Dernière heure (vidéo): le président, qui a tenu ce matin à l’Elysée une réunion de crise, annonce un abandon du nucléaire en 20 à 25 ans. Un Grenelle de l’énergie sera lancé à la rentrée.
La réunion en urgence ce matin d’une cellule de crise à l’Elysée, quelques heures à peine après le retour de Nicolas Sarkozy du Japon, pouvait laisser attendre des annonces, mais nul sans doute n’aurait parié sur une déclaration aussi spectaculaire – même si des indiscrétions ce matin avaient déjà révélé que le président s’est entretenu au téléphone cette nuit avec Angela Merkel, et, plus surprenant, avec Nicolas Hulot, naguère inspirateur du Grenelle de l’environnement.
Ont participé à cette réunion André-Claude Lacoste, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) – qui remettait en cause mercredi le futur réacteur EPR -, Anne Lauvergeon, présidente du directoire d’Areva, Eric Besson, ministre chargé de l’Industrie et de l’Energie, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie et du Développement durable, en vidéoconférence du Japon où elle est restée plus longtemps que le président, et Claude Guéant, ministre de l’Intérieur.
C’est ce dernier qui, sur le perron de l’Elysée à l’issue de la réunion, a lu tout à l’heure le communiqué officiel, retrouvant un instant son rôle passé de secrétaire général de la présidence.et marquant la solennité du propos.
http://www.dailymotion.com/videoxfoyufNicolas Sarkozy annonce une transition « maîtrisée et sans précipitation », d’ici 20 à 25 ans, vers l’abandon total du nucléaire. Pour justifier ce qui peut sembler un tête à queue complet après ses propos et ceux de son ministre Eric Besson en faveur du nucléaire après la catastrophe de Fukushima, le président affirme que « bien sûr, nos centrales sont parfaitement sûres, et le nucléaire a rendu et rend des services à la France ».
Entretiens en Chine et au Japon
Mais c’est aussitôt pour nuancer en déclarant que « après les terribles événements au Japon, à propos desquels le président a eu plusieurs entretiens hier et avant-hier avec les dirigeants chinois puis japonais, et hier soir s’est entretenu avec la chancelière allemande », « on ne peut pas faire comme si rien ne s’était passé ».
(NDLR: selon certaines sources à l’ASN, les dirigeants japonais rencontrés hier par le président français auraient fortement insisté sur l’absence totale de contrôle de la situation à Fukushima et sur son évolution possible vers une pollution radioactive grave s’échappant des mois, voire pire, de la structure).
Rappelant que « l’uranium, énergie fossile et vouée à l’épuisement comme le pétrole ou le charbon, vient maintenant de pays instables dans lesquels nos compatriotes paient parfois un lourd tribut », faisant allusion sans les nommer aux enlèvements de cadres d’Areva au Niger, le texte présidentiel affirme que « le temps est venu d’une sortie responsable du nucléaire, non du jour au lendemain comme le prônent certains, mais maîtrisée et sans précipitation, à l’horizon 2031-2035″.
« Des acteurs d’excellence, comme EDF et Areva »
Le communiqué de la présidence souligne que « cette transition sera d’autant plus profitable à l’économie et aux emplois des Français que notre pays a des acteurs d’excellence, comme EDF et Areva » (rappelons qu’il y a quelques jours sa présidente Anne Lauvergeon a annoncé qu’en 2015 Areva réaliserait le tiers de son chiffre d’affaires dans les énergies renouvelables).
Les professionnels de l’énergie solaire, jusqu’alors mécontents des récentes baisses pour leur secteur (dont ils évaluaient l’impact à 25.000 emplois en péril) ainsi que tous les autres spécialistes des énergies renouvelables (éolienne, biomasse, géothermie…), seront tous conviés, aux côtés des grands industriels et énergéticiens, à participer à la rentrée à un « Grenelle de l’énergie », a conclu Claude Guéant tout à l’heure.
Source: communiqué de l’Elysée




Mots-clefs :









Suivez SmartPlanet.fr
Inscrivez-vous
Inscrivez-vous