Le cimentier français, qui a déjà réduit ses émissions de gaz carbonique de plus d’un cinquième, veut parvenir à un tiers de baisse d’ici 2020. L’usage de combustibles alternatifs et la participation à la recherche scientifique font partie de ses axes de développement durable.
Lafarge, premier cimentier mondial, s’est engagé aujourd’hui à réduire encore davantage ses émissions de CO2. Le groupe français est déjà parvenu à réduire en 2010 ses émissions de dioxyde de carbone de 21,7% par rapport à celles de l’année de référence 1990.
Il a ainsi dépassé son objectif initial, fixé en 2001, de 20% de baisse atteinte en 2010. Lafarge a ramené l’an dernier à 606 kg la quantité de gaz carbonique émise par la production d’une tonne de ciment.
30% de combustibles alternatifs à fin 2015
Le groupe compte aller plus loin en descendant d’ici 2020 à 518 kg. Ce qui représenterait une réduction de 33% par rapport à 1990.
La production du ciment est par nature émettrice de CO2, puisqu’elle passe par une réaction chimique, la décarbonation du calcaire, qui émet du CO2 et est obtenue par chauffage, ce qui en émet également.
Pour réduire ses émissions, Lafarge utilise des combustibles alternatifs neutres en CO2 (biomasse, déchets), Le groupe a pour objectif d’atteindre 15% de combustibles alternatifs à fin 2012 et 30% à fin 2015.
Un record dans le groupe: 66% de combustibles alternatifs
L’usine de Port-La-Nouvelle (Aude) atteint des records en matière d’utilisation de combustibles alternatifs, qui représentent 66% de ses besoins énergétiques. Les combustibles utilisés sont: pneus, farines animales, combustibles liquides…
En mai 2011, l’usine a inauguré un nouvel atelier permettant d’accueillir un nouveau type de combustible alternatif, les déchets solides broyés. Ce projet représente un investissement de 4,4 millions d’euros.
Lafarge modifie aussi la composition de ses ciments en y intégrant des composants plus neutres en CO2. La modernisation de ses usines lui permet également de réduire les émissions et la consommation d’énergie (mise en place de récupération de chaleur notamment).
Le cimentier, qui a conclu un partenariat avec le WWF, veut par ailleurs participer à l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments, secteur qui représente 40% de l’énergie primaire consommée dans le monde. Le groupe s’engage à développer 10 nouvelles gammes de produits ou solutions innovantes, et à contribuer à la conception de 500 projets de construction plus performants sur le plan énergétique.
Recherche: participation à plusieurs groupes de travail
Lafarge indique avoir été à l’origine du réseau européen Nanocem (recherche sur le ciment et le béton), créé en 2004 et qui regroupe aujourd’hui une trentaine de membres, mêlant industriels et universitaires.
Le cimentier travaille également avec le Concrete Sustainability Hub, (CSH), fondé par le MIT en 2009 en collaboration avec le Portland Cement Association et le Ready Mixed Concrete Research & Education Foundation.
L’objectif du CSH est d’accélérer le développement de technologies de rupture dans la science et l’ingénierie du béton, pour répondre à des enjeux de construction durable, avec 10 millions de dollars consacrés à la recherche dans ce domaine sur une période de 5 ans.
Lafarge a par ailleurs annoncé en 2010 avoir participé au financement de la start-up Novacem, qui travaille sur le développement d’un matériau de construction à base d’oxyde de magnésium destiné à la construction.
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