Le matériel médical open source, une piste pour améliorer la sécurité

Par la rédaction | 25 juin 2012 | 0 commentaire

Plusieurs projets développent des instruments médicaux open source, dont les logiciels partagés et les spécifications techniques ouvertes peuvent améliorer la recherche et corriger des failles dangereuses.

par Reena Jana

Le robot chirurgical Raven

La conception du matériel médical est extrêmement réglementée, pour des raisons évidentes de sécurité. Toutefois, un certain nombre de chercheurs, dont certains ont le soutien de l’Agence américaine des médicaments et des produits alimentaires (FDA), sont en train de développer des instruments médicaux « open source ».

L’idée est d’offrir un code logiciel partagé totalement transparent et de combiner les conceptions matérielles et d’interface. Si cela peut paraître risqué, l’objectif est de favoriser une innovation plus rapide et plus efficace dans le domaine du matériel médical, tout en facilitant la détection des potentiels bugs de programmation et d’autres défaillances matérielles.

Comme le souligne The Economist dans une vue d’ensemble très instructive de ce domaine en plein essor (« When code can kill or cure », dans l’édition du 2 juin), les instruments qui dépendent de logiciels posent également de nouveaux types de risque potentiel pour les patients. Une étude de l’université de Patras, en Grèce, montre qu’un instrument médical sur trois vendus aux États-Unis a été rappelé entre 1999 et 2005. La FDA a découvert que les pompes à perfusion de médicaments étaient liées à 20.000 blessures graves et plus de 700 décès entre 2005 et 2009.

Il peut être difficile d’exposer des problèmes spécifiques avec ces produits, étant donné que les logiciels (et le matériel) médicaux sont propriétaires et protégés par des brevets, donc entourés du plus grand secret. En théorie, l’approche open source pourrait faciliter la correction des failles dangereuses, voire les éviter, avant qu’elles ne blessent ou ne tuent des centaines ou des milliers de patients.

Certains des instruments open source actuellement mis au point ne sont pour l’instant destinés à être utilisés que dans la recherche médicale. Ils sont généralement conçus pour être utilisés sur les animaux ou sur des cadavres. En d’autres termes, les médecins, ingénieurs et concepteurs qui travaillent sur ces instruments ne se sont pas encore penchés sur la question des réglementations américaines dans le domaine du matériel médical, mais leurs travaux pourraient déboucher à terme sur des produits plus efficaces.

Voici quelques-uns des projets évoqués dans l’article de The Economist qui méritent d’être cités. Cette vue d’ensemble offre un récapitulatif utile qui illustre clairement une tendance, suscitant qui plus est la réflexion.

  • Le projet de pompe à perfusion générique, qui est une collaboration entre l’université de Pennsylvanie et la FDA, met au point un système d’administration des médicaments en procédant à l’envers : les chercheurs ont commencé par imaginer les défaillances potentielles, puis s’efforceront de les éviter ou de les atténuer dans la conception.
  • L’initiative pour un matériel médical open source à l’université du Wisconsin-Madison travaille sur un scanner corporel médical haute résolution combiné à une machine de radiothérapie. L’initiative fournira gratuitement toutes les instructions et le code source pour en construire un, ainsi que des recommandations quant au coût des pièces. Selon les chercheurs, le coût de l’appareil devrait représenter un quart du coût d’un scanner corporel commercial, une bonne option pour les communautés aux ressources limitées qui ne pourraient pas avoir accès à un tel matériel autrement.
  • Le robot chirurgical Raven est un système open source (voir la photo tout en haut) qui a été conçu à l’université de Washington, à Seattle. Les chercheurs l’utilisent pour essayer de nouveaux procédés de chirurgie robotique (lire le résumé de ce dont Raven est capable, de Janet Fang pour SmartPlanet.com).
  • Le programme d’interopérabilité Plug-and-Play du matériel médical est une initiative à 10 millions de dollars (financée par les instituts nationaux de la santé des États-Unis avec l’aide de la FDA) qui vise à mettre en vigueur des standards ouverts pour les appareils de différentes entreprises dans l’optique de leur interopérabilité.
  • La structure de coordination du matériel médical, qui est en cours de développement à l’université d’État du Kansas, vise à créer une plate-forme matérielle open source incluant des boutons et écrans interchangeables, ainsi que des logiciels les connectant à des capteurs et d’autres appareils. Les inventeurs pourraient concevoir du matériel médical à partir de ces éléments combinés.

Image: université de Washington

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