Le lancement du compteur communicant Linky, annoncé mercredi par le gouvernement, est critiqué par l’UFC-Que Choisir et la CLCV, qui jugent qu’il ne permet pas aux consommateurs de réduire leur facture.
L’annonce le 28 septembre par le ministre de l’Industrie et de l’Energie, Eric Besson (PDF), du lancement des compteurs Linky, qui à partir de 2013 seront installés dans 35 millions de foyers, a suscité des réactions critiques des associations de consommateurs.
L’UFC-Que Choisir « regrette la décision hâtive d’Eric Besson », estimant que « contrairement à ce que la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a annoncé le 7 juillet dernier, Linky n’a pas permis aux consommateurs, à qui a été imposée l’expérimentation, de réduire leur facture. »
« Pour maîtriser sa consommation d’électricité, il est indispensable de disposer, dans l’espace de vie, d’informations en temps réel sur sa consommation ainsi qu’un bilan de sa consommation, c’est ce que l’on appelle l’affichage déporté.
Après l’Ademe, le médiateur de l’énergie, la FNCCR et l’UFC-Que Choisir, la présidente du groupe de travail gouvernemental Ménages sur l’efficacité énergétique l’a réclamé mais le gouvernement reste sourd à cet avantage pourtant décisif pour le consommateur. Bien décidés à faire de ce nouveau compteur leur poule aux œufs d’or, les fournisseurs d’électricité entendent proposer cet affichage en temps réel comme un service payant. »
120 à 240 euros par compteur contre 80 en Italie
L’UFC-Que Choisir critique le coût de l’appareil « particulièrement élevé (entre 120 euros et 240 euros par compteur – ERDF annonce que le déploiement coûtera 4 milliards d’euros soit 120 euros par compteur quand la FNCCR parle d’un budget de déploiement 2 fois supérieur) si l’on compare avec les exemples étrangers (80 euros en Italie, où ce dernier est financé par le fournisseur Enel). »
L’association doute que le coût du déploiement (4,3 milliards d’euros annoncés mercredi) ne soit pas reporté finalement sur les consommateurs, via le TURPE (le tarif d’utilisation du réseau public d’électricité).
Inquiétude également du côté de la CLCV. Tout en soutenant « le principe des compteurs dits ‘communicants’, devant permettre aux consommateurs de mieux connaître leur consommation pour mieux la maitriser, elle souligne les nombreuses limites au projet Linky ».
Risque « de devoir payer pour réellement connaître sa consommation »
Les informations utiles que les fournisseurs s’engagent par charte à transmettre aux consommateurs sont exclusivement basées sur Internet, « ce qui met à l’écart une large part de la population ».
« L’historique des données mensuelles sur 2 années ne nous semble pas suffisant au regard des possibilités du Linky pour permettre au consommateur de devenir un réel acteur de sa consommation », et l’engagement des professionnels de fournir des conseils personnalisés n’est pas précis:
« Le risque est réel d’avoir une information gratuite peu utile et de devoir payer pour réellement connaître sa consommation, dont on rappellera que c’est l’objectif prioritaire de la directive européenne à laquelle doit répondre le Linky. »
La CLCV demande notamment « de prévenir une ‘jungle’ tarifaire aussi illisible que celle qui est à l’œuvre dans la téléphonie mobile ou beaucoup d’autres secteurs ».
Région de Tours: 90% des foyers pilotes n’ont rien changé dans leurs pratiques
Les doutes des associations de consommateurs ne sont pas les seuls exprimés: LeMonde.fr cite Jean-Luc Dupont, président du Syndicat intercommunal d’énergie d’Indre-et-Loire (une des deux régions d’expérimentation), qui estime que si « techniquement, le projet pilote est valide », il n’a eu que « très peu d’effets » sur la consommation.
« Selon une étude réalisée auprès de 150 collectivités du département et de quelque 1.500 foyers, ‘pour 90 % des consommateurs, l’arrivée de Linky n’a rien modifié dans leurs pratiques », indique Le Monde.
Par ailleurs, la mise en oeuvre du projet reste à financer, rapportent Les Echos (article pour abonnés). « Seul problème: ‘Le financement n’est absolument pas bouclé’, admet un pilier du projet. Malgré une expérimentation réalisée en Touraine et à Lyon entre 2010 et 2011, une expertise de la Commission de régulation de l’énergie et les multiples réunions d’un comité de suivi, les parties prenantes ne sont pas parvenues à s’accorder. »
À lire aussi
Compteurs communicants: Linky sera déployé à partir de 2013 – 28 septembre 2011
Compteur communicant: le gouvernement hésite à généraliser Linky – 22 septembre 2011
Compteurs communicants: la Grande-Bretagne va investir 5 milliards d’euros pour son réseau - 9 septembre 2011
Compteur électrique communicant: doutes sur la gratuité de Linky – 21 juin 2011
Etats-Unis: les fabricants de compteurs intelligents s’associent – 21 juin 2011
Compteurs communicants: le déploiement de Linky sera décidé cet été – 5 mai 2011




Mots-clefs :










Suivez SmartPlanet.fr
Inscrivez-vous
Inscrivez-vous