L’Unesco veut garantir l’exclusion des éoliennes près du Mont-Saint-Michel

Par Thierry Noisette | 19 juin 2012 | 3 commentaires

L’Organisation critique une évaluation au doigt mouillé de l’impact visuel dans la baie classée au patrimoine mondial et demande des méthodes plus rigoureuses.

L’annulation d’un projet de trois éoliennes à 22 kilomètres du Mont-Saint-Michel, annoncée début avril, ainsi qu’une future zone d’exclusion de 20 à 40 km autour du Mont, ne suffisent pas à l’Unesco. L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture estime que la France doit réétudier la zone d’exclusion et son mode de calcul, trop peu rigoureux pour le moment.

Dans un document en ligne sur son site (PDF de 3 Mo, page 158), préparant sa prochaine session qui débutera le 24 juin, l’Unesco indique qu’une mission s’est rendue dans la baie du Mont-Saint-Michel du 22 au 24 novembre 2011.

Cette mission « a pris note de l’extrême sensibilité du paysage presque plat aux alentours du bien à la présence d’éoliennes qui sont visibles depuis le Mont-Saint-Michel même à plus de 20 kilomètres de distance – tel le parc éolien de Trémeheuc, situé à environ 23 kilomètres du site » (six éoliennes de 2 MW chacune), bien au-delà du périmètre dans lequel les éoliennes sont interdites.

« Le mouvement des hélices des éoliennes dans la journée et les lumières la nuit ont un effet préjudiciable à ce qui est considéré comme un paysage éternel de terre et d’eau. Les éoliennes interrompent les perspectives visuelles du Mont, en particulier pour les pèlerins. La mission a estimé que les éoliennes ont un impact négatif sur le cadre paysager du bien qui est porteur du contexte du bien et qui véhicule sa valeur universelle exceptionnelle. »

Réaliser une modélisation numérique

Par ailleurs, la mission critique des méthodes « subjectives, voire parfois contradictoires », d’évaluation de l’impact visuel des éoliennes.

« Aucun outil spécifique n’est utilisé pour examiner l’impact sur les perspectives visuelles depuis le Mont. (…) La mission a estimé que la définition de cette zone d’exclusion devrait être entreprise sur la base d’éléments cartographiques irréfutables définis par ordinateur, qui indiquent les zones où les éoliennes de plus de 50 mètres de hauteur peuvent être vues depuis le Mont.

Cela permettra une estimation rigoureuse, rapide et cohérente de tous les projets. L’établissement d’une telle zone devra être adopté officiellement et ses limites intégrées à tous les projets de planification. La mission a également recommandé que des améliorations soient apportées à la méthode d’évaluation de l’impact visuel utilisée par les promoteurs à l’aide d’une modélisation numérique de terrains. »

L’Unesco se penche aussi sur d’autres aspects des réaménagements en cours au Mont-Saint-Michel, comme la destruction planifiée pour 2015 de la digue-route actuelle, au profit d’une passerelle (l’eau des marées pouvant circuler dessous et rendre au Mont son caractère d’île).

Il est prévu que la passerelle aboutira à une plate-forme et un gué, élevé de 7,30 mètres, ont tranché l’Etat et le Premier ministre (alors François Fillon), au lieu des 6,80 mètres choisis par l’architecte et le syndicat mixte du Rétablissement du caractère maritime (RCM) du Mont. La mission de l’Unesco va à l’encontre du choix retenu et demande une zone d’accès « maintenue à 6,80 m afin de réduire l’impact visuel à côté des remparts et de l’entrée principale ».

Plus généralement, l’Unesco juge urgent « d’élaborer et d’adopter un plan de gestion » du Mont et de mettre en place un comité de gestion du site, qui pourrait rassembler des autorités publiques, des entités privées, des associations et des volontaires impliquées dans la gestion du Mont… »  L’État français s’est déclaré d’accord avec  cette approche, indique l’Unesco.

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  • 1

    pemmore

    20 juin 2012

    Qui a décidé que les éoliennes étaient laides? Et les barres d’immeubles ravageant toute nos côtes sans respect des habitants locaux. Ils marchent sur la tête à l’unesco ,pour moi ces très belles machines sont vivantes et tournent leurs voiles au gré du vent et ces barres sont des cadavres qui rouillent face à l’océan.

  • 2

    Alberto

    20 juin 2012

    Quand ce ne sont pas les bureaucrate de l’Europe qui font les lois, il faut que ce soit les bureaucrates de l’Unesco qui s’en mêlent ?

    Faisons en sorte que « charbonnier est maître chez lui ».

  • 3

    deducon

    21 juin 2012

    @ pemmore…. d’accord… immeubles sur nos côtes , centrales
    ligne a haute tension c’est pas beau mais faut il en rajouter ?
    pour quel résultat ? …trés pervers en tous les cas .! ..et puis il
    semblerait que vous connaissiez pas trés bien la côte ouest de
    la Normandie …cette côte est encore nature et peu dénaturée
    ….c’est un joyaux magnifique …n’a t’on plus besoin
    d’environnement naturel !!!?
    Une éolienne industrielle ne pousse quand même pas
    naturellement dans le sol …elle n’a pas de racine !!! et des
    arbres blancs de cette hauteur , qui tournent et qui flash, je
    connais pas ! quand au bruit du vent dans les feuilles c’est pas
    le même !
    quand a l’unesco c’est pas l’agresseur mais le protecteur
    …faut pas inverser les choses .! ..il nous protége des ces intérêts financier malsains et destructeurs de l’environnement
    que sont ces ventilateurs géants .

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