin de ce mois de mai 2011.

En Bretagne, les parcs offshore posés permettraient de répondre aux objectifs de 2015, et les parcs offshore flottants (plus puissants) à ceux de 2020… Pour Xavier Ferrey, c’est clair, « l’avenir de l’éolien est en mer ».

Le groupe Nass&Wind en bref

Le groupe a démarré dans l’éolien terrestre avant de céder cette activité à GDF-Suez, en 2008.

•    Fondateurs: Nathalie Le Meur et Peter Nass
•    Date de création: 2001 dans le Morbihan
•    Capital social: 40 millions d’euros
•    Activité: bureau d’études français spécialisé dans la production d’électricité à base d’énergies renouvelables
•    Quatre filiales:
- Nass&Wind Energies nouvelles: photovoltaïque
- Nass&Wind Bois Energie: chaleur renouvelable
- Nass&Wind Offshore: développement d’une filiale éolienne offshore posée. Projets en cours :

  • parc du grand Léjon au large de la baie de Saint-Brieuc pour 500 MW
  • parc du Banc de Guérande au large de la Pointe de Croisic pour 400 MW
  • parc des Minquiers au large de Saint-Malo pour 200 MW
  • parc d’Aïse au large de Lorient pour 100 MW

- Nass&Wind Industrie: conception et industrialisation d’éoliennes offshore flottantes. La filiale qui porte le projet Winflo.

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