Militants high-tech: des drones contre les chasseurs de baleines

Par Thierry Noisette | 2 janvier 2012 | 0 commentaire

Joyeux Noël les baleines: le 24 décembre, les militants de Sea Shepherd ont repéré et photographié un bateau japonais en route vers l’Antarctique pour pêcher les cétacés, une pratique que l’ONG veut à nouveau perturber.

L’association écologiste Sea Shepherd a annoncé à Noël qu’elle utilise deux drones pour empêcher des navires japonais de pêcher la baleine dans les mers australes.

Sea Shepherd emploie trois navires (le Steve Irwin, le Bob Barker et le Brigitte Bardot – bel hommage à BB, qui défend de longue date les animaux) pour perturber les pêches des baleiniers, ainsi qu’un hélicoptère et, donc, cette année deux drones. L’ONG raconte:

« Le 24 décembre, le Steve Irwin, l’un des navires de Sea Shepherd, a déployé un drone afin de localiser et photographier le Nisshin Maru, navire-usine japonais. Opération réussie! Une fois la chasse lancée, les trois navires harpons japonais ont mis le cap sur le Steve Irwin pour protéger le Nisshin Maru et lui permettre de s’échapper.

Mais la stratégie japonaise, qui consiste à suivre le sillage des navires de Sea Shepherd ne marchera pas cette fois. Grâce aux deux drones répartis sur le Steve Irwin et le Bob Barker, il est possible de connaître la position du Nisshin Maru et de surveiller sa route; les informations sont ensuite transmises aux navires de Sea Shepherd.

‘Nous pouvons couvrir des centaines de milles avec ces drones qui s’avèrent être de véritables atouts pour cette campagne’, a déclaré le capitaine Paul Watson depuis le Steve Irwin. »

Le drone baptisé Nicole Montecalvo, qui équipe le Steve Irwin, a été offert par deux entreprises américaines, une compagnie de recyclage du New Jersey, Bayshore Recycling (le nom donné au drone est… celui de sa directrice des relations publiques), et par la société de sécurité privée (également du New Jersey) Moran Office of Maritime and Port Security (MOMPS).

Plus d’une heure de vol

Cet appareil est équipé de caméras et de détecteurs, et a contribué à localiser la flotte de navires japonais avant qu’une seule baleine ait été tuée. « Notre chemin sera long et difficile pour gagner les côtes de l’Antarctique », a déclaré le capitaine Watson. « Mais grâce à ces drones, nous pouvons désormais nous appuyer sur un atout inédit: des yeux dans le ciel. »

Le même drone a auparavant servi lors d’opérations contre la pêche illégale de thon rouge au large des côtes libyennes, indique Sea Shepherd. Cet appareil est un Hangar 18 Osprey (information dénichée par Philippe Chapleau sur son blog dédié à la défense, sur Ouest-France) – l’anglais osprey se traduit par balbuzard -, qui peut voler plus d’une heure, indique son constructeur.

C’est la huitième année que Sea Shepherd se rend dans le sanctuaire antarctique pour interférer avec cette chasse, souligne l’association, qui affronte trois navires baleiniers protégés par des officiers des gardes-côtes japonais.

« Notre objectif reste inchangé depuis le début, il s’agit pour nous de couler économiquement la flotte baleinière, de les amener à la faillite. Nous y sommes parvenus » indique le capitaine Watson. « Maintenant, l’objectif est de les atteindre politiquement. Nous sommes conscients que ce sera difficile. Les baleiniers japonais ne survivent que grâce aux subventions massives du gouvernement japonais; une importante partie de ces subventions a été puisée dans les dons récoltés pour reconstruire le pays après le tsunami de mars dernier.

Alors que la pêche commerciale des baleines est interdite depuis 1986, la  Commission baleinière internationale tolère des chasses « scientifiques », prétexte sous lequel le Japon maintient la pêche.

Sea Shepherd, comme naguère Greenpeace, mène des campagnes en mer pour gêner ces chasses à la baleine. En février 2011, rapporte l’AFP, « Tokyo avait pour la première fois écourté d’un mois sa campagne baleinière dans l’Antarctique, après avoir totalisé un cinquième seulement des prises espérées. Les autorités japonaises ont évoqué des perturbations provoquées par l’association Sea Shepherd pour expliquer cette déconvenue. »

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