Les Nations-Unies lancent un projet de capture du carbone des pâturages dégradés

Par Thierry Noisette | 30 septembre 2011 | 0 commentaire

Une méthodologie créée par la FAO et des chercheurs en agroforesterie est expérimentée en Chine. En évaluant la quantité de CO2 piégée, elle permettra de financer la remise en état de pâturages.

L’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) a annoncé qu’elle allait mettre en oeuvre un projet d’aide aux éleveurs, afin d’augmenter les revenus de ceux qui piègent le carbone de leur pâturage.

« Nous pensons avoir résolu le problème et trouvé un moyen fiable pour les éleveurs qui investissent dans la restauration des pâturages de prouver qu’ils piègent des quantités mesurables de carbone et de financer leurs activités en accédant au financement de l’atténuation », a déclaré un spécialiste de politiques d’élevage à la FAO, Pierre Gerber, qui travaille au projet.

« Éliminer des gigatonnes de carbone de l’atmosphère »

La FAO, en collaboration avec l’Académie chinoise de sciences agronomiques, l’Académie chinoise des sciences et le Centre international pour la recherche en agroforesterie, indique avoir mis au point une nouvelle méthodologie pour exploiter « l’énorme potentiel que détiennent les pâturages ».

La remise en état dans le monde de vastes étendues dégradées de pâturages « pourrait éliminer des gigatonnes de carbone de l’atmosphère et améliorer la résilience au changement climatique ».

Les mécanismes de crédit carbone finançant les projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et fixant le carbone ne prennent en général pas en compte l’agriculture, indique la FAO.

« Un défi majeur a consisté à trouver des moyens fiables et abordables de mesurer combien de carbone est piégé dans les projets agricoles. La nouvelle méthodologie de gestion durable des pâturages (Methodology for Sustainable Grassland Management – PDF de 65 pages, en anglais) pourrait contribuer à surmonter cet obstacle. »

« ‘Notre approche permet non seulement de mesurer directement le piégeage du carbone par l’échantillonnage du sol mais aussi par modélisation par ordinateur sur la base des types de sols et des activités entreprises’, a expliqué une économiste de la FAO participant au projet, Leslie Lipper. »

Cette méthodologie est testée dans un projet pilote dans la province de Qinghai en Chine, qui émettra des crédits carbone significatifs pendant une période de 10 ans.

« Les pâturages restaurés auront stocké d’ici là le plus de carbone possible, et les revenus tirés des échanges de carbone diminueront. Mais les terres auront récupéré leur pleine productivité et les systèmes d’élevage seront passés à un modèle durable capable de soutenir les moyens d’existence de générations d’éleveurs », expose la FAO.

L’organisation internationale a soumis sa méthodologie pour approbation auprès de l’organisation à but non lucratif Verified Carbon Standard (VSC), un programme de comptabilisation des gaz à effet de serre utilisé par les projets du monde entier pour vérifier et émettre des crédits carbone sur les marchés d’émissions.

Une fois la méthodologie de la FAO approuvée, tout projet l’utilisant aura le droit de créer et d’échanger des crédits carbone sur les marchés volontaires du carbone dans le monde entier.

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