L’emploi de téléphones mobiles pour la vidéosurveillance ou la géolocalisation est testé par l’US Army, intéressée par des applications potentielles bon marché.
Le mois dernier, l’armée des États-Unis a mené des essais dans le désert pour évaluer l’utilisation de smartphones et de tablettes sur le champ de bataille. Des Apple iPhone, iPad et appareils Google Android en tout genre font partie de l’essai, qui a débuté le 6 juin.
L’objectif de ces essais est de voir si des appareils prêts à l’emploi peuvent aider à fournir des données vitales aux soldats en première ligne, comme la vidéosurveillance ou des instructions basées sur le cloud computing.
Nathan Hodge rapporte ainsi dans le Wall Street Journal:
L’armée n’a pas de plan pour donner un smartphone à chaque soldat. Toutefois, le général Peter Chiarelli, chef adjoint du personnel de l’armée, a récemment indiqué que si les appareils s’avéraient efficaces lors des essais, le service « achèterait ce dont nous avons besoin pour qui en a besoin maintenant ».
Bon nombre des applications que l’armée veut développer (par exemple, la possibilité de visionner la vidéo d’un drone) peuvent déjà être réalisées avec l’équipement actuellement sur le terrain. L’atout potentiel qu’offrent les smartphones et les tablettes tient à leur poids plus léger et leur simplicité d’emploi.
Les essais sont menés à White Sands Missile Range dans le Nouveau-Mexique et à Fort Bliss, au Texas. Ils font partie d’un projet plus vaste visant à évaluer de nouveaux équipements de communication pour un usage militaire, aussi bien du point de vue de l’utilité que de la durabilité.
Autres points:
- L’armée veut déployer les smartphones judicieusement; elle se méfie d’ajouter du poids au barda d’un soldat.
- Un prix abordable est capital: l’armée ne veut pas dépenser des centaines de dollars en plus pour transformer un appareil grand public en appareil militaire.
- Les applications utilisant la géolocalisation sont également essentielles: si les appareils peuvent être utilisés pour déployer plus rapidement et plus précisément des unités médicales auprès d’un soldat blessé, ils valent le coup.
- Les appareils avec capteurs ont également un intérêt dans la mesure où ils peuvent aider un soldat à évoluer sur le champ de bataille via GPS ou la réalité augmentée et vérifier l’identité des civils par des moyens biométriques.
- L’armée évalue des chargeurs solaires et des micropiles à combustible pour alimenter et recharger les appareils sur le terrain.
Demain, des applis de fortune au lieu de bombes artisanales?
Toutefois, la sécurité reste un sérieux problème. Si les informations sont dans le cloud computing, la guerre se fera-t-elle via les ondes, plutôt qu’au sol? Les frappes de missiles sur les tours ou satellites de communications prendront-elles le dessus sur les attaques ciblant les complexes?
Pour les guerres en Afghanistan et en Irak, c’est peu probable étant donné le fossé technologique considérable qui existe entre les ennemis. Par contre, si une bonne partie de la technologie est disponible dans les rayons des magasins, ce n’est qu’une question de temps avant que des « applications de fortune » ne remplacent des « bombes de fortune » comme la plus grande menace du renseignement militaire.
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