La province francophone va investir jusqu’à 57 milliards d’euros en un quart de siècle pour ses régions les plus septentrionales. Le Québec va développer éoliennes, hydraulique et hydroliennes.
Le Canada prend enfin conscience de ses richesses en ressources naturelles. La province du Québec a annoncé un plan ambitieux sur 25 ans, le Plan Nord, en vue de développer les ressources naturelles de ses régions nord et arctique. Celles-ci possèdent une faible population et très peu d’infrastructures, mais contiennent de vastes quantités de minerais et de bois, et présentent un fort potentiel en termes d’énergie hydroélectrique.
Ce plan met de côté 2,1 milliards de dollars canadiens (environ 1,5 milliard d’euros) dans le but d’établir un fonds d’investissement qui, avec un peu d’espoir, atteindra 80 milliards de dollars canadiens (57 milliards d’euros).
La proposition de projet, ou Plan Nord, inclut des réglementations strictes pour l’activité industrielle (notamment des interdictions pures et simples à certains endroits) sur un site naturel préservé, peuplé de seulement 120.000 habitants. Cela implique tout le territoire du Québec au-dessus du 49e parallèle, soit environ 120 millions d’hectares.
Le premier ministre du Québec Jean Charest évoque « le chantier d’une génération ».
Voici les grandes lignes du projet.
- 3.500 mégawatts d’énergie renouvelable: 3.000 mégawatts d’hydroélectricité, 300 mégawatts d’énergie éolienne et 200 mégawatts générés par des hydroliennes.
- 11 nouveaux projets miniers et plus de 8,24 milliards de dollars d’investissement par des entreprises minières privées.
- Le réseau d’aires protégées sera finalisé d’ici 2015, représentant 12% du territoire couvert par le Plan Nord. De nouveaux parcs proviciaux seront créés.
- Hydro-Québec contribuera à hauteur de 10 millions de dollars par an au financement de projets sociaux.
- Faciliter le développement de la production agricole, de la transformation et de la distribution des aliments pour offrir un approvisionnement à l’échelle locale. Développer une industrie bioalimentaire diversifiée et recherchée (bleuets, chicoutés, espèces marines nordiques, etc.).
- Construire 840 nouveaux logements au Nunavik, dont 300 logements sociaux, et en rénover 482 d’ici 2014.
- Développer l’accès et les infrastructures de transport et de communication.
Il reste quand même quelques obstacles. L’exploitation de ressources naturelles primordiales d’Amérique du Nord pourrait très bien attirer les foudres des écologistes, sans parler des autochtones de la région.
Si les autorités canadiennes réussissent cet exercice d’équilibriste, elles pourraient très bien redonner un coup de fouet à une industrie minière québécoise sur le déclin, car la région contient des gisements substantiels de lithium et de minerais terrestres rares.
Les autorités voient déjà le potentiel: le Plan Nord transformera le Canada en un fournisseur d’énergie encore plus incontournable pour le continent, s’ajoutant au développement existant des sables bitumeux de la province d’Alberta et aux projets hydroélectriques établis.
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