L’adoption de la voiture sans conducteur, « une révolution inévitable » | SmartPlanet.fr

L’adoption de la voiture sans conducteur, « une révolution inévitable »

Par la rédaction | 28 novembre 2012 | 4 commentaires

Selon une étude, la voiture 100% autonome répondra à plusieurs critiques faites à l’automobile et plusieurs technologies la préfigurent déjà.

Image proche de la science-fiction, recherche à très long terme menée par Google et d’autres (à Stanford notamment)? La voiture autonome, sans conducteur humain, n’est pourtant pas une utopie, selon une étude de KPMG.

Elle estime que la voiture autonome est « une révolution inévitable car répondant à des attentes fortes de la société et des marchés », dont l’apparition répond à plusieurs critiques majeures faites à l’automobile: coût élevé de la mobilité automobile (en France, le coût total de possession d’un véhicule diesel s’élève en moyenne à 38.000 euros sur cinq ans), coût humain et financier des accidents de la route (le coût total des accidents est estimé en France à 23 milliards d’euros en 2011), décalage avec les attentes des plus jeunes, pour lesquels la conduite est vécue comme une obligation et non un plaisir, et saturation de l’espace public (entre 1960 et 2010, le nombre de véhicules enregistrés en France a été multiplié par 6, passant de 6,2 à 37,4 millions).

Pour Laurent des Places, associé KPMG secteur automobile:

« Aux États-Unis, les expériences pratiques menées par Google, suivies par un public de plus en plus large, et l’adoption récente par plusieurs Etats d’une législation autorisant les véhicules autonomes à circuler sur leur réseau routier, montrent comment l’alliance du régulateur et des nouvelles technologies peut transformer ce rêve en réalité. Si la technologie se montre effectivement capable de répondre à cette promesse, les voitures sans conducteurs deviendront rapidement populaires et tout l’écosystème de l’automobile en sera très profondément modifié. »

KPMG estime que l’arrivée de la voiture autonome « repose sur l’intégration de briques technologiques complémentaires, faisant converger l’information obtenue de capteurs sensoriels installés sur le véhicule avec celle obtenue au travers de réseaux d’échanges de données entre véhicules ou entre un véhicule et un serveur central ».

L’étude cite plusieurs technologies assistant de plus en plus le conducteur avant de rendre la voiture réellement autonome:

- Le régulateur de vitesse adaptatif doté d’un capteur radar à longue portée permet de réguler la vitesse du véhicule en fonction de celui qui le précède tandis qu’un autre dispositif permet d’alerter le conducteur en cas changement de file.

- Le système d’aide au stationnement automatique, déjà disponible, montre comment les véhicules peuvent évoluer de manière autonome à basse vitesse.

Dans le domaine des réseaux, des technologies sont également en phase de test:

- L’échange automatique d’informations entre véhicules (V2V), à l’image de ce qui existe pour les avions de ligne, doit permettre de prévenir la majorité des accidents: chaque voiture communique en temps réel aux autres sa position, sa vitesse et sa direction, permettant ainsi d’anticiper et d’éviter les risques de collision. Ce système peut déclencher le freinage sans intervention humaine, mais suppose que tous les véhicules soient équipés. Les autorités américaines estiment que cette technologie pourrait réduire de 80% le risque de collision.

« En France, observe Laurent des Places, le renouvellement du parc automobile est long, de l’ordre de 15 ans. Pour avoir rapidement un nombre important de véhicules équipés et que le système soit efficace, il est donc nécessaire de concevoir un système peu onéreux qui puisse être installé facilement sur des voitures d’occasion. Les pouvoirs publics auront également un rôle important à jouer pour favoriser ou même imposer l’adoption du système. »

L’étude montre que c’est la redondance des systèmes d’informations, à la fois embarqués et connectés, qui permettra de rendre les véhicules sûrs à 100% tout en limitant les besoins d’investissement.

Parmi les conséquences de l’avènement de la voiture sans conducteur, l’étude cite notamment:

- Un monde sans accidents: la voiture autonome serait théoriquement capable d’éviter 100% des accidents. Les hôpitaux français comptabiliseraient alors 30.000 hospitalisations en moins chaque année.

- Des budgets publics fortement touchés: l’Etat et les collectivités locales consacrent actuellement 16 milliards d’euros par an en France à l’exploitation du réseau routier (incluant l’entretien et la police). Le pilotage automatique des véhicules permettrait de multiplier la capacité des infrastructures existantes par cinq.

- Un fort impact environnemental: en raison d’une conduite plus fluide et de la possibilité de créer des trains de voitures attachées les unes aux autres, la voiture autonome consommerait moins de carburant que des voitures traditionnelles et serait ainsi moins polluante.

- Un business model à réinventer pour les constructeurs automobiles:

« L’avènement de la voiture autonome permet d’imaginer des flottes de véhicules à usage collectif, où l’utilisateur paierait au kilomètre au lieu d’acheter sa voiture. Cela suppose une modification importante de la façon dont les voitures sont aujourd’hui financées, d’autant que le parc automobile devrait logiquement se réduire fortement. Ces évolutions fondamentales seront encore amplifiées par l’importance accrue des systèmes d’informations dans la chaine de valeur de l’automobile, comme le montre la détermination de Google à prouver qu’il maîtrise la technologie nécessaire. »

Photo: ministère américain des Transports

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  • 1

    GATTACA

    29 novembre 2012

    0 accident ? Je n’y crois pas. Il suffit de voir le nombre de défaillances électroniques qui touche les véhicules déjà suréquipé.
    Que se passera-t-il lorsque l’électronique d’un véhicule sera défaillant ? Supposons que l’électronique donne une mauvaise information de vitesse aux véhicules qui l’entourent ? Genre « je roule à 130 km/h » alors qu’en fait il ne roule qu’à 80 ? Ou inversement un système qui détecte une vitesse qui n’est pas la bonne ? Ou qui ne détecte pas un obstacle (piéton, 2 roues, un arbre couché sur la route… au hasard).
    Quid des coûts de réparations toujours plus élevé au fur et à mesure que l’électronique envahit nos véhicules ?
    Et beaucoup d’autres interrogations …

  • 2

    dédé

    29 novembre 2012

    aujourd’hui les systèmes avioniques classiques permettent de faire rouler, décoller, voler, atterrir, rouler et enfin parker les avions de lignes.
    pourtant on conserve non pas un mais deux pilotes.

    et vous savez pourquoi?
    la confiance me direz-vous.

    certes, mais surtout les manœuvres d’urgence.

    par ailleurs, juste comme ça, les performances de régulation, l’autonomie de chaque véhicule (nous avons affaire à un véritable système multi-agents sans régulation générale) et enfin l’échelle du système me font penser que c’est pas demain la veille.

    pis va falloir que les constructeurs se mettent à la safety, ce qui risque de faire des voitures un poil cher.

    Ah. dernier point, visiblement, vous êtes prompts à aller chercher les innovations outre atlantique, mais saviez-vous que l’inria a des projets de véhicules autonomes en cours qui sont assez bleuffants?

    ah oui, ils font moins de com’. bah oui, ils bossent.

  • 3

    ALT

    30 novembre 2012

    Bonjour

    J’avoue que les commentaires dénigrant systématiquement la technique me laissent rêveur !

    Depuis que les véhicules sont bourrés d’électronique, ils démarrent mieux le matin, par tous les temps, ils consomment moins, tombent moins en panne…
    En matière d’automatisme total, il existe un train entièrement automatique & qui fonctionne tous les jours depuis une quarantaine d’années : OrlyVal. Et des métros fronctionnent quotidiennement dans le monde sans accident.
    Enfin, on a pu expérimenter depuis des dizaines d’années que les automatismes sont moins défaillants que les humains. N’oublions pas que nombre d’accidents sont dus à des erreurs humaines : défauts d’attention, non respect des règles… Ce n’est pas pour rien que, même dans l’industrie, les chaînes de fabrication prévoient des sécurités automatiques.
    Enfin, en cas de défaillance du système, on peut imaginer un fonctionnement en mode dégradé : la vitesse annoncée par un véhicule ne correspond pas à celle mesurée par les autres ? Le fautif est averti & peut, au choix, réduire sa vitesse, se voir interdire les dépassements…

    Bref, une fois de plus, il n’y a pas besoin d’avoir peur du progrès.

  • 4

    Michael

    30 novembre 2012

    Et voilà.. La fin programmée des taxis et des chauffeurs routiers.
    Si la voitures est autonome pourquoi ne pas la programmer pour
    venir me chercher à l’aéroport dès l’atterrissage de l’avion?
    Pourquoi embaucher un chauffeur qui doit se reposer toutes les
    X heures?

    Moins d’encombrements sur les routes, des couts de transports
    diminués (principalement pour les industries) et un coût social a
    résorber.

    Puis un jour nous verrons les Anonymous prendre le contrôle
    d’une flotte de véhicule pour protester contre la fermeture d’une
    usine automobile…

    Le vol de voiture baissera fortement… il faudra être informaticien
    qualifié pour ça…

    Beaucoup de changement à anticiper non?

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