Les énergies renouvelables, un vivier de 125.000 emplois à créer | SmartPlanet.fr

Les énergies renouvelables, un vivier de 125.000 emplois à créer

Par Thierry Noisette | 23 janvier 2012 | 1 commentaire

Plus de 85.000 emplois pourraient être créés d’ici 2020 dans l’éolien et le photovoltaïque, selon le Syndicat des énergies renouvelables, qui propose une accélération dans les ENR au-delà de l’objectif de 20% de renouvelable.

Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) a présenté son Livre blanc des énergies renouvelables. Pour le SER, les énergies renouvelables sont « un marché mondial en forte croissance malgré la crise », avec depuis le début des années 2000 des taux de croissance annuelle supérieurs à 30%, portés par le décollage de l’éolien et du solaire.

Les professionnels font, en vue des élections présidentielle et législatives de cette année, douze propositions pour parvenir d’ici 2020 à 25% d’énergies renouvelables (au lieu de l’objectif de 20%, et contre 13% en 2010) et à la création de 125.000 emplois supplémentaires.

Le SER évalue à 70 milliards d’euros sur les huit prochaines années l’investissement privé nécessaire pour atteindre cet objectif relevé à 25% de la consommation finale.

Outre l’environnement, l’indépendance énergétique, la croissance, un des aspects les plus positifs de l’accélération proposée dans les ENR réside dans son impact sur l’emploi. Selon une étude confiée par le SER au cabinet BIPE sur trois filières renouvelables, les emplois directs et indirects passeraient entre 2011 et 2020:

Éolien: de 8.100 à 57.000 emplois
Solaire photovoltaïque: de 18.800 à 56.200 emplois
Biomasse (production de chaleur hors domestique): de 13.500 à 22.800 emplois.

Au total, toutes filières ENR comprises, les emplois passeraient de 99.246 à 224.000 emplois, soit 125.000 emplois supplémentaires.

Mais pour cela, la politique de hauts et de bas dans les aides doit être corrigée. L’énergie éolienne par exemple se développe en France au rythme de 1.000 MW par an, mais 1.350 MW seraient nécessaires pour atteindre l’objectif de 19.000 MW terrestres en 2020. Et « une réglementation de plus en plus complexe pourrait ralentir cette progression déjà insuffisante », déplore le Livre blanc.

D’où les douze propositions des professionnels (le Livre blanc sera également présenté le 7 février lors d’un colloque à Paris, où sont attendus « les principaux candidats à l’élection présidentielle ou leurs représentants »).

1. Donner un nouveau souffle à l’éolien terrestre
Supprimer certaines procédures administratives redondantes, supprimer la règle des cinq éoliennes minimum, réduire le nombre des recours abusifs.

2. Déployer l’éolien en mer et les énergies marines
Lancer rapidement la seconde tranche de l’appel d’offres éolien offshore (avant le premier appel d’offres, lancé en juillet 2011, la ministre de l’Écologie annonçait que le second appel serait lancé avant l’élection présidentielle – soit avant le 22 avril ou le 6 mai). Lancer plusieurs tranches d’appels d’offres pour chacune des énergies marines.

3. Reconstruire la filière photovoltaïque
Porter à 20.000 MW en 2020 l’objectif (contre 5.400 MW fixés) dans le solaire photovoltaïque; en réviser le système tarifaire.

4. Profiter des atouts de l’hydroélectricité
Lancer des appels d’offres pour la construction d’ouvrages nouveaux, encourager le développement des stations de pompage notamment en révisant le tarif d’utilisation du réseau de transport public d’électricité…

5. Amplifier l’essor de la chaleur renouvelable: biomasse, géothermie et solaire thermique
Pour ce secteur qui avant le Grenelle a peu été soutenu, le SER propose le doublement du Fonds Chaleur, une amélioration des textes sur la géothermie, en particulier pour la très basse énergie, une réforme de la fiscalité des exploitations forestières pour alimenter les chaufferies bois en combustible, réserver des fonds dédiés aux filières géothermie et solaire thermique…

6. Placer les énergies renouvelables au cœur du bâtiment et combattre la précarité énergétique
Rénover les bâtiments les plus mal classés (F ou G) lors du diagnostic de performance énergétique (DPE) dans un délai de cinq ans, maintenir les aides financières (crédit d’impôt développement durable progressif, allongement de la durée d’emprunt de l’éco-PTZ).

7. Créer de nouvelles filières industrielles
Pérenniser les moyens de R&D, notamment par le soutien de l’Agence nationale de la recherche (ANR) et de l’Ademe, lancer des appels d’offres réguliers…

8. Exploiter tous les potentiels de la biomasse énergie
Pour soutenir l’essor de l’incinération des déchets ménagers organiques et des biocarburants, baisser de 5 à 2 MW l’obligation d’achat de l’électricité en fixant des seuils de rendement, lever les freins au développement de la méthanisation pour encourager les installations collectives et territoriales.

9. Faciliter l’accueil des énergies renouvelables sur les réseaux électriques
Réduire les coûts de raccordement des installations de production, revoir les procédures de traitement des demandes…

10. Atteindre l’autonomie énergétique dans les îles
La situation des DOM-COM est contrastée (la Martinique dépend à 96% des énergies fossiles, la Guyane a près de 60% d’électricité issue d’énergies renouvelables). Pour parvenir à leur indépendance énergétique d’ici 2030, le SER propose de concevoir des mécanismes de soutien financier appropriés aux territoires insulaires, modifier deux articles du Code de l’urbanisme…

11. Consolider l’industrie des énergies renouvelables
Pérenniser les soutiens à la R&D et à l’innovation, en maintenant le dispositif des investissements d’avenir et le financement des démonstrateurs et plateformes technologiques…

12. Mettre le cap sur l’international
Organiser la promotion de l’offre française à l’international.

Le tissu industriel des énergies renouvelables
(source SER)

100.000 emplois en France
10 milliards d’euros de chiffre d’affaires
180 entreprises industrielles sous-traitantes de la filière éolienne
170 entreprises industrielles sous-traitantes de la filière photovoltaïque
104 entreprises industrielles sous-traitantes de la filière chauffage bois

À lire aussi

L’éolien bat un nouveau record de production en France – 9 janvier 2012

Les professionnels de l’éolien constatent une forte baisse des autorisations de permis de construire – 9 décembre 2011

États-Unis: l’emploi a augmenté dix fois plus vite dans l’énergie solaire que dans l’ensemble – 20 octobre 2011

Nouvelles installations: forte hausse du solaire, ralentissement de l’éolien – 1er septembre 2011

L’économie verte pèse près d’un million d’emplois en France – 15 juin 2011

5.000 emplois détruits dans le photovoltaïque depuis le début de l’année – 17 mai 2011

Mots-clefs :, , , , , ,

 
Reply to Story

SmartPlanet TalkbackPartagez vos idées et votre expertise sur ce sujet

S'inscrire à cette discussion via RSS

  • 1

    JP du Carladez

    24 janvier 2012

    Il faudrait peut-être réviser les ambitions irréalistes.

    Le bilan RTE 2011 nous dévoile une baisse de 16% de la production d’électricité d’origine renouvelable, ce que personne ne rapporte et que le SER ne commente pas..
    L’hydroélectrique baisse (-25%) et les chances d’atteindre les objectifs du Grenelle sont reportées aux calendes grecques. N’aurait-on pas oublié d’investir dans l’hydroélectrique ?… Le manque d’eau à bon dos, les opérateurs hydroélectriques n’ont pas de visibilité à court terme à cause de l’attente de renouvellement des concessions des barrages. Le prix plancher du rachat de cette électricité, pourtant la plus utile au réseau, n’encourage pas non plus les investisseurs. Ils préfèrent malheureusement lorgner du côté des jeunes sirènes et des bulles que sont l’éolien et le photovoltaïque. Mais c’est toujours l’abonné qui paye. Nous exportons 5 fois plus d’électricité que l’éolien n’en produit. Il faut remettre du bon sens dans cette politique énergétique.

Les balises suivantes sont supportées :
<b> <i> <u> <pre>
publicite
publicite