Les véhicules connectés marquent le début d’une nouvelle ère pour l’informatique | SmartPlanet.fr

Les véhicules connectés marquent le début d’une nouvelle ère pour l’informatique

Par Andrew Nusca | 20 juin 2011 | 1 commentaire

Le DSI de Volkswagen aux Etats-Unis, Warren Ritchie, a exposé l’avenir des véhicules connectés: des voitures capables d’auto-diagnostic et d’échange avec constructeur et réparateur.

Le véhicule électrique connecté intelligent est déjà arrivé. Toutefois, derrière les statistiques prometteuses sur les émissions générées et les technologies écologiques fascinantes se cache une activité informatique en pleine évolution qui s’efforce de s’adapter à un monde dont elle n’aurait jamais osé rêver.

S’exprimant à l’occasion du forum IT 2011 de Forrester, Warren Ritchie, DSI de Volkswagen of America, a donné quelques informations sur son entreprise, dont il assure qu’elle progresse à grands pas vers son objectif de devenir le bras innovateur du constructeur de la célèbre Coccinelle.

Ces dernières années, l’entreprise a multiplié les rachats, mais la réalité derrière les gros titres est que ces rachats de marques de véhicules (l’entreprise en possède désormais 10, dont six aux États-Unis) impliquent également l’intégration de nombreux départements informatiques qui doivent être alignés sur des objectifs communs.

« 70% de l’activité informatique peut être mondialisée, centralisée », affirme-t-il. « Le pourcentage d’activité spécifique de chaque pays doit être nettement inférieur. »

Néanmoins, la structure organisationnelle n’est pas le plus important ici; c’est plutôt la façon dont Volkswagen envisage le véhicule, c’est-à-dire comme un appareil intelligent à connecter, et dont il modifie son activité informatique pour s’adapter à ce nouvel univers.

« Autant de lignes de code dans une automobile que dans Windows »

« Il y a à peu près autant de lignes de code dans une automobile que dans Windows », affirme Warren Ritchie. La majeure partie de ce code aujourd’hui est dédiée au diagnostic des problèmes, à l’acquisition des mises à jour, à la planification des révisions ou au chargement et, bien entendu, à la notification à l’utilisateur de ce qui se passe sous le capot.

Voici comment votre voiture fonctionnera à l’avenir:

  1. elle détectera une variation interne;
  2. elle appellera le constructeur pour un diagnostic central;
  3. elle identifiera une réparation et la disponibilité des pièces;
  4. elle proposera des options de planification au propriétaire: quel est le meilleur moment pour procéder à une mise à jour logicielle à distance? Ou pour une visite chez le concessionnaire?

« Comprendre les véhicules et leurs performances, être averti lorsqu’un code d’erreur apparaît… le fait de connaître tous ces détails vous permet d’avoir une meilleure analyse, si bien que vos opérations de garantie deviennent beaucoup plus efficaces », affirme Warren Ritchie.

Au bout du compte, vous avez devant vous un véhicule capable de s’optimiser tout seul, en réalisant des réparations et des opérations d’entretien autonomes (si seulement le véhicule pouvait réparer lui-même une bosse sur son aile… Un jour peut-être).

« Pour l’instant, aucun OEM ne pousse le principe jusqu’au bout, même si beaucoup s’en rapprochent », indique-t-il. « C’est le genre de choses qui est propre au marché américain. »

Il fait référence au moment où un véhicule connecté rencontre un univers connecté fonctionnant via un « internet des objets ». Concrètement, cela veut dire intégration, partenariats, écosystèmes ouverts et auto-approvisionnement… autant d’éléments auxquels les constructeurs automobiles misant sur l’informatique doivent s’adapter.

Smart grid: vers des véhicules déterminant la meilleure heure de recharge

Sans parler de l’aspect réseau électrique intelligent d’un véhicule électrique rechargeable: quel est le meilleur moment pour planifier une recharge au meilleur tarif, par exemple.

« Tel est l’univers que nous commençons à entrevoir », confie-t-il. « C’est un modèle opérationnel que nous commençons tout juste à comprendre. »

Warren Ritchie prétend que les États-Unis sont uniques parce que la connectivité y connaît un développement beaucoup plus rapide. Le problème: existe-t-il un modèle opérationnel pour toute cette connectivité? Et Volkswagen doit-il mener la danse ou suivre?

Warren Ritchie évoque un « travail informatique non traditionnel » auquel il ajuste son entreprise pour qu’elle en assure la prise en charge.

Cela implique de mettre l’accent sur l’innovation via:

  • de nouveaux appareils, en permettant aux employés de mener des expérimentations;
  • des environnements de test, puis des démonstrations de faisabilité;
  • la mise en relation des démonstrations de faisabilité pour un impact interfonctionnel;
  • la thésaurisation d’une grande partie du budget informatique pour l’innovation (part de Volkswagen America pour 2012: 8%).

« Nous devons commencer à jouer avec ce qu’un véhicule et un concessionnaire peuvent offrir », déclare-t-il. « Nous ne pouvons pas attendre que Toyota ou un autre le propose sur le marché en premier. »

À disposition: des services informatiques connectés tels que le Wi-Fi pour la mobilité, le cloud computing pour la flexibilité, un registre de services et un catalogue des données maîtresses.

Lentement, l’industrie automobile contribue à changer la perception de l’informatique comme un simple outil. De nombreux dirigeants sous-estiment la complexité de l’architecture, d’après Warren Ritchie. C’est comme un glacier: la grande majorité du travail se passe sous la surface.

Cependant, le risque le plus important lié à l’informatique reste la gestion du changement humain, selon lui.
« Si vous n’avez pas une description de l’innovation que vous essayez d’obtenir, votre approche sera trop sommaire », décrète-t-il. « Elle n’en sera que plus facile à supprimer. »

Néanmoins, l’ère de la voiture connectée n’en est encore qu’à ses tout débuts, et la compétence technique nécessaire n’est pas encore très répandue. Cela signifie que Volkswagen doit débaucher du personnel chez ses concurrents pour élaborer une infrastructure de voiture intelligente, constate Warren Ritchie.

« L’initiateur a été OnStar », rappelle-t-il. « Le modèle Sync de Ford est également très intéressant, car il permet à l’individu d’interagir [avec la voiture] par l’intermédiaire de son smartphone. Il existe deux modèles différents à l’œuvre, et nous essayons de nous frayer notre propre chemin. »

Un changement culturel

Il s’agit également d’un changement culturel au sein de l’entreprise. « Pour les responsables des produits, la voiture connectée est un service comme un autre », explique-t-il. « Pour les responsables informatiques, c’est un service plus complexe, piloté et optimisé par des données d’entreprise qui nécessitent un accès dorsal [back-end]. »

Cela se manifeste dans les tableaux de bord numériques des nouvelles voitures, un affichage unique qui symbolise les difficultés techniques et tactiques des tout débuts des véhicules connectés.

« Qu’est-ce qui est propriétaire? Les logiciels nous appartiennent. Quant à savoir si nous voulons posséder et rendre certains services externes disponibles et les intégrer dans le véhicule, c’est une autre affaire. Beaucoup de services liés à la navigation aujourd’hui sont gratuits, encourageant les consommateurs à faire usage de leur tablette [au lieu d'utiliser une technologie embarquée qui ne bénéficie d'aucune mise à jour pendant la durée de vie du véhicule].

Beaucoup de constructeurs automobiles affirment que nous ne pouvons pas être compétitifs dans le domaine des produits électroniques grand public. Plus nous essayons de concourir dans cette industrie, plus nous constatons que nous sommes trop lents. Et trop onéreux. »

Le système dorsal constitue toutefois une première étape. « Nous sommes en train de réduire considérablement notre temps de réaction », se félicite Warren Ritchie. « Une fois notre position consolidée, nous pourrons procéder à un déploiement mondial très rapidement. »

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  • 1

    zelectron

    21 juin 2011

    Le code reste propriétaire ! quid de la compatibilité avec les autres véhicules ? donc je n’achèterais pas !

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